|
PHOTOS
 |
| Pour un jeune emprunteur, un contrat d'assurance décès-invalidité individuel peut réduire le coût total du prêt de 5,5 % ! |
 |
|
|
4 200 euros d'économie pour un prêt de 150 000 euros sur quinze ans ! C'est la réduction de prime obtenue par une « femme de 30 ans, cadre et non fumeuse » grâce à une
assurance-prêt individuelle.
« Le contrat collectif classique d'une banque lui proposera une assurance à un taux de 0,30 % ou 0,31 % contre 0,12 % pour un contrat individuel. Avec les frais de dossier, la cotisation mensuelle
passe ainsi de 38 euros à 14,60 euros »,
explique Geoffroy Bragadir, fondateur d'Empruntis. Sur le marché de l'assurance-emprunteur, banques et assureurs spécialisés suivent en effet deux logiques de tarification
très différentes.
Prime aux jeunes en bonne santé
« Dans un contrat bancaire collectif standard qui mutualise les risques, le tarif est identique pour tous : un emprunteur de 30 ans paie en quelque sorte pour ceux de 45 ans, alors que dans nos
contrats individuels on paie en fonction de son âge, de sa catégorie professionnelle, du statut de fumeur ou non-fumeur, etc. »,
souligne Olivier Poinsot, responsable du marketing habitat d'April Assurances. Résultat :
« Même si les banques segmentent aujourd'hui davantage leurs contrats en fonction de l'âge et ont tendance à diminuer leurs tarifs, un emprunteur de moins de 35 ans pourra trouver une assurance individuelle plus
compétitive qu'un contrat collectif dans la majorité des cas »,
souligne Geoffroy Bragadir.
Sachant que ces cotisations représentent entre 6 % et 15 % du coût total d'un prêt selon l'âge de l'emprunteur, contourner l'assurance de sa banque permettrait même d'économiser de 2,8 % à 5,5 % de son emprunt entre
30 et 45 ans, selon les calculs de l'Observatoire des crédits immobiliers de Meilleurtaux.com !
La quarantaine passée, au contraire, le contrat groupe d'une banque deviendra en général plus performant.
« Les tarifs d'un contrat collectif seront alors plus homogènes alors qu'un contrat individuel prendra
pleinement en compte le risque accru de décès,
note Christophe Crémer, PDG de Meilleurtaux.com.
Mais il ne faut pas oublier que la majorité des prêts sont souscrits avant 40 ans ! »
En 2007,
65 % des emprunteurs avaient entre 25 et 40 ans. Mais seuls 30 % ont bénéficié des avantages d'une délégation d'assurance. Pourquoi une telle réticence ?
Contourner son banquier... en toute légalité
« Ces assurances individuelles sont souvent peu connues des consommateurs : ils vont négocier pied à pied leur taux d'intérêt mais c'est rarement le cas sur le contrat d'assurance »,
observe Olivier Poinsot. Pour les prêts comme pour la téléphonie, la vente liée est pourtant totalement interdite ! Les banques n'ont pas le droit de vous obliger à accepter leur contrat groupe. Mais au moment de la négociation,
elles sont en position de force commerciale.
« Négocier une délégation auprès de sa banque reste toujours difficile,
confirme Valérie Vincent, responsable du marché Santé et Prévoyance à la direction Marketing MMA.
Les obstacles vont du
refus de délégation à des conditions de prêts moins avantageuses ou des dossiers qui traînent dans l'attente de l'approbation des caisses régionales. »
C'est donc à vous de faire jouer la concurrence, quitte à vous faire
aider par un courtier qui saura faire passer la pilule auprès de ses partenaires bancaires.
Gare aux contrats « plantes d'appartement » !
Un conseiller pourra également vous aider à débusquer les fausses bonnes affaires chez les assureurs spécialisés.
« Avant de dire si la délégation d'assurance est plus intéressante que l'assurance collective
proposée avec le financement, il faut toujours examiner le périmètre des garanties dont on a besoin mais aussi les délais de carence prévus par le contrat entre le sinistre et le versement des indemnités »,
prévient Geoffroy
Bragadir. Gare aux contrats « plantes d'appartements » : ces assurances-emprunteurs aux tarifs compétitifs mais qui comportent quantité d'exclusions (interdiction de faire du deux-roues, des sports de glisse ou du
bateau à plus de 5 milles des côtes...) !
« Il faut garder en tête que l'objectif d'un contrat d'assurance est de nous couvrir au moment où on subit un accident de la vie, des choses pas très gaies comme un divorce, le chômage... Si on prend une
délégation d'assurance, le jour où on connaît un sinistre, il va falloir gérer sa banque mais aussi un autre organisme : au moment crucial on risque donc de devoir se débattre dans des difficultés administratives plus
grandes »,
souligne Geoffroy Bragadir. Un délai de carence de 6 mois ou de 12 mois pour recevoir des indemnités peut alors faire toute la différence !
Lire aussi :
Crédit immobilier : le butin caché des banques
|