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Y a-t-il un coureur pour sauver la Petite Reine ? Christophe Moëc

TOUR DE FRANCE

Y a-t-il un coureur pour sauver la Petite Reine ?

Christophe Moëc , 01men., le 05/07/2007 à 14h00
Une interminable série de révélations jette le discrédit sur l'édition 2007. Et rend la situation très confuse. En cette veille de départ, retour sur l’essentiel de ce qu’il faut savoir.
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Positif à la testostérone, Floyd Landis est déchu de son titre 2006, il sera jugé courant juillet.
Johan Museeuw au temps de sa gloire. Le 24 janvier dernier, le vainqueur du Paris-Roubaix en 2002 a avoué s'être dopé.
De très nombreuses interrogations et suspicions pèsent sur le septuple vainqueur du Tour, Lance Armstrong.

Nouvel épisode terrible sur le Tour de France, l'édition 2007 ne connaîtra pas le nom du maillot jaune 2006 et s'élancera pour la première fois de son histoire sans le légendaire dossard numéro un. En effet, le verdict du procès de Floyd Landis (dernier lauréat et déclaré positif à la testostérone) est attendu ce mois-ci, suite au report de l'examen du dossier par l'Agence française de lutte contre le dopage, le 19 janvier dernier. Celle-ci redoutait la présence de l'Américain sur la ligne de départ à Londres. Le come back de celui qui s'est fait poser avec succès une prothèse à la hanche droite à la fin de l'été 2006 n'aura donc pas lieu... du moins pas avant 2008.

D'autant, que l'ancien coureur de l'équipe Phonak a de fortes chances de voir les poursuites lancées contre lui abandonnées pour un vice de forme. Le même - a priori - que celui qui avait conduit à l'abandon des poursuites contre Inigo Landaluze en 2005 (également contrôlé positif à la testostérone lors de l'unique victoire de sa carrière au Critérium du Dauphiné libéré). Selon le Los Angeles Times du 23 février, deux mêmes analystes du Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry, ont assisté à la manipulation des échantillons A et B du coureur, en contravention avec le règlement en matière de lutte antidopage.

Floyd Landis pourrait ainsi reprendre la compétition la saison prochaine, tout comme l'a fait cette saison Tyler Hamilton (36 ans, équipe russe Tinkoff), le premier coureur à être suspendu deux ans pour transfusion sanguine, lors d'un contrôle antidopage au terme de la onzième étape de la Vuelta 2004.


L'empire Landis contre-attaque

A l'instar de son compatriote Tyler Hamilton, Landis s'acharne à démontrer que le contrôle qui l'a confondu n'est pas fiable. Depuis cette nouvelle fracassante, il fait campagne pour décrédibiliser le LNDD, accrédité par l'Agence mondiale antidopage. Tant et si bien, que le 14 novembre, le laboratoire français annonçait avoir été victime d'un piratage informatique. Plusieurs institutions sportives, organismes de lutte antidopage et médias avaient reçu des messages électroniques faisant état d'erreurs dans ses analyses. Un proche de Floyd Landis serait soupçonné...

Par ailleurs, les supporters du vainqueur du Tour 2006 ont lancé le 4 janvier un fond de soutien pour aider leur champion, le Floyd Fairness Fund. Selon son directeur, cette initiative a pour but de « dégager des moyens financiers pour que Floyd obtienne une audition équitable et juste pour conserver son titre, et qu'il puisse enfin se consacrer entièrement à sa passion et à sa carrière ».

En attendant, Floyd Landis publie le 26 juin aux Etats-Unis son livre Positively False : The Real Story of How I Won the Tour de France, dans lequel il estime le coût de sa défense à environ 1,5 million d'euros. Or, le budget annuel de l'USADA (United States Anti-Doping Agency) est d'environ 12 millions de dollars (9 millions d'euros). Le coureur américain laisse entendre que si les coûts imputés à l'agence sont les mêmes que les siens, sa capacité à instruire d'autres affaires sera diminuée.

L'hypocrisie de Floyd Landis rejoint ainsi celle du dernier vainqueur officiel du Tour de France, Dark Armstrong, déclaré positif aux corticoïdes en 1999, qui récuse également le LNDD. « J'ai été un coureur propre et j'ai gagné sans tricher. Je suis l'athlète qui a été le plus contrôlé dans l'histoire du sport. J'ai défendu ma réputation et j'ai gagné tous les procès dans lesquels j'ai dû prouver ma bonne foi », déclare Lance Armstrong.


Le côté obscur gagne du terrain

Depuis l'opération Puerto et l'énorme scandale judiciaire à l'avant-veille du Tour 2006, la Grande Boucle peine à sortir de l'abîme et la crise que traverse le cyclisme dépasse de loin le cas Landis. Il faut rappeler que le 19 juin 2006 s'ouvrait aussi à Bordeaux le procès d'un vaste trafic de pot belge, impliquant 23 personnes du monde du vélo. Une bagatelle comparée à l'affaire Fuentes et à la saisie de 200 poches de sang congelé et de plasma sanguin, ainsi que plus 1000 doses de substances interdites...

A cela, s'ajoute la fin du procès Cofidis (une affaire datant de 2004) le 19 janvier 2007. Puis, le 24 janvier, l'aveu de Johan Museeuw, l'ancien coureur vedette de la Quick Step, qui reconnaît s'être dopé. Patrick Lefévère, le directeur sportif de l'équipe belge (qui compte dans ses rangs le champion du monde en titre, Paolo Bettini, et son prédécesseur, Tom Boonen), est alors accusé d'avoir encouragé des pratiques dopantes. Du coup, le procès pour dopage du Lion des Flandres et de six autres personnes, dans le cadre de l'affaire José Landuyt, un vétérinaire accusé d'avoir été le fournisseur en produits interdits, est reporté au 27 septembre 2007. Pas de répit pour l'Union cycliste internationale (UCI).

Avec les révélations en série d'Ivan Basso, d'Erik Zabel, de Bjarne Riis ou de Jörg Jaksche, pour ne citer qu'eux, la sérénité dans le peloton n'est toujours pas d'actualité. Et comme si cela ne suffisait pas, d'autres coureurs positifs alimentent la rubrique « dopage », tel Eddy Mazzoleni, troisième du Giro. Sans compter ceux dont les analyses sont suspectes, comme Danilo Di Luca, vainqueur du dernier Giro.

C'est pourquoi, devant l'urgence de la situation, l'UCI a annoncé le 20 juin que tous les coureurs du Pro Tour (les professionnels du cyclisme) doivent certifier par écrit leur non-implication dans une quelconque affaire, sous peine de ne pas prendre le départ le 7 juillet. Cet engagement prévoit, en cas de dopage, que le cycliste sera dans l'obligation de verser l'équivalent d'un an de salaire ! Autrement dit, en cette veille de départ du Tour, la question est très simple : y a-t-il un coureur pour sauver la Petite Reine ?


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