Située à l’extrémité orientale de la Sibérie, la péninsule du Kamtchatka ouvre depuis peu ses paysages de glace et de volcans aux amoureux du hors-piste. Un voyage sur les traces du grizzli !
Zone militaire interdite d'accès jusqu'en 1992, la péninsule du Kamtchatka, comprise entre la mer Okhotsk et le détroit de Béring, fait partie de ces joyaux terrestres encore peu explorés par l'industrie
touristique. Depuis la France, seuls quelques organismes tels que
l'agence de voyage Yak & Yéti
ou des associations dirigées par des guides de haute montagne comme
Passion Montagne
et
Oxygène
s'y aventurent pour accompagner des groupes de skieurs en quête de paysages spectaculaires.
Ski à flanc de volcans
Occupant une superficie équivalente aux deux tiers de la France, cette contrée russe bordée par le Pacifique, renferme la plus grande concentration de volcans au monde. « Ce royaume de glace et de feu est hérissé
d’une succession de Fujiyama. On skie dans les combes d’anciennes coulées de lave. Un parfum de soufre s’échappe parfois de vastes cratères semblables à des grosses marmites de sorcière de deux mètres de
diamètre », explique Patrick Monzat, à la tête de Passion Montagne.
Des souvenirs inoubliables partagés par Patrick Jeannot, également guide de haute montagne et organisateur de séjours dans le Kamtchatka au sein de son association Oxygène. « Il faut s’imaginer des volcans à perte
de vue, souvent des cônes parfaits, dont s'échappent des fumerolles, ou carrément de grands panaches de cendres. Il n'est pas impossible d'assister, de près ou de loin, à une irruption avec coulée de lave ». Et, pour ajouter de
l’animation à ces solitudes glacées, mouflons des neige, gloutons, lièvres, aigles, ou encore grizzlis sont souvent au rendez-vous !
Remontées en peaux de phoque
Hélas, seuls les virtuoses de la glisse – pouvant évoluer sans encombre sur des pistes rouges et noires avec 40 à 50 centimètres de poudreuse – sont invités à se présenter. « Il faut un très
bon niveau de ski hors-piste sur tout type de neige. Les passages sont à 40 degrés maximum, mais la chute peut avoir de fâcheuses conséquences si la neige est très ventée, donc très dure », tient à souligner
Patrick Jeannot. « Comme nous nous déplaçons en autonomie complète, nous exerçons le ski sportif, mais sans nous risquer aux sauts ! », précise Patrick Monzat.
Ensuite, la difficulté peut se corser si on choisit la formule « ski de rando » proposée par Patrick Jeannot. En dehors de quelques passages tractés en traîneaux et motoneiges pour acheminer les bagages jusqu’aux
refuges, toutes les remontées se font à peaux de phoque. « Si l'on est bon skieur, la difficulté n'est pas à la descente, là c'est le plaisir, mais plutôt à la montée: 1700 mètres de montée en ski de randonnée, c'est déjà un joli
morceau ! » explique le guide. Avant le départ, un entraînement s’impose : « La meilleure préparation est la même que pour tout sport d'endurance : jogging, cross country, marche en montagne, vélo;
etc. »
Nuits en cabanes de chasse « Si l'on choisit ce type de voyage moins onéreux, mais plus éprouvant physiquement ,
l’hébergement se fait dans des refuges qui s’apparentent plutôt à des cabanes de chasse ou d’ observation pour les vulcanologues », précise Patrick Jeannot. « Le confort est très rustique, " à la
russe ", mais les lieux sont propres et presque tous équipés de sources chaudes, grâce à la proximité des volcans. Et, un petit bain thermal après le ski, il faut admettre que c’est assez sympa ! ».
Le guide se souvient également d’expériences qui font moins rêver. « J'ai aussi rencontré des cabanes beaucoup plus spartiates... comme celle où j'ai été bloqué par une tempête avec mon
groupe, pendant plusieurs jours de suite, sans sortir. » Ces contrées proches du détroit de Béring sont soumises à des météos parfois extrêmes « mais rester bloqués ainsi demeure tout de même du domaine de
l’exceptionnel », précise le guide.
Option de luxe avec dépose en hélico
Pour ceux qui souhaiteraient plus de confort après l’effort, il existe aussi des voyages en « héliski » comme ceux proposés par l’association Passion Montagne. « On nous dépose en hélicoptère le
matin et nous fixons un endroit de reprise où l’appareil nous attend. Et ainsi de suite », explique le guide Patrick Monzat. Chaque soir, les skieurs sont ramenés à Petropavlovsk où ils sont hébergés en hôtel.
Les jours de mauvais temps, des visites de la ville ou des sorties en chien de traîneau sont organisées et les heures d’hélicoptère non effectuées sont remboursées. Sinon, « nous partons le matin avec nos skis,
notre maillot et notre serviette et nous finissons la journée par des bains dans des sources chaudes à 38° en admirant le coucher du soleil… », raconte Patrick Monzat. Certaines descentes se terminent au bord du Pacifique et
les plus motivés peuvent aussi goûter à des bains beaucoup plus rafraîchissants à 6°C !
Infos pratiques
Saison : le ski est praticable dans la région du Kamtchatka, entre mi-mars et mi-mai.
Conditions météos : les températures rencontrées se situent entre -5 et -20°C en montagne et entre -2 et -8°C en plaine.
Décalage horaire : 11 h de décalage avec la France. Quand il est midi à Paris, il est 14 h à Moscou et 23 h à Petropavlovsk. Si bien qu’au retour, après onze heures de vol, on arrive à la même heure et le même jour qu’on est parti !
Coût d’un voyage en ski de randonnée organisé par Patrick Jeannot de l’association Oxygène du 28 avril au 10 mai 2008 : 3 900 euros avec vol aller retour Paris/Petropavlovsk, nuits en refuge en pension complète, et transports locaux en véhicules tout terrain et motoneiges.
Coût d’un voyage en « héliski » organisé par Patrick Monzat de l’association Passion Montagne du 21 avril au 3 mai 2008 : 5 050 euros avec vol aller retour Genève/Petropavlovsk ; hébergement en hôtel en pension complète et dix heures d’hélicoptère compris.
Assurance rapatriement obligatoire pour l'obtention des visas.