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Wayne Rooney, le talent à l'état… brute Claude Ladret

FOOTBALL

Wayne Rooney, le talent à l'état... brute

Claude Ladret , 01men., le 02/05/2007 à 15h05
Bagarreur et flambeur – ses dettes de jeu ont atteint jusqu'à 1 million d’euros –, le gamin des quartiers défavorisés de Liverpool, s’affirme pourtant à 21 ans avec Manchester United comme l’un des meilleurs joueurs au monde.
PHOTOS
Wayne Rooney, le nouveau « bad boy » du foot anglais ?
L'accueil chaleureux des fans d'Everton pour le retour de Rooney, passé à l'ennemi, Manchester United.
Rooney expulsé en Coupe du monde, la polémique enfle encore en Angleterre.
En 2004, Thomasz Radzinski reçoit un baiser de Rooney, pour avoir marqué contre Arsenal avec Everton.

Sa courte vie est déjà un roman. Ou plutôt une biographie. Celle que l'éditeur anglais Harper and Collins vient de lui faire signer en exclusivité pour 7,5 millions de livres. Soit près de 5 millions d'euros pour les mémoires d'un gosse de 21 ans qui bouscule sans ménagement l'ordre établi. Une biographie en cinq volets, le premier s'intitule My story so far, qui se poursuivra sur les douze prochaines années. C'est à dire jusqu'à l'âge de la retraite. Démesuré, tout comme la vie de Wayne Rooney, un gamin plutôt rond, et plutôt bon au foot, qui a grandi à l'ombre des briques rouges d'un quartier défavorisé de Liverpool, Croxteh.


Le petit prodige de Liverpool

Avant de devenir une star mondiale, un monstre de physique et de technique, explosif et malicieux, qui fait les beaux jours de Manchester United, le petit « John Wayne Rooney », ainsi surnommé par ses potes, tous originaires de l'estuaire de la Mersey, découvre le sport dans son expression la plus brutale. Son père, boxeur, lui inculque certaines valeurs, dont la sueur, le sang et les larmes. La vie est un combat et le jeune Wayne ne l'oublie pas. Même si, à l'âge de 9 ans, son destin bascule une première fois.

Cette année-là, en 1994, alors qu'il joue au foot pour le petit club de Copplehouse dans la Walton & Kirkdale Junior League, un certain Bob Pendleton, recruteur attitré d'Everton, le repère. Il est vrai que le petit rouquin bourru et agressif vient juste de terminer la saison avec... 99 buts au compteur. Everton, le club de coeur de toute la famille plutôt que les Reds, l'ennemi juré, craché et vomi.

Au sein d'une vraie structure, Wayne Rooney laisse alors éclater tout son talent. Cette petite boule de nerfs a visiblement en lui ce petit quelque chose qui fait les grands joueurs. Sir Alex Ferguson le comprend rapidement et le recrute fin août 2004 pour la somme record de 44 millions d'euros, faisant de Rooney le jeune de moins de 21 ans le plus cher de l'histoire du football.

Lob de Rooney avec Manchester United contre Portsmouth


« On ne sait jamais ce qu'il va faire... Lui non plus ! »

Des records, le rouquin en abat quelques-uns et construit ainsi sa légende. En août 2002, à l'âge de 16 ans, il joue son premier match de championnat et devient deux mois après le plus jeune joueur à marquer en Premier League, qui plus est face à Arsenal qui restait sur une série de trente matchs sans défaite. Un an plus tard, en février 2003, il est sélectionné pour la première fois en équipe nationale, il entre en jeu contre l'Australie à 17 ans et 111 jours. Quelques semaines plus tard, il devient le plus jeune buteur de la sélection en inscrivant un but contre la Macédoine. Rooney n'a que 17 ans et 317 jours.

La légende est en marche et cette « Roo mania » dépasse vite les frontières de la perfide Albion. Le gamin possède heureusement un contrat en béton à MU, mais également des poches trouées. Les tabloïds anglais le font rapidement savoir. L'un d'entre eux affirme ainsi que Wayne a, à une époque, pour plus de 700 000 livres (soit 1 million d'euros) de dettes de jeu. Tous les terrains verts ne se ressemblent pas.

S'il possède l'art de l'esquive balle au pied, le gamin ne maîtrise pas encore complètement le maniement des cartes. Il faut l'intervention énergique de son entraîneur pour le sortir des tripots. Après le jeu, il en est un autre qui amuse beaucoup le petit génie en culottes courtes. L'amour avec des prostituées de Liverpool. Le scandale éclabousse une nouvelle fois la Une d'un tabloïd, mais ne perturbe pas plus que cela l'intéressé, qui aime simplement goûter à toutes les expériences de la vie.

