Après avoir été évincé de trois Coupes du monde, Nicolas Anelka atteint aujourd'hui son meilleur niveau. L'ex-enfant terrible du football français est ainsi devenu un titulaire indiscutable des Bleus.
Ce match Italie?"France (samedi 8 septembre 2007) sera peut-être le sien. Au regard de ses dernières prestations sous le maillot bleu, il semble à peu près évident que l'attaquant de Bolton sera titulaire en attaque aux côtés
de Thierry Henry. Ce duo avait été conçu sous l'ère Lemerre à la veille de l'Euro 2000 et n'avait pas tenu ses promesses malgré la victoire finale des Bleus.
Pour Thierry Henry, ils étaient pourtant tout aussi complémentaire que le fameux duo brésilien Ro-Ro, composé de Romario et Ronaldo, dans les années 90. Depuis cinq matchs, le duo français semble enfin parfaitement
fonctionner.
' Notre Ronaldo à nous '
De la même génération que Thierry Henry et David Trézéguet, sélectionné comme eux en Espoirs par Raymond Domenech (déjà), Nicolas Anelka a pourtant connu une trajectoire beaucoup moins tranquille. Révélé au PSG sous l'ère
Ricardo?"Bats, il ne marque qu'un but (contre le RC Lens) en dix matchs. A seulement 17 ans, Nicolas Anelka estime pourtant qu'il mérite une place de titulaire que le PSG n'est pas encore décidé à lui donner. Il file donc à l'anglaise pour
5 millions de francs (750 000 euros) et débarque à Arsenal où il mettra moins d'un an à s'imposer.
Avec Emmanuel Petit et Patrick Vieira au milieu de terrain, il réalise le doublé et inscrit vingt-trois buts en soixante-cinq matchs. Meilleur buteur du club, il n'est pourtant pas retenu dans la liste des vingt-deux de la Coupe du
monde 1998. Pire, avec Pierre Laigle, Martin Djetou, Ibrahim Ba, Sabri Lamouchi et Lionel Letizi, il fait partie des six exclus de dernière minute. Aimé Jacquet, qui a déjà pris deux jeunes en attaque, Thierry Henry et David Trézéguet, lui préfère
des attaquants plus expérimentés et nettement moins talentueux, Stéphane Guivarc'h et Christophe Dugarry.
Après la Coupe du monde, il gagne logiquement sa place en équipe de France. Zinedine Zidane le considère comme son partenaire d'attaque préféré et le soir où la France s'impose à Wembley contre l'Angleterre (0-2 grâce à deux buts de
Nicolas Anelka), Didier Deschamps, capitaine des champions du monde déclare alors sur TF1 ' Anelka, c'est notre Ronaldo à nous ' !
Le plus gros transfert de l'histoire
Reconnu à seulement 20 ans comme un attaquant de classe mondiale, son talent ne laisse pas insensible le Real Madrid qui le recrute alors pour 220 millions de francs, (33 millions d'euros). A l'époque, c'est le plus gros
transfert de l'histoire du football. Au Real, il remporte une Ligue des champions mais ne fera jamais l'unanimité dans le vestiaire. De nombreux joueurs le trouvent arrogant. Rarement titulaire, il est régulièrement en conflit avec les autres
footballeurs et sa direction. Il ne restera qu'une seule saison dans le club madrilène, inscrivant quatre buts en dix-neuf rencontres, dont deux contre le Bayern en demi-finale de la Ligue des champions.
A sa décharge, il convient de dire que le Real a régulièrement connu des problèmes de racisme au sein de son effectif et que des bagarres à l'entraînement ont eu lieu à toutes les époques.
But de Nicolas Anelka contre le Bayern en Ligue des champions (3 mai 2000)
Conscient que sa carrière bat de l'aile après son intermède espagnol, Nicolas Anelka choisit de se relancer dans le club de son c?"ur, le PSG. Le PSG, dirigé par Laurent Perpère, recrute alors à tout va et dépense sans compter. Il
débarque pour 215 millions de francs (32 millions d'euros), le plus gros transfert de l'histoire du club. L'équipe compte déjà quelques stars, Jay-Jay Okocha et Ronaldinho notamment, mais la mayonnaise ne prendra jamais vraiment.
Régulièrement en conflit avec les journalistes, il mettra notamment deux claques à Sébastien Tarrago, de L'Equipe. Pas toujours très loquace, son passage dans l'émission de Pascale Clark, En aparté, reste sans doute
le pire cauchemar de l'ancienne journaliste de France Inter. Nicolas Anelka a un caractère pas toujours évident à gérer.
En moins de deux saisons, il n'inscrit que dix buts en trente-neuf matchs, avant d'être prêté à Liverpool, puis vendu à Manchester City pour... 20 millions d'euros. Le PSG l'a donc acheté une fois, vendu deux fois, et a fait
une moins-value de 11 millions d'euros, assez symbolique de l'aspect chaotique de la carrière du joueur.
