En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.FERMER  x
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...

Tour de France : le bon, la brute et le truand

Malgré bien des précautions, le Tour 2007 aura fait l'objet de grandes suspicions. Même son nouveau vainqueur n'y a pas échappé ! Retour sur une édition digne d'un western, où tous les coups étaient permis.

laisser un avis
Le ' Truand ' : Alexandre Vinokourov est contrôlé positif aux transfusions sanguines.
A 24 ans, Alberto Contador remporte le Tour de France 2007, tout comme Eddy Merckx en 1969 et Bernard Hinault en 1978. Douze ans après le succès de son compatriote Miguel Indurain, l'Espagnol s'est retrouvé propulsé en tête du classement général de façon inespérée, à quatre jours des Champs-Elysées.
Miraculés de l'affaire Puerto (comme Alejandro Valverde, Caisse d'épargne, sixième de l'épreuve), il tire son épingle du jeu d'une édition rocambolesque. En effet, au soir de la seizième et ultime étape de montagne, alors que l'équipe Discovery Channel se résigne à voir la victoire finale lui échapper, le manager de la Rabobank décide de limoger son coureur Michael Rasmussen, maillot jaune et virtuel vainqueur du Tour 2007 !
Tandis que le Danois est voué aux gémonies et quitte la course, après une journée symbolique sans maillot jaune, Contador endosse la tunique dorée si convoitée. Avec sa belle gueule, ses attaques fracassantes et sa bonne fortune, le Madrilène rappelle le personnage du Bon, interprété par Clint Eastwood dans le film de Sergio Leone Le Bon, la Brute et le Truand.
Alberto Contador a vraiment tout pour réussir : il est futé, chanceux, stoïque et, en plus, il est dans l'équipe de Johan Bruyneel, ancien mentor de Lance Armstrong. D'ailleurs, le Texan n'a pas hésité à se déplacer pour venir encourager le jeune prodige lors du contre-la-montre du samedi 28 juillet, qu'il termine cinquième. D'autant qu'entre les deux champions il y a une similitude frappante dans le coup de pédale véloce en chrono.

Comment Rasmussen a creusé sa propre tombe

Tout d'abord, avant le départ de la Grande Boucle, Michael Rasmussen tente de ne pas signer la charte en faveur d'un nouveau cyclisme, signature pourtant indispensable à sa participation. ' C'est une intrusion dans ma vie privée ', s'offusque-t-il.
Ensuite, en franchissant en tête les trois cols au programme de la huitième étape, l'ancien champion du monde de VTT 1999 assomme la course et refait son numéro de meilleur grimpeur 2005 et 2006, qui agace. Car il relègue à près de trois à cinq minutes tous les leaders, alors qu'il n'est jamais présent au classement durant le reste de la saison.
Tandis qu'il reste en jaune jusqu'au contre-la-montre d'Albi (treizième étape), tout le monde s'impatiente de voir la tunique changer d'épaules, d'autant que le Danois n'aurait pas dû participer au Tour pour n'avoir pas communiqué son planning à l'Agence mondiale antidopage en juin dernier. Mais, contre toute attente, il termine à la onzième place, concédant seulement 2'55'' aux favoris !
Mieux, dans le final de la quatorzième étape, aux côtés d'un Contador victorieux, il améliore de 1'21'' le temps d'Armstrong et de Basso dans l'ascension du plateau de Beille en 2004 ! Mais, en disputant la victoire à son compagnon d'échappée, Rasmussen manque une occasion de redorer son image auprès d'un public abasourdi et désabusé.
Enfin, avant le départ de la seizième et dernière étape de montagne, il prend à parti un spectateur mécontent puis, peu avant sa seconde victoire ?" sous les sifflets ?", il s'en prend aux motards, avec des gestes menaçants, parce qu'ils n'avancent pas assez vite à son goût ! Pendant ce temps, une nouvelle se propage à toute allure : Rasmussen n'était pas au Mexique au mois de juin, comme il le prétend.
En effet, pour meubler l'antenne, l'ancien coureur Davide Cassani, qui commente le Tour sur la RAI, raconte qu'il a croisé le Danois en juin dans le massif des Dolomites. Ainsi, à 23 heures, après l'ultime frasque de son coureur sur les pentes du col d'Aubisque, Theo de Rooy, manager de la Rabobank, informé du mensonge, se voit obligé de l'exclure de la compétition. ' On m'a volé la victoire ', s'insurge l'intéressé, vindicatif.

Alexandre Vinokourov, le truand cynique

A l'inverse de Rasmussen, avant le départ de Londres, Alexandre Vinokourov part grand favori du Tour 2007 pour le général. Le vainqueur de la Vuelta 2006 a même les faveurs du public, en raison de son panache, notamment pendant le règne Armstrong.
Mais, ayant perdu trop de temps dans le col du Galibier lors de la neuvième étape, le Kazakh s'effondre, en larmes. A 33 ans, il sait qu'il ne pourra plus remporter le Tour. Cependant, à la manière d'un Floyd Landis effectuant son grand retour en 2006, le coureur de l'équipe Astana survole le contre-la-montre d'Albi. Christophe Moreau loin au général et les Pyrénées en ligne de mire, le public veut y croire.
Malheureusement, la première étape pyrénéenne est fatale à la coqueluche française, qui accuse 28'50'' de retard en haut du plateau de Beille. Le lendemain, dans un sursaut d'orgueil, il lâche tous ses adversaires dans le col de Peyresourde et s'adjuge l'étape ! Vinokourov est alors assuré de perdre le Tour avec tous les honneurs.
Sa gloire est néanmoins éphémère puisqu'il est contrôlé positif aux transfusions sanguines homologues. En récusant les analyses et en parlant d'une ' nouvelle provocation ', il découvre son vrai visage. ' Je crois que c'est une erreur due peut-être à ma chute [lors de la cinquième étape, NDLR]. J'en ai parlé avec les médecins de l'équipe, qui ont émis l'hypothèse selon laquelle il y aurait eu un engorgement de sang dans ma cuisse. '
Vinokourov descend aussitôt de son piédestal pour endosser le rôle du truand du western en s'attachant les services de l'avocat de Floyd Landis... quelques mois à peine après avoir opté pour ceux du sulfureux docteur Ferrari. D'ailleurs, au moment de la polémique, il avait confié à la presse que les méthodes du médecin controversé l'aidaient à se dépasser : ' Ses plans d'entraînement sont pointus et performants. ' Maintenant, on sait pourquoi.
Nouvelle affaire à suivre donc, comme le dénouement très attendu du procès de Floyd Landis. Décidément, la Petite Reine a bien du mal à se trouver un roi crédible.
envoyer
par mail
imprimer
l'article
@01net sur
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
Coupe Davis : ça va être chaud !
Enfin du grand spectacle à Bercy ?
Où va le tennis féminin ?
Federer, presque à l'ordinaire
Benneteau, presque héros
Inacceptable Domenech !
Quand les gardiens brillent
Le sport français en plein renouveau
Les quatre à battre et pourquoi ?
Laurent Blanc au pied du mur
Les plus grosses bagarres dans le sport
L'année du PSG ?
Le résistant Mahut
A quand un Français en jaune sur les Champs-Elysées ?
Les grands retournements de situation dans le football
Coupe Davis : et si on la gagnait ?
100 mètres : un duel attendu
Les sommes folles de la Coupe du monde 2010
Lequel ne voulez-vous plus voir ?
Magic Black Stars