La triche dans le sport ne se résume pas au dopage ou à la corruption. Pour biaiser la compétition, il a souvent suffi à certains de faire preuve d'un peu d'imagination et de beaucoup de culot !
PHOTOS
En 2005, Jacqueline Gareau salue la foule au marathon de Boston. En 1980, la Canadienne s'était fait voler la victoire par Rosie Ruiz.
Boris Onischenko
Stanislawa Walasiewicz (à droite)
Fernando Alonso et Michael Schumacher
Rosie Ruiz
Nancy Kerrigan et Tonya Harding
Avec les récentes déclarations de Raymond Domenech sur le fameux match Italie-France espoirs de 1999, les histoires de
corruption
et de
dopage
reviennent sur le devant de la scène. Mais dans le sport, la tricherie ne se limite pas à ces deux phénomènes. Certains poussent le vice et le ridicule tellement loin
que cela en deviendrait presque drôle.
Onischenko, le pro
Pentathlonien ukrainien, Boris Onischenko a eu au moins le mérite de faire preuve d'ingéniosité. Médaillé olympique à trois reprises, il fait logiquement partie de l'équipe soviétique qui prend part aux JO de 1976 à Montréal. Après
la première épreuve, l'URSS est 4e et doit absolument s'imposer en escrime pour rester dans la course à la médaille d'or. C'est à Onischenko de jouer, lui qui est alors considéré comme le meilleur escrimeur de la compétition. Dans son duel contre le
capitaine anglais, Jim Fox, il s'impose largement. Mais ce dernier s'étonne qu'à plusieurs reprises le signal électrique du russe se déclenche sans qu'il soit pourtant parvenu à le toucher. Il dénonce l'incident, et l'épée du soviétique est
confisquée. Le jury découvre qu'Onischenko a modifié son arme et y a installé un bouton qui, d'une simple pression, lui permet de marquer le point chaque fois qu'il le décide. Logiquement disqualifié, il fut alors surnommé
« Disonischenko »
(jeu de mot sur
dishonest
qui signifie malhonnête) par la presse britannique.
L'Espagne au culot
Aux Jeux paralympiques de Sydney en 2000, l'équipe espagnole remporte la médaille d'or dans l'épreuve de basket-ball. Mais l'un des joueurs, journaliste de son état, raconte que dix des douze joueurs de l'équipe se sont fait passer
pour des handicapés mentaux sans l'être réellement. L'Espagne se retrouve logiquement disqualifiée pour cette épreuve et depuis, les handicapés mentaux, dont il est souvent difficile de déterminer l'exactitude du handicap, ne prennent plus part aux
Jeux paralympiques. Consternant !
Le résumé de l'affaire
Un secret bien gardé
Stanislawa Walasiewicz a émigré de Pologne avec sa famille pour s'installer à Cleveland aux Etats-Unis. Inéligible pour faire partie de l'équipe américaine, elle choisit alors de courir pour l'équipe polonaise. Aux JO de 1932, à
Los Angeles, elle remporte la médaille d'or du 100 mètres et devient la femme la plus rapide du monde en 11.9 secondes. Quatre ans plus tard à Berlin, elle remporte la médaille d'argent. Mariée au boxeur Neil Olson, elle change son nom
pour Stella Walsh Olson et continue de remporter de nombreux titres, elle a ainsi accumulé 18 records du monde. En 1975, elle intègre logiquement le Hall of Fame de l'athlétisme, avant de décéder en 1980, à l'âge de 69 ans,
victime d'une attaque à main armée dans un centre commercial. On découvre alors qu'il s'agissait en fait d'un homme...
Le calvaire de Golota
Médaillé de bronze aux JO de Séoul, Andrzej Golota est un boxeur polonais qui décide de passer professionnel en 1992 après une très brillante carrière amateur. Invaincu pendant 4 ans dans la catégorie reine, les poids lourds,
il défie l'ancien champion du monde, Riddick Bowe le 11 juillet 1996. Bien qu'il mène largement aux points, il perd la rencontre au 7e round pour avoir frappé Bowe à plusieurs reprises en dessous de la ceinture. S'en suit une bagarre
mémorable et un rematch au cours duquel Golota domine encore Bowe mais se retrouve encore disqualifié, cette fois-ci au 9e round. Malgré ses deux défaites, Golota devient le nouveau challenger officiel et le 4 octobre 1997, il
affronte Lennox Lewis, le champion du monde en titre. Il est mis KO dès le 1er round !
