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| Toute la détermination des Argentins concentrée sur une affiche avec un texte sans concessions : « Nous méritons de jouer le Tri-Nations. » |
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| Bernard Lapasset, président de la FFR qui prendra les rênes de l'IRB au mois de janvier prochain, se réjouit de voir l'Argentine enfin reconnue à sa juste valeur. |
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| Syd Millar, futur ex-président de l'IRB, milite depuis des années pour l'intégration de l'Argentine dans le Tri-Nations. Son vœu est exaucé. |
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« Tout le monde veut voir l'Argentine dans une grande compétition annuelle. »
Voilà en substance le sentiment général du petit monde du rugby, relayé par Agustin Pichot, ancien
capitaine du XV argentin, lors de la dernière réunion de l'IRB
(International Rugby Board),
à la fin du mois de novembre. Le thème principal abordé ? L'intégration, ou non, de l'Argentine dans l'un des grands tournois
internationaux. La conclusion est sans appel. Les Pumas participeront au Tri-Nations d'ici à quatre ans.
Faites place aux Argentins
La nouvelle a été rendue officielle par Bernard Lapasset, qui prendra ses fonctions de président de l'IRB au mois de janvier prochain :
« Tout est écrit pour que cela puisse se faire, que l'Argentine fasse
les investissements nécessaires, structure son secteur professionnel, ses compétitions
[...].
Il y a quatre ans pour que cela se mette en place. »
Le compte à rebours est lancé. Pendant cette
période de transition, l'Albiceleste pourra disputer plusieurs tests-matchs supplémentaires contre les trois géants de l'hémisphère Sud.
Les différents clubs européens ont également accepté de libérer leurs joueurs pendant deux semaines sur les cinq que dure le Tournoi des VI Nations, pour qu'ils puissent jouer avec leur sélection. Les provinces et clubs
argentins pourront même intégrer le Super 14 - la référence des compétitions de clubs de l'autre côté de l'Equateur -, et la Currie Cup - le Championnat des provinces sud-africaines. Bref, l'Argentine est
désormais respectée comme elle ne l'a jamais été. Il faut croire qu'un podium de coupe du Monde peut changer bien des choses.
Des années d'attente
Cette demande de reconnaissance ne date pourtant pas d'aujourd'hui. En 2003, un premier pas en avant, dans les intentions du moins, avait été fait par l'Irlandais Syd Millar, président de l'IRB.
« Nous
voulons jouer avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud. Pourquoi devrions-nous figurer dans une division inférieure ? Si j'étais Argentin, c'est ce que je dirais. »
Millar affirmait alors que l'Argentine pourrait rejoindre le Tri-Nations dans les deux années qui suivaient. L'optimisme de l'Irlandais a certainement dû faire chaud au coeur des Sud-Américains, mais il aura fallu attendre une
performance de tout premier ordre pour que ces belles paroles se traduisent dans les faits.
Car même si l'Albiceleste a toujours plus ou moins reçu un certain soutien de la part de l'Afrique du Sud et de l'Australie, les Blacks se sont systématiquement opposés à une possible arrivée des Pumas dans la plus grande compétition
internationale de l'hémisphère Sud. Aujourd'hui, la donne a clairement changé. L'Argentine est devenue une nation majeure du rugby (troisième du classement IRB, devant l'Australie et tous les pays du Nord), y compris pour le grand public, qui ne
demande qu'à la voir se mesurer aux meilleures équipes du monde autrement que lors de matchs amicaux.
Nike, un soutien de poids !
Difficile de dire si Nike a eu une quelconque influence sur la décision finale. Il faut pourtant avouer que le célèbre équipementier s'est fendu d'une affiche plutôt convaincante pour promouvoir l'intérêt du rugby argentin.
Agustin Pichot, Ignacio Corleto et Juan Martin Hernandez posent pour une photo somme toute assez classique. Mais l'intérêt réside dans le petit texte qui l'accompagne, dont le ton n'est pas sans rappeler la confiance inébranlable
affichée par
les Pumas pendant la coupe du Monde
:
« Nous avons entendu comme les gens nous donnaient perdants au premier tour. Nous avons vu la stupeur sur les visages
français le premier jour. Nous avons ignoré ceux qui disaient que nous allions perdre la deuxième place du groupe contre l'Irlande. Nous avons mis l'Ecosse à genoux, elle qui croyait avoir le plus facile des tirages pour les quarts de finale. Nous
avons été l'une des deux équipes de l'hémisphère Sud en demi-finales. Nous sommes ceux qui luttent pour la troisième place. Nous voulons jouer le Tri-Nations. Nous le méritons. Le rugby doit prendre une décision importante, avec un sentiment plus
romantique et moins économique. »
Venant de Nike, le tout dernier argument sonne clairement faux, mais l'idée est là. L'Argentine a chamboulé la hiérarchie établie depuis des années et mérite sa place parmi les grands. Le plus dur reste désormais à faire pour
Juan Martin Hernandez et ses coéquipiers : démontrer que ce nouveau statut n'est pas usurpé.
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