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Lewis Hamilton : « Sur PS3, je suis Kimi Räikkönen » La rédaction

INTERVIEW

Lewis Hamilton : « Sur PS3, je suis Kimi Räikkönen »

La rédaction , 01men., le 29/06/2007 à 11h32
Sensation de la saison en F1, Lewis Hamilton est en tête du championnat du monde des pilotes. A 22 ans, l'Anglais la joue pourtant modeste, sans doute pour mieux surprendre son coéquipier, Fernando Alonso.

Lewis Hamilton débute sa carrière en Formule 1 sur les chapeaux de roue. Il est un des plus sérieux prétendants au titre mondial dès sa première saison. Record sans précédent, il a terminé sur le podium à l'issue des sept premiers grands prix auxquels il a participé.

Peu d'experts du monde de la F1 étaient préparés à être les témoins des prouesses de cet originaire de Stevenage, dans la banlieue de Londres. Un jeune homme modeste, de 22 ans, qui sait saisir toutes les opportunités lorsqu'elles se présentent mais qui ne s'emballe pas pour autant.

01men : Lorsque vous êtes revenu d'Australie après avoir terminé troisième de votre premier grand prix, aviez-vous une idée de la façon dont vous alliez être accueilli au Royaume-Uni ?

Lewis Hamilton : J'en avais une petite idée, car des membres de ma famille et des amis m'avaient envoyé des textos pour m'expliquer que cela suscitait un certain intérêt, mais je ne me doutais pas vraiment à quel point. Quand je suis arrivé chez mes parents, j'ai trouvé des photographes qui attendaient devant la maison. C'était irréel. Je ne pouvais pas sortir. J'étais prisonnier dans ma propre maison.

On vous a interpellé dans la rue ?

Je suis allé faire un golf avec mon père et un groupe de personnes qui était devant nous sur le parcours s'est arrêté, a fait demi-tour car les gens voulaient me serrer la main et me dire « Bien joué ! ». C'était très sympa mais très surprenant. Je suis remarqué partout maintenant, mais ça va, ce n'est pas trop envahissant. Les gens viennent vers moi pour me dire « Félicitations, bon boulot ! », mais globalement ma vie est restée la même. Je suis un jeune homme normal et je continue à faire ce que j'ai à faire.

Vous aimez vivre au Royaume-Uni ?

Pour le moment j'aime bien vivre ici car je suis près de ma famille et de mes amis. Et comme je suis encore jeune, Londres est le meilleur endroit où je puisse être. Mais je n'ai aucune idée de ce qui va se passer lors des deux prochaines années. Si l'intérêt que je suscite continue d'augmenter, je pourrais peut-être reconsidérer la situation. Au niveau des impôts cela pourrait aussi devenir un problème. Mais pour l'instant, tout va bien.

A quoi ressemblait le jeune pilote de course à l'école ?

A l'école, on me demandait « Qu'est ce que tu fais ce week-end ? » et je répondais « Oh... du karting ». Mes copains me disaient alors « On viendra peut être te voir sur la piste ». Mais je n'y tenais pas trop pour bien séparer les deux univers et être tranquille. Si personne n'avait su ce que j'arrivais à accomplir en course automobile, cela m'aurait aidé à considérer l'école comme une échappatoire. C'était l'endroit où je pouvais avoir la vie normale de quelqu'un de mon âge, une vie d'enfant.

Les week-ends je n'ai jamais eu la chance d'aller en club ou dans les soirées qui étaient organisées. Lorsque vous dites que vous ne pouvez pas sortir parce que vous courez le week-end, vos amis pensent que vous voulez juste les épater. Un jour, vers la fin, j'ai dit aux autres que j'allais au Japon pendant une semaine pour courir et ils m'ont regardé sans aucune réaction et sans rien dire, les yeux vides. Ils n'avaient pas percuté.

Comment vous relaxez-vous en dehors des circuits ?

