Se motiver pour affronter la rentrée
Entre perspectives de carrière et projets personnels, septembre est propice aux grandes remises en question. Argent, ambition, épanouissement ? Il est l'heure de faire le point sur ce qui nous porte.
' Qu'est-ce que j'ai envie de faire de ma vie ' : après la pause des vacances, cest la traditionnelle remise en question de la rentrée.
Impossible de sortir du lit le matin ? Pas de panique. C'est sans doute le syndrome de la rentrée. ' Après une période de relâchement pendant laquelle on est moins pris par le quotidien, il est fréquent de
passer par une période de remise en question de ses désirs profonds et de ses motivations intrinsèques ', explique Matthieu Poirot, psychologue spécialiste du stress et des émotions au travail. Si les symptômes persistent, en
revanche, gare à la démotivation chronique ! Il est peut-être temps de changer de travail... ou de demander une petite augmentation.
Le salaire ne fait pas le bonheur
L'argent reste en effet le meilleur des arguments pour se lever le matin ! En 2005, 45 % des actifs interrogés avouaient déjà qu'ils seraient prêts à ' cesser toute activité s'ils continuaient à
percevoir la même rémunération (1) '. Le dernier baromètre de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) le confirme (2) : le niveau de rémunération est aujourd'hui la première
préoccupation professionnelle des salariés.
Bien gagner sa vie est donc devenu aussi important que l'intérêt du métier, et prime sur de bonnes conditions de travail. Mais gare aux déceptions ! ' On peut gagner 130 000 euros par an et être
malheureux dans son travail parce que son collègue gagne 150 000 euros, prévient Matthieu Poirot. Le salaire n'est pas important en lui-même, ce qui compte avant tout c'est l'image qu'il donne de nous par rapport aux
autres. '
Dans une entreprise, de fortes inégalités salariales ou des conditions de travail exécrables peuvent donc suffire à saper le moral des troupes, même bien payées.
A la recherche de la reconnaissance perdue
Un coup d'?"il aux motifs de satisfaction des salariés français suffit à expliquer ce paradoxe : ' l'autonomie ' et ' les relations avec la hiérarchie ' sont plébiscitées,
juste derrière les pauses café avec les collègues (2) ! ' La relation humaine est le principal outil pour favoriser le sentiment de reconnaissance au travail, explique Matthieu Poirot. Cela peut
passer par des choses très simples comme un minimum de politesse ou des retours positifs réguliers de la part d'un manager. '
En matière de reconnaissance, à chacun ses besoins : ' Pour un ouvrier, elle passera davantage par une augmentation salariale, alors que les professions intermédiaires aspireront à plus de formation et de
perspectives d'évolution, et les cadres à des responsabilités accrues ', indique Gilles Heude, responsable de la communication de l'Anact. Mais ' valoriser les salariés au sein du
collectif '
reste toujours le meilleur des moyens pour faire ' travailler plus et mieux '
et avec plaisir. Quitte à tomber dans l'excès de zèle inverse.
La motivation se cache peut-être à la maison
' Etre trop motivé et impliqué dans son travail peut dégrader l'efficacité professionnelle ', poursuit Matthieu Poirot. Une simple critique peut alors tourner au psychodrame et le
surmenage peut vite faire perdre son sang-froid. Pour le psychologue, prendre du recul et profiter de la vie en dehors du bureau sont donc bien souvent les clés d'une ' bonne motivation '.
' La crise de la rentrée, c'est comme le sport qu'on pratique seulement pendant les vacances : il vaut mieux se poser souvent la question sur ce qu'on veut faire plutôt que de tout remettre en cause une fois
dans l'année... et de se blesser ! '
Son seul conseil : ' Pas de grosses questions existentielles. ' Mais une interrogation simple tous les trois mois :
' Ma vie me cause-t-elle plus de peine ou de plaisir ? '
Qui sait, votre motivation professionnelle se cache peut-être aussi dans une salle de sport ou dans un bon restaurant !
(1) Sondage CSA/Enjeux Les Echos, réalisé les 2 et 3 mars 2005 auprès d'un échantillon national représentatif de 954 personnes, âgées de 18 ans et plus.
(2) Sondage Anact/Sofres réalisé en partenariat avec La Tribune et RMC du 4 au 7 avril 2007 auprès de 806 salariés actifs.
(1) Sondage CSA/Enjeux Les Echos, réalisé les 2 et 3 mars 2005 auprès d'un échantillon national représentatif de 954 personnes, âgées de 18 ans et plus.
(2) Sondage Anact/Sofres réalisé en partenariat avec La Tribune et RMC du 4 au 7 avril 2007 auprès de 806 salariés actifs.

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