Le Printemps de Bourges lance la saison des festivals de musique du 17 au 22 avril. Une occasion de revenir sur son histoire et sur son éclectisme qui fait se côtoyer Juliette Greco et Abd al Malik.
Le Printemps de Bourges est le plus ancien des festivals de musiques actuelles en France. Retour sur son histoire et son identité avec son directeur de la communication, Fernando Ladeiro-Marques.
01men. : Dans quel esprit s'est créé le Printemps de Bourges ? Fernando Ladeiro-Marques :
Il y a trente ans, certains artistes n'avaient pas le droit de cité dans les médias comme Bernard Lavilliers ou Jacques Higelin. Le Printemps de Bourges s'est créé dans un esprit de rébellion,
pour faire découvrir ces artistes. Aujourd'hui, les choses ont changé. Nous ne sommes plus dans la contestation mais nous gardons cette identité axée sur la découverte : près de 80 % des artistes que nous programmons ne sont pas connus du
grand public.
Qu'est-ce qui distingue aujourd'hui le Printemps de Bourges des autres festivals musicaux français ?
La variété et l'équilibre de la programmation. Nous ne sommes ni un festival de rock, ni un festival francophone. Et nous ne sommes pas un festival de plein air où les gens achètent un billet et naviguent entre trois ou quatre scènes. Nos
concerts ont lieu dans une dizaine de salles. L'ambiance est forcément différente et on doit limiter le nombre de spectateurs.
Quels sont les artistes que le Printemps de Bourges a contribué à révéler ?
Renaud avec son premier vrai concert, Charlélie Couture, Bernard Lavilliers, Hubert Félix Thiéfaine, Jacques Higelin, Zebda, Juliette, Jeanne Cherhal, Anaïs. On a aussi accueilli des groupes étrangers connus dans leur pays mais encore
ignorés en France comme Cure en 1982 ou U2 en 1983, et plus récemment les Artic Monkeys.
Quel est le profil de votre public ?
Le public est jeune : de 15 à 25 ans pour 80 à 85 % des festivaliers. Et près de la moitié vient de la très grande région
[l'agglomération de Bourges, NDLR].
Les autres sont originaires de grandes villes
comme Paris, Marseille ou Lyon.
chronologie
Le festival en chiffres
- 3 229 artistes et groupes depuis 1977.
- Environ 5 millions d'euros de budget.
- 10 salles de spectacles.
- 50 000 spectateurs en salles chaque année.
- 200 000 festivaliers avec les bars et les scènes ouvertes.