Malgré toutes les tentatives de déstabilisation dont il est l'objet de la part de la presse à scandale, Wayne Rooney continue à progresser et à semer la zizanie dans toutes les défenses du Royaume. « Je ne connais pas d'attaquant plus cauchemardesque à neutraliser que Wayne. C'est un génie. Quand il a la balle dans les pieds, on ne sait pas ce qu'il va faire et lui non plus... », soutient John Terry, défenseur central et capitaine de Chelsea, également son partenaire en équipe nationale. Le gamin ne doute de rien et se balade régulièrement avec un tee-shirt sur lequel est inscrit : No fear (sans peur).


Sexe, baston, jeu et football !

« On lui demande beaucoup, écrit James Lawton dans The Independant, l'un des plus féroces chroniqueurs anglais. Ce que Rooney apporte, c'est quelques chose d'inclassable, d'imprévisible, comme une soudaine rafale du plus capricieux des vents. C'est l'instinct qui lui permet de se trouver à la bonne place au bon moment et pas seulement après une course élégante, mais grâce à une migration naturelle et instinctive vers les zones de danger. » Pourtant, le génie mancunien met quelques années à maîtriser son caractère et ses pulsions destructrices.

Le fils de boxeur a encore un peu trop tendance à laisser s'exprimer son tempérament agressif. Trop souvent exclu du terrain par l'arbitre, lâché par ses sponsors (Nike, Nokia, Ford, Coca-Cola entre autres), et plus particulièrement par EA Sports - qui souhaitait associer l'image du rebelle à ses nouveaux jeux vidéo pour les éditions FIFA 2007, 2008 et 2009 - se pose la vraie question : « Doit-on vraiment continuer à travailler avec un type qui prend un rouge tous les trois matchs ? » Ou qui peut détruire l'équilibre de son équipe nationale en se faisant bêtement expulser, comme lors de la dernière phase finale de la Coupe du monde qui s'est disputée en Allemagne ?

Le 1er juillet 2006, à Gelsenkirchen, en quarts de finale du Mondial, l'Angleterre affronte le Portugal. A la soixante-deuxième minute, Wayne Rooney ne trouve rien de plus intelligent que d'écraser les testicules de Ricardo Carvalho. Fort logiquement, l'arbitre, encouragé par Cristiano Ronaldo, son partenaire de club à MU, expulse le rouquin. L'Angleterre est éliminée. La campagne de presse peut débuter. Génie ou bourrin ? De l'autre côté de la Manche, la question revient tous les jours.

L'expulsion de Rooney contre le Portugal en quarts de finale du Mondial 2006


21 ans et déjà récidiviste

Quelques années auparavant, le 26 décembre 2004, jour de Boxing Day, Rooney frappe gentiment Tal Ben Haïm, le défenseur de Bolton, qui s'écroule aussitôt. Expulsé, puis suspendu trois matchs par la fédération, le boxeur amateur jure pourtant qu'il ne remettra plus jamais le couvert et s'explique : « Je ne comprends pas, je lui ai mis un petit coup et il s'est écroulé comme un "sac de merde", comme si je lui avais collé un uppercut. Mais bon, je ne le referai plus. Ce qui est étonnant, c'est que je n'ai pas ce genre de comportement en dehors du terrain. Sinon ma mère me cogne et me remet vite dans l'axe ! » Tout s'explique. Papa comme maman sont boxeurs.

Sacré meilleur jeune de l'année 2005, vainqueur avec Manchester United de la Coupe de la ligue en 2006, le quatrième joueur le mieux payé au monde (16,1 millions d'euros annuel) pourrait, cette saison, étoffer son palmarès. Son club compte cinq points d'avance sur Chelsea, le deuxième, en championnat et va surtout disputer une demi-finale décisive face au Milan AC en Ligue des champions.

Lors du match aller, le 24 avril dernier, « John Wayne Rooney » dégaine. Deux buts contre le club du grand Maldini et une victoire, 3 à 2. Cela sera-t-il suffisant pour ouvrir les portes de la finale à MU ? Si son petit prodige se contient et continue de surfer sur la vague de la réussite qui est la sienne en ce moment, alors personne ne pourra arrêter le petit taureau ailé.


FORUM 1 avis
Wayne Rooney, le talent à l'état… brute
fan africain
posté le 26/06/2008 11:40:25 par franki
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