Je ne sors jamais le samedi soir. Faire la fête jusqu'à trois heures du matin n'est pas bon pour moi. Même si je ne bois pas, les atmosphères enfumées me rendent presque malade. Au lieu de cela, je reste tranquille à jouer sur l'ordinateur avec mon frère ou à regarder la télé. C'est une nuit cocooning pour moi.

Vous aimez jouer à des jeux sur ordinateur avec votre frère Nicholas ?

On joue sur une Playstation 3 où je suis Kimi Räikkönen dans un jeu de F1 car je n'y suis pas encore représenté ! J'essaie de suivre l'actualité des nouveaux jeux vidéo pour savoir quand je pourrais être moi-même... On s'amuse bien. Mon frère est vraiment très fort à ce jeu et oui... il lui arrive même parfois de gagner. Je suis très fort également et quand il gagne c'est à la régulière. Mais j'essaie toujours de ne laisser personne me battre.

Est-il vrai que votre frère aimerait suivre vos pas ?

Nicholas a sept ans de moins que moi et c'est un vrai personnage. Il a une paralysie cérébrale mais il a définitivement envie de faire quelque chose de spécial de sa vie, peut-être de la compétition sportive en fauteuil roulant ou bien quelque chose qui tourne autour de la F1. Nous sommes très proches et il me procure de vraies perspectives sur la vie. C'est un des membres de ma famille qui m'aide à garder les pieds sur terre.

Cela a-t-il été difficile de nourrir les grandes attentes dont vous faisiez l'objet ?

Lorsque je courais en GP2 [successeur depuis, 2005, du championnat international de Formule 3000, NDLR] au cours des deux dernières années, je me glissais dans le paddock pour déjeuner dans l'espace McLaren et je regardais Kimi [Kimi Räikkönen, qui a quitté McLaren pour rejoindre Ferrari en 2007, NDLR] aller dans sa chambre et j'espérais être à sa place un jour. Maintenant j'y suis et le rêve est devenu réalité.

J'aime vraiment beaucoup l'univers de la F1. Je me promène dans le paddock avec le sentiment d'être quelqu'un de normal et c'est étrange que tout le monde me voit comme un grand pilote de F1.

Pensez-vous être un des prétendants au titre cette saison ?

Il est nécessaire d'avoir foi en soi et de croire au succès pour pouvoir s'engager totalement, c'est vrai pour tout dans la vie en général. Tant que nous aurons une des deux meilleures voitures du circuit et que le team Vodafone-McLaren-Mercedes continuera à être une des deux meilleures équipes, il n'y a aucune raison pour que nous ne soyons pas prétendants aux titres de meilleur constructeur et de meilleur pilote. Nous avons besoin de garder nos acquis, de travailler encore plus sur la fiabilité de la voiture pour être sûr de terminer toutes les courses et de rester concentrés pour encore en améliorer les performances.

Quelle a été la réaction de votre famille et de vos amis lors de vos premiers grands prix ?

Ma famille m'a toujours encouragé et leur réaction a été normale. Ils ont toujours été très heureux et fiers. Mes amis, à part l'année dernière où il y a eu une bonne couverture des courses GP2 à la télé, n'avaient pas toujours la possibilité de voir ce que j'avais fait quand je leur en parlais. Mais lorsque vous voyez les choses à la télé cela devient différent et ils peuvent maintenant comprendre ce que je fais vraiment. Mes amis les plus proches sont fiers et m'ont dit « Et bien ! c'est là que tu as été pendant tout ce temps ? »

Vous avez la chance de pouvoir bien connaître votre coéquipier, le champion du monde Fernando Alonso. Comment se passe votre relation ?

C'est génial pour moi de pouvoir travailler aux côtés de Fernando Alonso pour ma première année en tant que pilote de Formule 1. J'apprends beaucoup de choses. J'étudie les données de courses pour savoir où je perds du temps et où je peux en gagner. Etre son coéquipier et travailler à ses côtés est une grande source de motivation.

©planet syndication


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