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| Le geste est sûr et l'envie clairement affichée. Une victoire en tournoi, à Madrid qui plus est, pour le grand supporter du Real qu'est Rafael Nadal, ça se fête ! |
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| Federer-Nadal, une rivalité exacerbée qui n'empêche pas les deux hommes d'être les meilleurs amis du monde. |
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| Même à terre, l'Espagnol affiche une détermination sans égale sur le circuit. Si le corps semble fragile, le mental est toujours au top. |
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| Après avoir joué la finale de Roland-Garros sous infiltration, Nadal a disputé ses matchs à Flushing Meadows les genoux bandés. Combien de temps le supplice va-t-il encore durer ? |
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« Quel avenir pour Nadal ? » En couverture de
L'Equipe
du 30 novembre dernier s'étalait en caractères gras le malaise suscité par les déclarations pessimistes de
l'entraîneur Toni Nadal sur la santé de son neveu. S'offusquant de l'internationalisation d'une affaire qu'il croyait circonscrite au marché espagnol, le clan a aussitôt tenté de réagir en minimisant les faits.
Sans être réellement rassurant.
Les pieds dans le plat
Quelle mouche a bien pu piquer Toni Nadal, oncle coach de Rafael, lorsqu'il a répondu en toute franchise au journaliste Ricardo Cabot du
Diario de Mallorca,
qu'il s'interrogeait sur les lacunes physiques du
n°1 espagnol ? Fallait-il le féliciter de ne pas pratiquer la langue de bois dans le monde aseptisé du tennis ? Le soupçonner de vouloir faire passer un message codé à un entourage dont il ne partage plus la vision au sujet de la
carrière de « l'Ogre de Manacor » ? Ou conclure à un coup de folie passagère ? Ses propos pouvaient se résumer à ceci : « la blessure au pied de Nadal est grave, très grave. On ne peut pas
se prononcer sur un arrêt de carrière prématuré. Les docteurs disent qu'ils doit faire très attention. » On ne peut pas faire plus alarmiste.
Les raisons de douter
Et si Toni disait vrai, malgré les dénégations du clan, aussitôt l'interview parue ? L'été 2005, à 19 ans, Nadal avait disputé trois matchs au tournoi de Stuttgart, sous infiltration à cause d'une
tendinite au genou, à la limite de l'éthique médicale. Depuis la fin de 2005, Nadal souffre d'une inflammation au pied gauche qui lui a valu de passer une batterie de tests biomécaniques à Portland (Etats-Unis) où il s'est fait
fabriquer des semelles orthopédiques adaptées. A l'époque, il a mis quatre mois pour revenir, au début d'une saison 2006 qui se termina en boîtant. Il a été long à se remettre en route en 2007. Lors de la finale de
Roland-Garros, il jouait encore sous infiltration, cette fois-ci au pied. A Flushing Meadows, il semble être à l'agonie à chacun des matchs disputés, les genoux bandés, peinant à marcher après sa défaite face à Ferrer. Jusqu'à quand le
jeune Espagnol pourra-t-il imposer à son corps une telle souffrance ? Lui même a reconnu qu'il ne pouvait plus courir à l'entraînement - à cause de ses pieds douloureux - et qu'il devait compenser en
faisant du rameur et du vélo. Anatomiquement parlant, Nadal, contraint de faire parler la puissance pour gagner, paie le prix d'un manque d'aisance athlétique. Chaussant du 42-43 pour un gabarit de 1,85 m et 85 kilos, il
semble exercer trop de pression sur ses voûtes plantaires pour optimiser son atout maître : la force de ses appuis dans n'importe quelle position. Tirant exagérément sur la machine, l'Espagnol ne donne pas l'impression
d'être un athlète sain. A chaque tournoi ou presque, que ce soit à Rome ou Shanghaï cette année, les mêmes rumeurs agitent le microcosme : Nadal est blessé, Nadal est blessé...
Les raisons d'y croire
Comme un taureau dans l'arène, Nadal ne renonce jamais.
Malgré tous les handicaps énoncés précédemment, il vient de réaliser en 2007 la meilleure saison de sa
carrière. Il est désormais n°2 mondial depuis près de 130 semaines. A Wimbledon, il aurait même mérité de battre l'artiste Federer dans son jardin. Pour une fois, il a même pu - certes bandé - accomplir une
année quasi-complète sans arrêt forcé au stand. Les adversaires qui perdent contre lui continuent à le visualiser comme une force de la nature et non comme un colosse d'argile.
« Il ne va pas s'arrêter tout de
suite »,
a dit Richard Gasquet, toujours aussi admiratif du phénomène.
« Ne vous faites surtout pas de souci pour lui »,
a renchéri récemment son compatriote Carlos Moya.
Le concept de la carrière éphémère
Et si tout le monde avait raison ? Et si Nadal pouvait encore briller un bout de temps tout en sachant pertinemment qu'il ne fera pas de vieux os sur le circuit ? Dès le début de son ascension menée au pas de charge, le
monde du tennis s'était inquiété d'une telle débauche d'énergie.
« Rafael tire des chèques sur sa santé. Je ne suis pas sur que son corps puisse les encaisser »,
prévenait André
Agassi.
« Il faut vraiment qu'il fasse attention avec son jeu, qui lui demande tant d'efforts,
racontait aussi le Croate Ivan Ljubicic.
Parce qu'il va vite s'épuiser.
Hewitt avait un peu le même style, mais il disputait moins de tournois et il n'a tenu que trois-quatre ans avant de baisser... »
Mais Nadal n'a jamais donné l'impression de vouloir écouter les vieux
sages, comme s'il avait toujours une bonne raison de jouer tant et plus. Pour préserver son invincibilité historique sur terre battue, il a multiplié les tournois mineurs sur la surface la plus exigeante.
Pour tenter de chiper la place de n°1 mondial à Roger Federer, en ligne de mire l'été dernier, l'Espagnol s'est encore soumis à des travaux d'Hercule. Conçu pour tout arracher sur son passage dans la
force de l'âge, Nadal a donc semblé vouloir privilégier le court terme sans aucune autre considération que le succès au jour le jour. Poulidor du circuit, il a désormais perdu la main sur Federer qui le domine dans leurs face-à-face. Et la
meute, menée par Djokovic, Murray ou Nalbandian, semble désormais très proche de le menacer dans son statut de dauphin...
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