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Bonne mine nouvelle génération Isabelle Fontaine

AUTOBRONZANTS

Bonne mine nouvelle génération

Isabelle Fontaine , 01men., le 09/07/2007 à 12h30
Hâle subtil, teint naturel, effet progressif… Fini les autobronzants couleur carotte. Une nouvelle génération light s’impose qui profite aussi aux hommes. Explications.
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La nouvelle génération d’autobronzants est facile à appliquer. Jour après jour, le bronzage s’installe progressivement.

« L'autobronzant, ça fait peur aux hommes. Ils craignent de se retrouver oranges, avec un teint visiblement artificiel, comme s'ils revenaient de la Martinique, lance Pedro Garcia Maggi. Mais dans le même temps, avoir bonne mine, c'est une demande intergénérationnelle, au-delà des modes, presque incontournable. » Cet ancien cadre de l'Oréal est le fondateur de Skeen, marque tendance de cométiques masculins. Pour satisfaire sa clientèle, il a lancé en juin un produit novateur, facile d'utilisation. Un « Fluide revitalisant autobronzant quotidien », promettant un résultat hâlé ultra naturel. « L'effet est insoupçonnable. Les ratages, impossibles », promet-il. Cet autobronzant light n'est pas le seul sur le marché des cosmétiques masculins. Lierac, Roc et Nivea ont aussi lancé sur ce créneau fluides hydratants et autres après-rasages. Du côté féminin, les propositions foisonnent, entre lait pour le corps, baumes et crèmes pour peaux sèches ou grasses, et effet teinté plus ou moins mat.


Les clés de la réussite : l'effet progressif !

« Nous n'avons rien inventé. Nous avons juste pensé différemment », rappelle Nathalie Issachar, directrice adjointe recherche et développement chez Roc, société Johnson & Johnson. Le géant de la cosmétique est le premier, au printemps 2005, à lancer sur le marché un produit estampillé « hâle progressif ». Succès immédiat. Décliné rapidement à toutes les enseignes du groupe (dont Evian), le concept est ensuite massivement copié par la concurrence, de la grande distribution aux parfumeries et parapharmacies. Cette réussite phénoménale repose sur une idée, au demeurant simple : un dosage plus faible d'actifs.

En effet, un autobronzant classique contient deux molécules à effet colorant : la DHA (Dihydroxyacétone), connue depuis une quarantaine d'années, et l'Erythrulose, utilisée depuis 10 ans. Obtenues par biosynthèse, dérivées de sucre, elles interagissent avec les acides aminés de la peau pour teinter l'épiderme. Complémentaires, elles se combinent, l'une garantissant la montée de couleur rapide, l'autre, une répartition homogène. Le dosage habituel est généralement compris entre 5 et 6 %. Leur effet est très rapide. Le hâle apparaît en quelques minutes et dure dans le temps. Dans certains cas, une seule application suffit pour une semaine.

Inconvénient : la teinte peut très vite tourner au « too much », tendance carotte. Avec, bien souvent de vilaines démarcations et traces foncées, trahissant son utilisateur. Avec la génération des progressifs, le dosage d'actifs autobronzants est beaucoup plus faible, de 1 à 3 %. La couleur s'installe très doucement, en plusieurs jours. Il est possible de la doser, en s'arrêtant lorsque le résultat souhaité est obtenu. D'utilisation quotidienne, ces soins sont par ailleurs très hydratants, compensant l'effet desséchant de la DHA. Côté santé, pas de danger, assurent les dermatologues. « Nous avons un recul suffisant pour juger de l'innocuité de ces substances. Personne n'est à l'abri d'une réaction, mais les cas d'allergies à la DHA sont rarissimes. Ces formules ont été conçues pour être appliquées très fréquemment. L'effet de coloration est très superficiel. Il n'y a aucun risque, et, si, en plus, cela permet d'éviter une exposition excessive au soleil, c'est idéal », explique Nadine Pomarède, allergologue. Gare toutefois à ne pas confondre effet bronzant et bronzage réel. L'auto-bronzage n'étant qu'une illusion, il n'a aucun effet protecteur (voir encadré).


Des produits à utiliser avec précaution

Les précautions d'usage sont importantes. Il est nécessaire, comme avec les autobronzants classiques, de gommer sa peau régulièrement, tous les trois jours en moyenne. Car si ces produits light évitent des résultats catastrophiques, ils demeurent très réactifs à la présence de couche cornée et de peaux mortes, existantes en quantité sur la peau masculine. Le rasage s'avère également indispensable, afin de garantir l'uniformité du teint obtenu. Il faut aussi veiller à se laver les mains soigneusement après application et éviter sourcils et racine des cheveux.

Enfin, Christine Lafforgue, maître de conférence en dermopharmacologie et cosmétologie, université Paris Sud XII, souligne la faible durée d'utilisation de ces cosmétiques (à ne pas confondre avec la durée de vie du produit lui-même, indiquée sur l'emballage par le symbole d'un pot ouvert). « Une fois entamé, le risque d'oxydation est très grand. Le pouvoir colorant s'amenuise. » Verdict : un autobronzant doit être utilisé au plus tard un mois après ouverture. Dernier conseil, avant de se lancer, bien lire l'étiquette, et si le dosage d'actifs autobronzants est indiqué, privilégier le plus faible, surtout en cas de teint blanc. Si le hâle paraît insuffisant, il est possible de procéder à plusieurs applications quotidiennes. Il est possible de recourir aux soins destinés aux femmes. Il faut cependant prendre garde de fuir les formules pour peaux sèches, l'épiderme masculin, étant, par nature, plus gras.

Autobronzer n'est pas bronzer

Obtenu par une réaction chimique à la surface de la peau, appelée réaction de Maillard, semblable à celle du caramel, l'autobronzage n'est que du maquillage. Il n'a aucune action protectrice naturelle contre le soleil. Il se différencie en tous points du véritable bronzage. Ce dernier se traduit par une modification de l'épiderme : épaississement et production de mélamine, véritable bouclier contre les rayons UVA et UVB. « Le plus dangereux reste à mes yeux ces produits hybrides, ces solaires à la fois dotés de filtres protecteurs et d'un complexe autobronzant. Ces produits induisent une confusion dangereuse. Il faudrait en appliquer de manière très fréquente pour être protégé, ce qui dans le même temps n'est pas possible compte tenu de l'effet autobronzant », estime Pierre Cesarini, président de l'association médicale Sécurité Solaire. Entre solaire bronzant et produit autobronzant, même light, il faut donc choisir !


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