Pour être belle, l'histoire aurait dû se finir en apothéose, sur un chef-d'œuvre. Malheureusement, « Halo 3 » ne sera pas le bouquet final attendu d'une série culte, qui n'a pas su se
réinventer.
Développé par Bungie, édité par Microsoft, pour Xbox 360, environ 65 euros
Il était écrit que l'affrontement entre humains et Covenants naîtrait et mourrait dans une trilogie. Voici déjà le dernier épisode. Plus de suspens, l'ultime combat va avoir lieu et son héros est une nouvelle fois le Master Chief,
secondé par son imposante armure. Et cette fois il faut faire vite, car les Covenants se sont installés sur la Terre et fouillent le sous-sol africain à la recherche d'un secret qui pourrait faire basculer la guerre.
Pour ce dernier épisode, on imaginait les équipes de développement excitées à l'idée de transposer les aventures sur une console de nouvelle génération, bourrée de puissance, et prêtes à mettre en place tous les ingrédients d'une
bataille dantesque. Rien de cela, au contraire.
Halo 3
est dans la pure continuité de ses aînés. Les armes sont presque toutes les mêmes que dans les épisodes 1 et 2, tout comme les véhicules et les ennemis. Il y a bien ici ou là quelques nouveautés
comme le marteau des Brutes, une arme dévastatrice, ou la Mangouste, un petit quad très maniable et vif, bien pratique pour faire un raid éclair dans les rangs ennemis. Mais au-delà de ça, rien de révolutionnaire, rien que de l'anecdotique comme le
champ de protection ou le trampoline électronique qui permet d'atteindre des zones cachées.
Les environnements eux-aussi sont dans la ligne directe de ceux des épisodes précédents, avec des espaces ouverts permettant des mises en scène impressionnantes, mais aussi une répétitivité des décors et un manque d'inspiration et de
renouvellement. Des défauts qui pèsent particulièrement lourd quand, pour allonger la durée de vie du jeu, les développeurs nous contraignent à traverser plusieurs fois les mêmes pièces et les mêmes couloirs et à dézinguer de pauvres Covenants
réapparus miraculeusement. Car la durée de vie du mode solo est bien maigrichonne pour un jeu de cette envergure : ne comptez pas plus de 8 heures en mode normal.
Visuellement, le jeu n'est pas à la hauteur de la Xbox 360, console dont il est pourtant censé être le porte-drapeau pour cette fin d'année. Hormis quelques moments de bravoure très spectaculaires, le jeu manque d'explosivité. De
plus les textures des décors et des quelques ennemis ne sont pas aussi fines et détaillées qu'elles pourraient l'être. On note aussi quelques bugs d'affichage bien mal venus.
Reste le point fort de
Halo 3
: la jouabilité. Et là on ne trouve rien à redire. C'est certes classique, mais diablement efficace. Les actions sont intuitives, que ce soit pour le combat ou le pilotage
d'engin, tout tombe sous le pouce. L'action en elle-même est bien rythmée, les combats ne manquent pas de souffle et l'intensité, portée par une bande-son magistrale, tient littéralement le joueur scotché.
Derrière un mode solo en demi-teinte donc, surgit un mode en ligne qui à lui seul justifie l'achat de ce jeu. Complet, grâce à de très nombreux modes de jeu, le combat en ligne façon
Halo 3
devient sans aucun
doute la référence du moment. Il permet à 16 adversaires de s'affronter sur une douzaine de cartes qu'un éditeur, nommé Forge, permet de modifier à sa guise. Les affrontements sont nerveux et équilibrés et certaines armes, inutiles en mode
solo, prennent tout leur sens dans le mode multijoueur.
Enfin, pour la première fois, le mode
on line
offre la possibilité de refaire les missions solo en mode coopératif. Jusqu'à 4 joueurs peuvent s'unir pour boucler les dix chapitres de
Halo 3
en quelques heures, donnant une vigueur nouvelle à un mode solo essoufflé.
Halo 3
est définitivement un bon jeu, mais probablement pas le très grand jeu attendu.