Pendant sept semaines vont s’illustrer les stars du ballon ovale. A quelques heures de la compétition, nous avons imaginé l’équipe idéale, un XV de rêve, et tiré le portrait des meilleurs joueurs du monde.
PHOTOS
Phil Vickery, ici avec la Calcutta Cup, est l'un des piliers, au sens propre comme au figuré, du XV de la Rose.
Sébastien Chabal, le joueur français le plus populaire hors de l'Hexagone. Son look n'y est pas pour rien !
Richie McCaw était en 2006 le meilleur joueur du monde. Va-t-il emmener les Blacks vers une deuxième Coupe du monde ?
George Gregan : avec 131 sélections, le demi de mêlée des Wallabies est désormais le joueur le plus capé de l'histoire.
Dan Carter serait le meilleur ouvreur du monde. Quand il tousse, c'est tous les All Blacks qui s'enrhument !
Brian O'Driscoll, l'âme du XV irlandais, placé dans le même groupe que la France et l'Argentine.
Joe Rokocoko, 35 essais en 39 sélections, est le successeur officiel de Jonah Lomu.
Vingt équipes de trente joueurs et autant d'étoiles : voilà ce que nous réserve la prochaine Coupe du monde de rugby. Des crochets, de jolis coups de pied, quelques mêlées bien viriles et des essais de génie... on en
salive déjà. Durant quarante-quatre jours, le monde entier va pouvoir découvrir ou redécouvrir les plus grands talents du ballon ovale. Ceux dont la réputation n'est plus à faire et ceux qu'il faudra surveiller durant cet événement. A
travers ce XV tel qu'on peut le rêver, forcément subjectif, découvrez les valeurs sûres et les petits paris, en bref, les joueurs à suivre lors de ce Mondial 2007.
Pilier gauche : Rodrigo Roncero (Argentine, 30 ans, 21 sélections)
Pourquoi il est là ?
Avec son physique et sa bonne bouille, il a tout du parfait pilier.
Rodrigo Roncero
sait mieux que quiconque appliquer à la lettre les consignes de son sélectionneur Marcelo Loffreda et faire parler la détermination si chère
au peuple sud-américain. A la mêlée, son goût du combat sera précieux aux Pumas argentins.
Pourquoi il va cartonner ?
Dans un rugby de plus en plus guerrier, de plus en plus conquérant, il serait suicidaire de ne pas s'engager lors d'un Mondial avec un fidèle lieutenant comme lui. Calme, serein
dans la vie, le joueur du Stade français est particulièrement bestial sur le rectangle vert.
Talonneur : Raphaël Ibañez (France, 34 ans, 92 sélections)
Pourquoi il est là ?Raphaël Ibanez
est l'un des joueurs les plus appréciés par le sélectionneur Bernard Laporte. Le poids des ans ne semble pas avoir altéré son envie ni ses capacités
physiques. Deux atouts primordiaux à l'heure de composer une première ligne.
Pourquoi il va cartonner ?
Le talonneur des London Wasps est le capitaine du XV de France. Et, à ce titre, le principal relais de Bernard Laporte sur le terrain. Ibanez n'est peut-être ni argentin ni
néo-zélandais mais il partage au moins une chose avec ses deux sélections : l'envie de se dépasser. Son côté « berger de la troupe » est incontournable au bon rendement des Bleus.
Le poste de talonneur vu par Raphaël Ibanez
Pilier droit : Phil Vickery (Angleterre, 31 ans, 55 sélections)
Pourquoi il est là ?
Champion du monde 2003,
Phil Vickery
est un peu l'âme du XV de la Rose. A l'avant, il devra joindre le geste à la parole pour motiver des troupes plutôt bien
maîtrisées par les Bleus lors des
matchs tests du mois d'août.
Pourquoi il va cartonner ?
Vickery est l'un des joueurs d'expérience sur lesquels le guide anglais, Brian Ashton, devra compter. Et, à ce titre, il sera chargé, comme le revenant Jonny Wilkinson, de
dynamiser des champions du monde
moins conquérants que par le passé.
Phil Vickery contre Oliver Magne
Deuxième ligne : Sébastien Chabal (France, 29 ans, 31 sélections)
Pourquoi il est là ?
Troisième ligne de formation, c'est au poste de deuxième ligne que le joueur des Sale Sharks (Angleterre) va devoir se faire une place en sélection.
