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Ces villes européennes paradis des fêtards Amélie Charnay

TOURISME

Ces villes européennes paradis des fêtards

Amélie Charnay , 01men., le 27/07/2007 à 11h20
Prendre l'avion pour aller faire la fête à Berlin ou à Bratislava, c'est le credo tendance des clubbers européens. Enquête sur ce nouveau visage du tourisme festif.

« Berlin, une métropole qui ne dort jamais. » Avec ce slogan plein de promesses, l'office de tourisme de la capitale allemande espère bien continuer à attirer les fêtards étrangers en goguette. Selon l'organisme, Berlin serait même devenue la métropole européenne préférée des touristes de moins de 35 ans pour faire la nouba.

Car les clubbers ont la bougeotte et n'hésitent plus à prendre l'avion ou le train pour s'éclater le temps d'une soirée ou d'un court séjour. C'est le cas de Simon, 27 ans, qui a passé cinq jours de folie à Barcelone avec deux amis l'été dernier. Il n'a pas vu grand-chose de la cité catalane : « Si tu y fais vraiment la fête, tu pars en boîte à 3 heures du matin et tu rentres à 8 ou 9 heures. Et j'ai rencontré beaucoup de Français qui étaient dans la même logique que nous. »


Faire la fiesta, de Barcelone à Zagreb

Berlin et Barcelone ne sont pas les seules villes sur le Vieux Continent à accueillir des touristes noctambules déchaînés. « Quand on fait l'aller-retour dans le week-end, le mieux c'est Bruxelles ou Londres. Si on dispose de plus de temps, c'est Berlin, Barcelone, Cologne ou Rotterdam. Sans oublier Bratislava, Zagreb ou Budapest », assure Christophe Vix-Gras, président de l'association Technopol, qui organise la Technoparade.

Clubbers de tous les pays unissez-vous ! La fiesta n'a plus de frontières. Pour Jean Da Luz, rédacteur en chef du site Tourmag.com, le tourisme festif n'est pas nouveau. « Avant, il était réservé à une élite ou à des transfrontaliers comme les Finlandais, qui avaient fait de l'Estonie leur pub. Mais l'essor des compagnies low cost a tout changé depuis deux/trois ans en France, depuis un peu plus longtemps dans le reste de l'Europe. » Aujourd'hui, place à la décentralisation et à la démocratisation des nuits chaudes ! Les aéroports se multiplient en Province et permettent de relier directement Nice à Berlin ou Limoges à Londres.

Les Parisiens n'ont donc plus le monopole du nomadisme festif. Ils conservent tout de même quelques avantages. Sous le slogan évocateur « Fêtards fuyons! », le Thalys Night propose depuis 2004 un Paris-Bruxelles, départ le samedi, retour le dimanche pour 30 euros. Avec le projet d'étendre l'offre à Cologne et à Amsterdam. Idem pour le Night Trip d'Eurostar avec un aller-retour Paris-Londres ou Lille-Londres à 60 euros.


La guerre de la nuit

La révolution des transports inciterait donc à passer ses nuits à l'étranger. Une explication un peu faible pour Christophe Vix-Gras : « Les gens se déplacent pour l'espace des mégaclubs, les prix abordables, les services, l'ambiance, une offre énorme de lieux pour faire la fête, et surtout pour des établissements et des transports en commun ouverts toute la nuit. Pas vraiment le cas de Paris, qui risque de se vider de ses clubbers. »

La ville lumière perdrait-elle de son intensité au point de se retrouver à la traîne de l'Europe de la nuit ? Un retard confirmé par Rémy Knafou, directeur de l'Irest à Paris-I (Institut de recherche et d'études supérieures du tourisme) : « La concurrence entre les métropoles est incessante et le tourisme festif est l'un des éléments de cette compétition. Londres cherche à entretenir cette image de ville festive, alors que Paris connaît des faiblesses structurelles à ce niveau. D'où, en réponse, le lancement de la première Nuit Blanche en 2002. »

Il y a donc une véritable guerre de la nuit en Europe. Et dans ce combat, de nouvelles puissances tentent d'émerger. « On voit en ce moment des cités comme Gênes, Liverpool ou Göteborg qui tentent de se positionner comme ville festive. D'autres jouent, à l'inverse, résolument la carte de la ville patrimoniale comme Venise », explique Philippe Violier, professeur de géographie à l'université d'Angers.

Reste à connaître l'ampleur du phénomène. Mission impossible pour Eric Lefebvre, directeur des achats et des ventes en ligne de Lastminute.com. « On ne peut pas distinguer les fêtards des autres touristes. En plus, il n'est pas à exclure qu'un touriste qui veut faire la fête aille aussi visiter un musée. Mais globalement, le tourisme urbain européen croît énormément. Les réservations de week-ends avec vol et hôtel augmentent de plus de 30 % par an depuis quatre ans sur notre site. » Un engouement qui serait presque en voie de ringardiser les « fiestas playa » d'Ibiza.


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