En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.FERMER  x
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...

Le dopage, une fatalité ?

Après les nouveaux et nombreux déballages publics et autres affaires de dopage, le Tour 2007 fera certainement date. Faut-il s'en réjouir ou bien le déplorer ?

laisser un avis
Alejandro Valverde, en noir, sera au départ du Tour 2007. Un problème de taille pour les organisateurs, vu que son nom apparaît souvent dans les révélations de ' nouveaux ' dopés.
A l'inverse de l'affaire Festina en 1998, les révélations de 2007 n'ont d'exceptionnel que leur grand nombre. Car le mécanisme du sport cycliste ne fait plus aucun mystère. Pour le public et les médias, après les années amphétamines en 1960, les années anabolisants en 1970, les années testostérone en 1980, les années EPO en 1990, à peine s'étonne-t-on de voir les années 2000 faire la part belle aux transfusions sanguines.
Et demain, les athlètes seront génétiquement modifiés, bref, une certaine routine s'est installée et semble inéluctable. ' Le dopage est au sport de haut niveau ce que le bâton est à la majorette : l'un va rarement sans l'autre ', peut-on lire sous la plume de l'ayatollah du doping, Willy Voet (ex-soigneur de l'équipe Festina).
Cependant, une chose frappante n'échappe à personne : pourquoi toujours exclusivement le cyclisme ? Cette question s'impose d'autant plus à tous les esprits que le docteur Eufemiano Fuentes (dont le procès a duré dix mois pour aboutir à un non-lieu) affirme qu'il comptait parmi ses clients de nombreux joueurs de tennis et de football.
Selon le médecin espagnol, ' il y a des sports davantage sans défense que d'autres ', d'ailleurs il sait de quoi il parle, pour avoir reçu des menaces de mort très persuasives, lors du procès... Ainsi, devons-nous peut-être nous réjouir de toutes les accusations contre le cyclisme, signe que la justice ne baisse pas les bras face à la mafia sportive.

Pas de véritable prise de conscience

Selon Anne Gripper, directrice antidopage de l'UCI,' Plusieurs coureurs considérés à haut risque et susceptibles de bien marcher sur le Tour, ont déjà subi trois ou quatre contrôles inopinés, alors que le programme antidopage 2007 de l'UCI requiert au minimum un contrôle inopiné par coureur et par saison. '
Pour Christophe Bassons, ancien coureur professionnel, de 1996 à 2000 (rapidement mis à l'index du peloton pour ses convictions éthiques), actuellement en charge de la lutte antidopage pour la région Aquitaine : ' Tout le monde est à bout cette année. Mais en dépit des récentes révélations, rien n'a changé, car il n'y a pas de véritable prise de conscience. Les aveux sont davantage motivés par la peur du gendarme et par la volonté de sauver au mieux sa peau en redorant son image ' Ainsi, Erik Zabel, qui sera sur la ligne de départ à Londres malgré ses aveux, a accompagné son geste d'un don de 100 000 euros pour aider les jeunes cyclistes !
Le constat est le même pour Jesús Manzano, l'ancien coureur de l'équipe Kelme, à l'origine de l'un des plus grands déballages sportifs, dans le journal espagnol As, en 2004. Reconverti en jardinier, celui qui a failli mourir sur les routes du Tour en 2003, s'effondrant à la suite d'une transfusion sanguine dont il ne connaissait pas la provenance, déclare désabusé dans L'Equipe du 5 juin : ' La vérité, c'est qu'en Espagne toutes les personnes que j'ai incriminées continuent d'exercer. ' Et, soulevant le problème de l'audience et de l'attrait pour le vélo, il poursuit, ' à part sur le Tour, il n'y a plus personne nulle part. Même les vaches ne sont pas dupes '.