« En troisième
ligne, il manque un peu de rugby comparé à unImanol Harinordoquy.En deuxième ligne, il pourra se concentrer sur ce qu'il aime : le combat, les rucks »,
confie le
sélectionneur Bernard Laporte. Sa prestation lors des matchs amicaux plaide pour lui, son physique (1,92 m, 115 kg) également.
Pourquoi il va marquer le Mondial ?
Tout simplement parce que, avec sa longue chevelure et sa morphologie hors normes,
Sébastien Chabal
est le type même du joueur extraordinaire. D'ailleurs, les surnoms le concernant ne manquent pas :
« Sea
Bass »
(gros poisson), « Caveman », « Cartouche » (notamment en raison des tampons énormes qu'il inflige à ses adversaires).
Les All Blacks ont eu Jonah Lomu, la France a désormais Sébastien Chabal. Un deuxième ligne reconverti dont le sens du combat et de l'engagement forcent le respect de ses adversaires. Demandez donc au Néo-Zélandais Chris Masoe,
complètement déboussolé lors d'une rencontre avec « l'homme des cavernes » durant la tournée d'été, ce qu'il en pense... Depuis, Chabal est devenu le joueur français le plus populaire hors
de l'Hexagone, façon Cantona !
Sébastien Chabal contre Chris Masoe
Deuxième ligne : Paul O'Connell (Irlande, 28 ans, 45 sélections)
Pourquoi il est là ?
Moins sexy médiatiquement que l'emblème local Brian O'Driscoll,
Paul O'Connell
est finalement aussi important que son charismatique capitaine au sein du XV du Trèfle. En deuxième ligne, ce dernier est une référence
dans le jeu irlandais et est désormais reconnu à sa juste valeur. En défense, cet homme est un pion essentiel du dispositif mis en place par le sélectionneur Eddie O'Sullivan.
Pourquoi il va cartonner ?
Blessure à l'épaule en 2003, à la main ensuite lors de la saison 2005-2006... Paul O'Connell est fragile. Physiquement certes, mais pas mentalement. Travailleur de
l'ombre, habitué à aller au charbon, ce dernier ne semble cette fois souffrir d'aucun pépin majeur. Véritable socle du jeu irlandais, son habileté à s'imposer dans les airs et donc en touche sera primordiale pour aider sa
sélection à sortir indemne du groupe D, celui de la France.
L'avant-match de Paul O'Connell
Troisième ligne aile : Serge Betsen (France, 33 ans, 58 sélections)
Pourquoi il est là ?
Imaginer une liste des trente et, allons plus loin, un XV de France sans
Serge Betsen
relève de l'inconscience. Le troisième ligne aile du Biarritz olympique fait désormais partie des meubles au sein de la sélection française. Pour
preuve, le sélectionneur tricolore Bernard Laporte n'a pas hésité une seule seconde à lui confier le capitanat français lors de la récente victoire des siens face aux Gallois (4-37) en match de préparation.
Pourquoi il va cartonner ?
« Le sécateur. » Tout est dans ce surnom. Si, dans la vie, Serge Betsen est un père de famille aimant, il sait mettre de côté toute sa tendresse sur le pré. Son
talent défensif n'est plus à démontrer et son surnom est l'héritage des nombreux plaquages qu'il a effectués tout au long de sa carrière. En plus d'être un spécialiste de l'exercice (il a réalisé trente plaquages lors du
match face au Pays-de-Galles, un nouveau record mondial), le Biarrot est probablement l'une des références défensives à son poste.
Le rôle du troisième ligne
Troisième ligne aile : Richie McCaw (Nouvelle-Zélande, 26 ans, 50 sélections)
Pourquoi il est là ?
Capitaine de la Nouvelle-Zélande lors de la campagne 2003,
meilleur joueur du monde l'an passé,Richie McCaw
a un CV conséquent au sein de la confrérie des All Blacks. Au même titre que Dan Carter ou que Joe Rokocoko, il est l'un des plus
fidèles appuis du sélectionneur néo-zélandais Graham Henry sur le terrain.
Pourquoi il va cartonner ?
Parce que ce cadre des All Blacks n'a qu'une seule obsession, ramener la coupe Webb Ellis chez lui, sur ses terres. Pour cela, sa capacité de perforation et sa
vivacité avec le ballon seront des atouts indéniables pour son équipe. En raison de son capitanat, McCaw est probablement le joueur de la sélection néo-zélandaise le plus motivé à mettre fin à la longue disette de sa nation sur le plan
international : les Blacks n'ont plus gagné la Coupe du monde depuis 1987 !
