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| Novak Djokovic lors de sa victoire sur Federer aux Masters Series de Montréal. |
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| A tout juste 20 ans, le Serbe se rapproche de plus en plus des intouchables Nadal et Federer. |
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| Sur et en dehors des courts, Djokovic est toujours fantasque et moqueur. Des pitreries dont le public raffole. |
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Depuis qu'il a gagné son premier tournoi à Metz voilà un an, le Serbe a fait voler toutes les dernières barrières qui lui résistaient. Il a gagné deux Masters Series à Miami et Montréal. Il a joué deux demi-finales
(Roland-Garros, Wimbledon) et une finale (Flushing Meadows) en Grand Chelem. Et ce n'est pas fini.
Une ambition démesurée
Novak Djokovic était à peine dans le top 50, blanc-bec hirsute à la face juvénile, qu'il paradait sans se poser de questions :
« Je veux être numéro un , je veux être
numéro un... »,
répétait-il à qui voulait bien l'entendre. Dans les coulisses, l'avis était unanime : ce gars se la
« pétait »
vraiment. Dans ce
monde feutré de la balle jaune dominé par le maître absolu, Federer, comment un gamin de 18 ans sans génie particulier pouvait-il proférer de telles énormités ? Le fait est que Djokovic y croyait vraiment.
Après une enfance passée sous les bombes de l'Otan pendant la guerre, impliquant la Serbie de Milosevic, la tension sur un court de tennis ne lui faisait vraiment pas peur.
« Novak avait peur, mais ne le
montrait jamais,
raconte son père Srdjan.
C'est de là que vient sa force sur un court.
Nous avons eu des temps vraiment difficiles,
ajoutait sa mère Dijana.
Cette mentalité de
vouloir gagner à tout prix, d'être plus fort que n'importe qui, vient de là.
» Novak est un guerrier de la balle jaune ayant dû batailler pour se constuire un destin.
Une personnalité hors norme
Il faut d'abord explorer sa face sombre, qui montre un Serbe prêt à tous les expédients pour se tailler sa route. Flushing Meadows 2005, 1
er
tour contre Gaël Monfils : durant les quatre heures de
jeu, Djokovic arrête cinq fois longuement le match pour relacer ses chaussures, reprendre sa respiration, partir satisfaire une envie pressante, appeler le kiné ou se faire masser l'épaule. Plus fort physiquement, le Français finit par
perdre, au grand dam de son entourage.
« Un moment, Djokovic est mort. Après, il court comme un lapin. Il a blousé »,
fulmine le coach de Monfils.
Le Serbe réitère parfois le coup de la panne, allant même jusqu'à énerver Federer lors d'un match de Coupe Davis.
« C'est une joke (plaisanterie) »,
grondera le Suisse
face à tant de cinéma. Né pour être comédien, Djokovic s'illustre désormais plus par son sens hilarant de l'imitation. Faisant très rapidement son trou sur le circuit, il n'arrête plus de faire le clown dans les vestiaires, dont
il est devenu l'animateur n°1. Singeant à la perfection les tics des uns et des autres, il peut devenir Nadal, Sharapova ou Roddick. A Roland-Garros, juste avant un match important, il va masser le bras de Cédric Pioline pour prendre
le fluide de ce bras capable d`armer jadis un revers qu'il aimait tant.
Gai, exhibitionniste et déluré, il s'est déjà approprié le titre de showman n°1 en affolant les sens des gens du marketing. A 20 ans, cela prouve sa force de caractère. Mais attention, ce remue-ménage ne semble pas
plaire à tout le monde.
« Je ne sais pas si tout le monde trouve ça très drôle »,
prévenait Federer à Flushing Meadows.
Un surdoué du jeu
Djokovic apprend tellement vite que son coach Marian Vajda s'inquiète parfois de l'excessive rapidité de sa progression. A peine peaufine-t-il son physique qu'il devient une bête sur le court capable
d'enchaîner les matchs jusqu'à l'épuisement, alors qu'il était réputé fragile voilà un an. Et son opération des sinus - il n'arrivait pas à bien respirer - n'explique pas tout. A peine
travaille-t-il son engagement avec précision qu'il hérite aussitôt d'un service canon et d'une deuxième balle parmi les meilleures du circuit.
A vrai dire, son jeu n'est pas totalement génial. Mais le niveau moyen de tous ses coups est exceptionnel. Il est plus opérationnel du fond de court que Federer, donnant à l'adversaire beaucoup moins de points gratuits
qu'un Suisse parfois volage. Il a le service et la volée que Nadal n'aura jamais. Il est le seul au monde à pouvoir varier autant, capable qu'il est de placer la balle avec tous les effets, de tous les côtés et avec tous les
angles. Nanti de toutes ces armes, il ne craint plus Federer qui inhibe tant de monde.
« Ma recette pour le battre est simple,
dit-il.
Je joue mon style de jeu sans me préoccuper du sien. Je suis un
attaquant de fond de court qui ne donne pas de points. Il n'aime pas ça.
Et quand il le bat, il lui assène ça en toute gentillesse.
Excuse moi, Roger, mais tu ne peux pas gagner tout le
temps ! »
Un culot monstre, on vous dit.
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