Résumé du premier combat Bowe-Golota, 11 juillet 1996
Michael Schumacher : une « erreur » technique
Sans aucun doute, Schumacher a été l'un des plus grands pilotes de F1 de l'histoire, si ce n'est le plus grand. A défaut de son talent, on peut toutefois contester son sens du fair-play. Lors de la séance de qualification, par exemple,
au Grand Prix de Monaco en 2006, Michael Schumacher est sur le point de décrocher la pôle position. Il ne reste que quelques minutes à son rival, Fernando Alonso, pour lui prendre la première place. Pour être sûr qu'il ne puisse pas y parvenir,
l'Allemand gare sa monoplace dans un virage, obligeant l'Espagnol à perdre de précieux dixièmes en contournant l'obstacle. Bien sûr, Schumacher prétextera un incident technique pour expliquer son geste. Bien sûr, il sera rétrogradé en dernière
position sur la grille de départ ! Après 15 ans de carrière, son attitude ne trompait plus personne...
L'erreur de Michael Schumacher, GP Monaco 2006
Rosie Ruiz, aussi rapide que le métro !
En 1980, Rosie Ruiz a remporté le
marathon
de Boston en 2 heures, 31 minutes et 56 secondes, soit à l'époque, le 3e meilleur chrono de l'histoire. Seul
problème, elle arrive sur la ligne d'arrivée sans se souvenir du parcours et sans même avoir transpiré ! Sur les vidéos, elle n'apparaît nulle part et aucun concurrent ne se souvient l'avoir vue. Par ailleurs, son temps est de 25 minutes
meilleur que celui qu'elle a réalisé au marathon de New York l'année passée. En fait, Rosie Ruiz n'aurait couru que le dernier kilomètre du marathon de Boston, alors qu'à New York, elle aurait tout simplement utilisé le métro pendant le
parcours... Et c'est pourquoi, malgré ses dénégations - aujourd'hui encore -, près de 30 ans après les faits, sa victoire lui fût
« logiquement »
retirée !
Le dernier vol du Condor
Roberto Rojas, surnommé le Condor, était le gardien de la sélection nationale du Chili lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1990. Mené 1-0 au Maracana, le célèbre stade de Rio, le Chili est alors tout proche de
l'élimination. A la 67e minute, Rojas s'écroule dans sa surface après qu'un supporter brésilien ait lancé un pétard à un bon mètre de lui. Sorti sur civière en se tenant le front, la tête en sang, Rojas refuse de reprendre le jeu et ses partenaires
profitent de l'incident pour interrompre une rencontre qu'ils espèrent alors gagner sur tapis vert. Malheureusement pour eux, plusieurs vidéos mettent en évidence les talents de comédien du « Condor », qui s'est
volontairement ouvert le front grâce à une lame de rasoir cachée dans ses gants. Le Brésil a gagné le match (2-0), le Chili n'a pas eu le droit de prendre part à la Coupe du monde 1994 et Rojas fut suspendu à vie. Toutefois en 2001, après
qu'il ait reconnu les faits, le « Condor » a vu sa sanction levée.
Le résumé du match Brésil-Chili du 3 septembre 1989
Harding à coup de batte de base-ball !
Tonya Harding fut la première patineuse américaine à réaliser un triple axel. Malgré son talent, elle décide de mettre toutes les chances de son coté pour obtenir la médaille d'or aux Jeux olympiques de Lillehammer en 1994. Elle
aurait ainsi commandité une agression sur sa grande rivale de l'équipe olympique, Nancy Kerrigan. Le 6 janvier 1994, lors d'un de ses entraînements, Kerrigan est attaquée à coup de batte de base ball par un inconnu. Arrêté, ce dernier
avoue avoir été engagé par le mari de Tonya Harding. Légèrement blessée à la cuisse, Kerrigan récupère rapidement et parvient néanmoins à décrocher la médaille d'argent, Harding finissant à la 8e place. Devenue
persona non grata
sur le circuit professionnel, Tonya Harding a poursuivi une carrière où se côtoient boxe, films pornos, alcoolisme et divers délits.