Portrait de Richie McCaw
Troisième ligne centre : Rodney So'Oialo (Nouvelle-Zélande, 27 ans, 37 sélections)
Pourquoi il est là ?
Capitaine des Wellington Hurricanes, l'une des meilleures équipes du Super 14, ce Samoan d'origine, comme beaucoup de
All Blacks,
a d'abord brillé dans le rugby à sept, devenant même champion du monde en 2001. Déjà présent lors de la Coupe du monde 2003,
Rodney So'Oialo
n'a depuis cessé de confirmer son talent à un poste clé de la meilleure équipe du monde.
Pourquoi il va cartonner ?
Blessé à de nombreuses reprises, il a connu quelques saisons tronquées depuis quatre ans et est donc animé d'un solide esprit de revanche, à l'image de tous les All Blacks. Polyvalent au
poste de troisième ligne, il est l'archétype du joueur « physique » qui va au combat et fait la différence en un contre un.
Demi de mêlée : George Gregan (Australie, 34 ans, 134 sélections)
Pourquoi il est là ?
Dans ce XV de rêve ? Parce qu'il fallait bien y mettre un Australien, nation championne du monde en 1999. Et pourquoi lui ? Parce que l'entraîneur des Wallabies, John
Connolly, ne peut se passer des services de
George Gregan.
Ce dernier excelle à la mêlée et forme avec Stephen Larkham l'une des charnières les plus complémentaires du monde.
Pourquoi il va cartonner ?
Parce que son duo avec
Stephen Larkham
est vraiment impressionnant. Ces deux inséparables en sélection savent bonifier le jeu de l'autre. Une qualité qui peut
s'avérer un défaut encombrant en cas de méforme d'un des deux protagonistes. A 34 ans, ce demi de mêlée, fort de ces 134 sélections, va démontrer qu'il en a encore dans les chaussettes. Et que ces petits copains,
fortement critiqués avant de battre les Blacks en juin dernier (20-15), sont plus que jamais des prétendants à la victoire finale.
George Gregan fait une mauvaise rencontre
Demi d'ouverture : Daniel Carter (Nouvelle-Zélande, 25 ans, 41 sélections)
Pourquoi il est là ?Daniel Carter,
à 25 ans, est probablement l'un des meilleurs demis d'ouverture de sa génération et du rugby mondial. Néo-Zélandais
de naissance, ce dernier incarne à la perfection les valeurs du rugby All Blacks : hargne, esprit combatif et abnégation. Son coup de pied est redoutable, son sens du jeu également. Comme quoi, passer le plus clair de son temps, enfant, à
tirer des pénalités entre des poteaux plantés dans le potager familial, ça a du bon...
Pourquoi il va cartonner ?
La réponse est très simple. Daniel Carter est à ce jour considéré comme le meilleur joueur du monde, tout court. A l'instar de Jonny Wilkinson, considéré autrefois comme le
« Zinédine Zidane » du rugby par Bernard Laporte, il est le métronome du jeu All Blacks. Sa récente méforme lors des Tri-Nations a d'ailleurs confirmé la « Carter dépendance » de sa
sélection. Mais les Néo-Zélandais savent se remettre en question et, après de longues semaines consacrées à la récupération, ces derniers pourront s'appuyer sans peur sur leur génial numéro dix.
Le meilleur de Daniel Carter
Trois quarts centre : Yannick Jauzion (France, 29 ans, 44 sélections)
Pourquoi il est là ?
Et si l'on posait la question autrement. Pourquoi ne serait-il pas là ?
Yannick Jauzion
est à ce jour le centre type, celui qui séduit la galerie par son jeu réglé, sa technique subtile et ses qualités défensives évidentes. Bref, une valeur
sûre pour les Bleus, à tel point qu'il est l'homme de base de la charnière centrale française et probablement son poumon le plus précieux.
Pourquoi il va cartonner ?
A 29 ans, ce grand timide a l'occasion d'exploser au grand jour. D'exporter sur la scène internationale ce que beaucoup en terre hexagonale pensent déjà de lui.
Habitué des distinctions (il est diplômé de l'Ecole supérieure d'agriculture de Purpan), Jauzion, par sa classe et sa vision de jeu, sera l'un des joueurs à surveiller. Autant par sa discrétion que par ses performances.
Trois quarts centre : Brian O'Driscoll (Irlande, 28 ans, 77 sélections)
Pourquoi il est là ?
