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PHOTOS
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| Clint Eastwood est l'archétype du héros de western spaghetti. Le public a même cru un temps qu'il était italien. |
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| Malgré les nombreux autres succès qui ont jalonné sa carrière, Charles Bronson reste avant tout l'homme à l'harmonica de Sergio Leone. |
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| Lee Van Cleef va relancer sa carrière dans les années soixante grâce aux westerns italiens. |
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| Henry Fonda interprète le seul rôle de brute de toute sa carrière dans Il était une fois dans l'Ouest. |
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| La plupart des westerns spaghetti ont été tournés dans le Sud de l'Espagne pour les extérieurs et à Cinecitta pour les plateaux. |
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| Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l'Ouest. Les femmes jouent toujours un rôle mineur dans les westerns italiens et sont la plupart du temps maltraitées. |
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Héros et truand
Pas de gentils affrontant des méchants dans le western spaghetti. Le personnage principal est un anti-héros mercenaire ou bandit de grand chemin, mal rasé et aux vêtements poussiéreux. Il ne sert pas de noble cause et ne se préoccupe
que de ses propres intérêts, attiré par l'appât du gain ou poursuivant une vieille vengeance. Son cynisme ne fait aucun doute mais le spectateur n'en saura guère plus sur sa psychologie. Car il reste mystérieux et hiératique, traversant
imperturbablement les affrontements les plus sanglants. Droit comme un I et la main sur son pistolet, Clint Eastwood demeure l'archétype du héros de western spaghetti dans la trilogie
Pour une poignée de dollars,
Pour
quelques dollars de plus
et
Le bon, la brute et le truand
de Sergio Leone.
Des duels filmés comme des opéras
Les incontournables scènes de duel des westerns italiens sont loin d'être réalistes. Tournées de façon très théâtrale, elles se ressemblent toutes : plans larges mettant en valeur l'immensité des paysages, gros plans interminables
sur les mines patibulaires des truands, lenteur exagérée des gestes, rareté des dialogues, envolées lyriques de la musique alternant avec des périodes prolongées de silence, et enfin, déchaînement soudain et rapide des armes à feu. L'une des scènes
de duel les plus célèbres reste la séquence où Charles Bronson se débarrasse des truands venus l'éliminer à la gare dans
Il était une fois dans l'Ouest.
Violence gratuite et sadisme
Les réalisateurs de westerns spaghetti ont surenchéri dans la violence gratuite et purement esthétique. Outre les duels, de nombreuses séquences donnent à voir la cruauté de personnages s'acharnant volontiers sur des enfants, des
femmes ou des hommes désarmés et isolés. Pendaisons, tortures et passages à tabac sont également fréquemment représentés à l'écran. Sergio Corbucci est le réalisateur qui a poussé le plus loin cette logique de violence. Avant le crépusculaire
Le Grand silence,
il a signé en 1966 un
Django
particulièrement sadique dans lequel le spectateur se voit infliger des séquences d'oreille coupée, de femme fouettée et de multiples scènes de
fusillades !
Une révolution musicale
En signant la bande originale de
Pour une poignée de dollars
en 1964, le compositeur Ennio Morricone révolutionne la musique de film et impose un modèle pour les autres westerns spaghetti. Jamais la musique
n'avait occupé autant de place. Composée avant le tournage du film, elle devient un élément à part entière de l'action et de la narration et comporte des thèmes propres à chaque personnage. Ennio Morricone innove également en composant des pans
entiers de la bande originale uniquement avec du bruitage, comme la séquence d'ouverture d'
Il était une fois dans l'Ouest.
Et il mixe, par ailleurs, ses passages mélodiques particulièrement lyriques avec des sons (cris, cloches,
sifflements, coups de fouet) et des instruments inhabituels dans le cadre d'une musique symphonique de film (guitare, harmonica, synthétiseur, trompette). Le générique de
Le bon, la brute et le truand
est à cet égard un modèle
du genre. D'autres compositeurs moins célèbres se sont également distingués en oeuvrant pour les westerns italiens comme Bruno Nicolai (
Adios Sabata,
1970), Roberto Pregadio (
Les Pistoleros de l'Ave Maria,
1970) ou Luis Bacalov (
Django,
1966).
Petite histoire du western italien
Au début des années soixante, le western italien est un sous-genre commercial diffusé dans des salles de seconde catégorie. Il sort de l'ombre en 1964 grâce au film de Sergio Leone
Pour une poignée de
dollars.
Le succès est international et lance une véritable mode pour ce que les Américains rebaptisent avec ironie le western spaghetti.
Parallèlement au triomphe remporté par les westerns de Leone, d'autres réalisateurs transalpins s'engouffrent dans la brèche comme Sergio Corbucci (
Django,
1966), Sergio Sollima (
Le Dernier face à
face,
1967), Gianfranco Parolini (
Adios Sabata,
1970) ou encore Enzo G. Castellari (
Tuez les tous et revenez seuls,
1968).
De Charles Bronson à Johnny Hallyday
Les critiques méprisent ces westerns mais le public est enthousiaste et les réalisateurs n'ont aucun mal à obtenir de gros budgets financés par des coproductions européennes. Conséquence : les stars affluent sur les plateaux de
Cinecitta, qu'elles soient américaines (Henry Fonda, Charles Bronson ou Lee Van Cleef) ou européennes (Klaus Kinski, William Berger, Claudia Cardinale, Jean-Louis Trintignant). Même Johnny Hallyday (
Le Spécialiste,
1968) et
Ringo Starr (
Blindman,
1971) s'y mettent ! Sans oublier quelques acteurs italiens qui se sont fait un nom le pistolet à la main comme Gian Maria Volonte (
Quien Sabe ?,
1967), Franco Nero
(
Le Mercenaire,
1968) ou Terence Hill (
Mon nom est personne,
1973).
Mais le genre s'essouffle au milieu des années 70 avec la mode des comédies parodiques sur le modèle de
On l'appelle Trinita,
d'Enzo Barboni (1970).
Keoma
de Enzo G Castellari est
considéré comme le dernier vrai western spaghetti en 1976.
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