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Comment allez-vous ?

Keith Richards :
Je vais bien. Ça va bien mieux qu'après être tombé de mon perchoir
[en avril 2006, alors qu'il était en vacances aux îles Fidji, le guitariste s'est blessé en tombant
d'un cocotier, NDLR].
Je me sens aussi bien qu'avant, à la seule différence que, maintenant, j'ai six broches en titane dans le crâne. Le médecin était vert, tellement j'ai mis de temps à me réveiller après
l'opération.
A quelle hauteur étiez-vous lorsque vous êtes tombé ?

Mes pieds étaient à soixante centimètres du sol. Le problème, c'est que je n'ai pas pu me raccrocher à une branche. Je venais juste de me baigner avec Ronnie
[Ron Wood, autre guitariste des Rolling Stones,
NDLR],
il venait d'installer le hamac et nous étions en train de nous sécher. Joséphine et Patricia
[leurs épouses respectives, NDLR]
étaient parties déjeuner et le seul autre endroit où nous pouvions nous
installer était sur cet arbre presque horizontal. Alors je m'y suis assis... et je me suis cassé la figure.

Où êtes-vous à cet instant ?

Chez moi, dans le Connecticut. Je glande dans mon jardin, je nage un peu. Je regarde pousser le citronnier que j'ai planté à partir d'un pépin.
Ne l'escaladez pas tout de suite Keith !

Non, pour le moment, je le laisse tranquille.
Que faisiez-vous il y a vingt ans ?

En gros, exactement la même chose qu'aujourd'hui. Où étais-je il y a vingt ans ? Laissez-moi réfléchir...
Vous veniez de terminer l'album « Dirty Work », Mick Jagger ne voulait pas faire de tournée...

Ah oui ! C'était une période difficile pour les Stones. D'un seul coup, je n'avais plus de groupe. Mais c'est la vie. Tout partait en vrille.
Quel est le premier album que vous avez acheté en CD ?

Je n'ai jamais acheté de CD, on me les a toujours offerts. Ce que j'ai préféré en premier lieu, c'est lorsqu'ils ont commencé à sortir des super compilations de reggae ou de blues. Je trouvais ça génial, car je
cherchais le morceau depuis des années.
Et le premier morceau que vous avez téléchargé ?

Je laisse mes filles le faire. Je dis juste que je viens de penser à un morceau de Max Romeo ou de Lee Perry, et les filles le récupèrent pour moi. J'ai toujours regardé les ordinateurs en me disant que, de nos jours décidément,
tout le monde voulait devenir dactylo.
Quel est votre artiste préféré ces vingt dernières années ?

Je dois dire que Nora Jones a un talent énorme. C'est une très bonne interprète et j'aime les chanteuses et chanteurs qui jouent d'un instrument. C'est pour ça que Mick
[Jagger]
joue de
l'harmonica
[il est mort de rire].
Quelle a été votre plus grande erreur vestimentaire ?

C'est d'avoir prêté un jour mon costume de mariage à Mick. Il avait bu et il l'a complètement ruiné. Mick ne boit plus que du soda ou de l'eau.
[Rapidement]
C'est un homo refoulé,
vous savez.
Si vous pouviez vous parlez à vous-même et revenir vingt ans en arrière, quel conseil vous donneriez-vous ?

Continue de faire ce que tu fais, tu finiras comme moi. Et ne t'inquiète pas.
Votre drogue préférée ces vingt dernières années ?

La qualité a vraiment baissé. Et je n'aime pas la manière dont les nouvelles drogues agissent sur le cerveau, au lieu de passer juste par le système sanguin. Et vous vous adressez à quelqu'un qui en connait un rayon.
C'est pourquoi je n'en ai plus pris jusqu'à ce que j'y sois contraint : lorsque l'on m'a ouvert le crâne
[lors de son opération, NDLR].
On a dû me prescrire de la morphine pendant deux
semaines.
Vous vous l'êtes administré vous-même ?

C'était au médecin de décider des doses qui devaient m'être injectées.... J'ai essayé d'obtenir des petits extras auprès de l'infirmière de nuit.
[Sur le ton de la plaisanterie].
Elle était très conciliante.
Vous avez peur de la mort ?

Non, non. Je l'éloigne juste le plus loin possible. Mais qui sait, mec ? Cet arbre aurait pu me tuer. Comme beaucoup d'autres choses. Je ne pense pas au moment où cela arrivera. Mais quand j'en aurai terminé, il y
aura des pièces détachées pour tout le monde.
Votre accident, qui aurait pu être fatal, vous a-t-il effrayé ?

C'était une simple caresse.
Où serez-vous dans vingt minutes ?

J'attends Bob Dylan. Il est en répétition en bas de la rue. Et je n'aurai rien d'autre à faire que de le saluer et de lui proposer de rentrer.

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