A 28 ans,
Brian O'Driscoll
représente ce qui se fait de mieux actuellement au sein du rugby irlandais. Surtout, ce joueur est l'un des
« meubles » de la sélection et, à ce titre, son absence aurait été perçue comme un crime de lèse-majesté. Indispensable et fiable, O'Driscoll est le leader du XV du Trèfle, à la fois sur mais également en dehors du
pré.
Pourquoi il va cartonner ?
A son âge, O'Driscoll a atteint, à son poste, sa pleine maturité. Il est désormais temps pour lui de confirmer toutes les promesses que son ascension fulgurante en sélection a semées.
Les Bleus, qui l'affronteront dans la poule D, ne devront pas oublier les trois essais que ce dernier leur avait infligés au Stade de France lors d'un succès historique de l'Irlande (27-25) en 2000. Plus qu'une
icône, le centre vedette irlandais est le baromètre de sa formation. Ne dit-on pas en Irlande :
« Quand O'Driscoll va tout, tout va ! »
Le génie de Brian O'Driscoll
Ailier : Christophe Dominici (France, 35 ans, 62 sélections)
Pourquoi il est là ?
La réputation de
Christophe Dominici
n'est plus à faire. Aussi à l'aise avec un ballon de foot dans les pieds qu'avec un ballon de rugby dans les mains, l'ailier du
Stade français reste, à 35 ans, un véritable phénomène. Finaliste lors du Mondial gallois de 1999, Dominici a l'expérience des grands rendez-vous. Celle-ci, ajoutée à son statut de fidèle lieutenant du sélectionneur, en fait l'un
des principaux moteurs de l'équipe de France.
Pourquoi il va cartonner ?
Parce que l'âge n'a en rien altéré son envie et surtout sa légendaire vélocité. Et puis,
Dominici
fait partie des « beaux gosses » de la compétition et, à ce titre, il ne pouvait pas ne pas être là. Ne serait-ce que pour continuer à
faire craquer les petites minettes autrement que dans une publicité pour du shampooing... Et pour conclure ce qui devrait être sa dernière sortie avec le maillot bleu par une bonne note.
L'essai mythique de Christophe Dominici contre les All Blacks en 1999
Ailier : Josevata Rokocoko (Nouvelle-Zélande, 24 ans, 45 sélections)
Pourquoi il est là ?« Joe » Rokocoko
est l'une des valeurs sûres du rugby néo-zélandais. Et autant le dire tout de suite, l'une
de ses gâchettes les plus prolifiques. L'ailier All Blacks est tout simplement le meilleur à son poste, capable d'enchaîner une succession de crochets sur courte ou longue distance. Surtout, ce dernier, fort de sa densité
athlétique assez impressionnante, est le poison idéal pour déséquilibrer une défense, et donc toute une équipe.
Pourquoi il va cartonner ?
Depuis
Jonah Lomu,
aucun ailier n'a autant impressionné le rugby international. Capable d'aligner un 100 mètres en 10''66, sa vitesse et son réalisme offensif (déjà
35 essais en 39 sélections) font de lui l'une des principales attractions de la Coupe du monde. Avec cet homme de record (17 essais lors d'une douzaine de matchs tests en 2003), le spectacle sera assuré, à condition
qu'il n'entrave pas les chances françaises de brandir le Graal le 20 octobre prochain.
La puissance de Joe Rokocoko
Arrière : Juan Martin Hernandez (Argentine, 25 ans, 21 sélections)
Pourquoi il est là ?Juan Martin Hernandez
est un peu le
Cédric Heymans
de la sélection argentine, par sa polyvalence, bien entendu. Le prodige sud-américain peut en effet évoluer à deux postes pourtant radicalement
opposés : demi d'ouverture et arrière. C'est d'ailleurs à cette place que Marcelo Loffreda compte l'utiliser lors du Mondial. Cela tombe bien, l'ouverture, c'est justement le dada de l'Argentin.
Capable de gestes de talent, Hernandez sera la clé de voûte du jeu de sa sélection.
Pourquoi il va cartonner ?
Toujours pas titulaire du Stade français, c'est un comble, en raison d'une forte concurrence à l'ouverture, Juan Martin Hernandez est un pur diamant. Si son jeu au pied
et sa
vista
impressionnent à l'ouverture, que dire de ses deux atouts à l'arrière ? Surnommé
« El Mago »
(le magicien), Hernandez fait incontestablement partie de
la caste des joueurs capables de faire basculer à eux seuls le sort d'une rencontre. Ce n'est donc pas juste à cause de sa gueule d'ange que ce dernier est considéré comme le meilleur arrière du monde.