Arrête-moi si tu peux

L'Espagne, mouton noir et plaque tournante pour le dopage, arrive en tête des statistiques de l'UCI du 20 juin sur les paramètres anormaux des coureurs, suivie par le Portugal et l'Italie. La présence de Alejandro Valverde (premier du classement UCI Pro Tour 2006) et d'Oscar Pereiro (deuxième du Tour l'an passé), tous deux cités dans l'affaire Puerto, cependant au départ de la Grande Boucle, est un véritable cauchemar pour les organisateurs de l'épreuve cette année.
D'ailleurs, si le virtuel vainqueur du Tour 2006 n'avait pas faxé en urgence son autorisation (AUT) à la prise de salbutamol (broncho-dilatateur pour asthmatiques) à des fins thérapeutiques, il aurait été suspendu pour deux ans. C'est là, toute l'ambiguïté de la lutte antidopage. D'un côté, elle sanctionne avec intransigeance et, de l'autre, elle se montre complaisante, voire permissive.
Que faire, surtout quand ceux qui dirigent aujourd'hui les coureurs sont pour la plupart d'anciens dopés ? Pour Francesco Moser, ex-transfusé lors de son record du monde de l'heure et président de l'Association internationale des coureurs cyclistes, on le sait, ' libéraliser le dopage serait la meilleure solution '. Mais comme le souligne Christophe Bassons, ' cette issue est un leurre, en vertu de l'équité et de l'égalité des chances, sans compter l'idéologie malsaine qui serait alors véhiculée auprès des jeunes '. En attendant mieux, le vieil adage ' pas vu, pas pris ', a encore de beaux jours devant lui.

En finir avec le dopage ?

Il est urgent d'apporter une réponse au phénomène du dopage, la pérennité du sport cycliste en dépend. Car, aujourd'hui, on ne se demande plus qui va gagner, mais qui va se faire attraper ? En paraphrasant Philippe Gaumont, auteur du livre Prisonnier du dopage, l'on peut dire aussi ' prisonnier de l'argent '. A la page 43, l'ex-coureur de Cofidis, qui a avoué, en 2004, avoir fait usage de substances dopantes durant sa carrière, explique comment l'achat de 15 000 euros par an de divers produits illicites, constitue un investissement irrésistible pour le coureur qui voit alors sa cote décupler et, par conséquent, ses revenus. Ne faudrait-il pas alors instaurer une grille de rémunération identique, pour le premier jusqu'au dernier du peloton ?
Pour Stéphane Huby, en revanche, auteur d'un annuaire du dopage, ' L'épuration en cours du peloton doit se poursuivre et même s'intensifier, jusqu'à complète disparition de la génération actuelle de coureurs et de dirigeants. Ce faisant, les sponsors vont se retirer progressivement, ainsi que la télévision ; le cyclisme devenu un sport mineur, pourra alors se reconstruire sur des bases saines. ' Cette position est donc sans appel pour le monde du vélo actuel et sans perspective d'avenir à court terme.
Il faut dire que la création de l'annuaire coïncide avec cette volonté de l'auteur de percer à jour la ' culture du dopage ', à la suite de l'affaire Festina. Malheureusement, le renouveau du cyclisme n'est pas pour demain, si l'on en juge par le ' droit à l'oubli ' invoqué par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (et mandatée par une poignée d'anciens dopés n'assumant pas leur passé) pour la fermeture du site de Stéphane Huby, en 2004.
C'est pourquoi, la liste de Stéphane Huby qui s'allonge inexorablement est aujourd'hui en partie anonyme. Reste à savoir maintenant si son serveur sera suffisamment costaud pour supporter l'intégration de toute la kyrielle des dopés 2007.

envoyer
par mail
imprimer
l'article
@01net sur
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
Coupe Davis : ça va être chaud !
Enfin du grand spectacle à Bercy ?
Où va le tennis féminin ?
Federer, presque à l'ordinaire
Benneteau, presque héros
Inacceptable Domenech !
Quand les gardiens brillent
Le sport français en plein renouveau
Les quatre à battre et pourquoi ?
Laurent Blanc au pied du mur
Les plus grosses bagarres dans le sport
L'année du PSG ?
Le résistant Mahut
A quand un Français en jaune sur les Champs-Elysées ?
Les grands retournements de situation dans le football
Coupe Davis : et si on la gagnait ?
100 mètres : un duel attendu
Les sommes folles de la Coupe du monde 2010
Lequel ne voulez-vous plus voir ?
Magic Black Stars