Anelka au PSG
Exil en Turquie et retour chez les Bleus
Revenu sur la terre de ses premiers exploits, Nicolas Anelka va pourtant continuer à ramer. Dans l'autre club de Manchester, il est entraîné par l'ancienne star des Reds, Kevin Keegan. Il s'intègre parfaitement, inscrivant trente-huit
buts en quatre-vingt neuf matchs en trois saisons. Malheureusement, l'effectif du club mancunien est un peu léger et les résultats ne suivent pas. Nicolas Anelka évolue dans un club qui joue le maintien en Premier League !
En janvier 2005, à la surprise générale, il quitte l'Angleterre pour la Turquie. A Fenerbahçe, en échange d'un très bon salaire, il marque quatorze buts en trente-neuf matchs, sur une saison et demie.
A ce moment-là, beaucoup pensent que le joueur a fait une grosse erreur et qu'il s'est définitivement enterré. C'est pourtant à cette période-là que Raymond Domenech le rappelle en équipe de France pour un match aux Antilles contre le
Costa Rica (3-2). Absent de la sélection depuis plus de trois ans, Nicolas Anelka ne va pas réussir à convaincre le sélectionneur de l'emmener en Allemagne pour la Coupe du monde. Même après la blessure de Djibril Cissé contre la Chine, Raymond
Domenech lui préfère Sidney Govou, qu'il ne fera pourtant pas jouer en Allemagne.
Anelka en Premiership
Revenu en Angleterre, pour 12 millions d'euros, Nicolas Anelka évolue dans un club qui vise le maintien et dans lequel il joue souvent seul en attaque, Bolton. Dans ce qui est sans doute devenu le
meilleur championnat du monde, il inscrit onze buts en trente-cinq matchs. Au-delà des statistiques, ses prestations font l'unanimité dans les médias et chez les supporters.
Longtemps considéré comme un attaquant rapide façon Djibril Cissé, Nicolas Anelka a su évoluer après ses échecs au Real et au PSG. Il a appris à jouer dos au but, à décrocher, à participer au jeu en défendant et en variant ses appels, autant de
choses que David Trézéguet, buteur exclusif, ne fait pas ou peu.
Beaucoup annonçaient ainsi son transfert dans un club plus conforme à son standing à l'intersaison. En quête d'un avant-centre pour suppléer
Thierry Henry parti à Barcelone, Arsenal a bien pensé à lui mais le club londonien n'a jamais vraiment digéré la manière dont Nicolas Anelka avait fait le forcing
pour le quitter pour le Real Madrid en 1999. Ce n'est sans doute que partie remise, car ce joueur-là a définitivement grandi et son temps semble être enfin venu.
Anelka contre l'Ukraine (2 juin 2007)
Best of Nicolas Anelka
Nicolas Anelka a un fort caractère, ses déclarations fracassantes tout au long de sa carrière l'attestent. Florilège.
A propos de la Coupe du monde 1998 :
' Je n'ai pas voulu me prendre la tête avec ça. J'ai tout de suite passé mon permis de conduire. C'est sympa de revenir ici. ' ' J'étais à Trappes avec mes potes. J'allais pas leur dire : je rentre, je veux regarder France-Paraguay. Ça ne se fait pas de laisser ses potes comme ça. ' ' J'étais dans le train. Je rentrais à Londres. Le commandant donnait le score au fur et à mesure, sauf qu'il n'a pas donné le 3e but. J'étais étonné, je
pensais que ce serait plus difficile. '
A propos des journalistes :
' L'activité médiatique me pose un problème : c'est trop. Ça me gêne. Je voudrais rester tranquille. Je préférerais qu'on ne parle pas de moi. Il n'y a rien à dire sur moi. Je
m'entraîne, je joue au foot, je rentre chez moi. C'est tout. Je fais ça tous les jours. '
A propos de ses entraîneurs :
Sur Luis Fernandez dans FourFourTwo : ' Ce n'est pas un homme intelligent. Dès que vous montrez de la bonne volonté et discutez avec lui, il gâche tout. '
Sur Jacques Santini dans Paris-Match : ' Je n'ai pas besoin de l'équipe de France. Qu'il s'agenouille devant moi, s'excuse d'abord, et après,
je réfléchirai. '
Sur Roger Lemerre dans L'Equipe : ' Lemerre j'ai parlé avec lui mais je ne sais pas s'il me comprenait. '
Sur Gérard Houllier : ' S'il ne m'avait pas fait ce coup, je n'en serais pas là, à jouer depuis quatre ans dans des clubs de second rang, où je n'aurais jamais imaginé
signer un jour. '