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Paris-Roubaix : sur les pavés… la rage ! Christophe Moëc

CYCLISME

Paris-Roubaix : sur les pavés... la rage !

Christophe Moëc , 01men., le 13/04/2007 à 14h00
Rendez-vous incontournable de l’exploit physique, où chaque secteur pavé constitue un morceau de bravoure, l'Enfer du Nord fête sa 105e édition. Anatomie d’une course exemplaire dédiée à l’héroïsme sportif.
SOMMAIRE
  • Paris-Roubaix : sur les pavés... la rage !
  • Roger de Vlaeminck, Monsieur Paris-Roubaix
  • PHOTOS
    Les pavés, mais aussi la météo, font généralement de cette course un véritable enfer.
    Johan Museeuw montre sa jambe par défi, en 2000. En 1998, il s'était brisé le genou sur la même épreuve.

    L'Enfer du Nord est une course d'un autre temps. Les téléspectateurs ne s'y trompent pas, ils sont chaque année environ 18 millions dans le monde (et près de 3 millions en France) à suivre l'une des plus anciennes épopées cyclistes. Le public fidèle au rendez-vous sait qu'il se passe toujours quelque chose sur ces effroyables pavés.

    Lors de l'inauguration en 1968 du désormais mythique secteur Wallers-Arenberg, 30 000 spectateurs étaient présents le long de ses 2 400 mètres. C'est là, en 1998, que Johan Museeuw chute lourdement, se faisant une fracture de la rotule avec complication. Mais en 2000, lors de son second succès à Roubaix - le premier date de 1996 -, il montrera fièrement sa jambe sur la ligne d'arrivée, comme pour mieux exorciser le mal passé.

    La course fascine car elle est un long supplice, au cours duquel la cruauté règne à chaque instant pour le plus grand des suspens sportifs. Aucun concurrent n'est à l'abri du châtiment, même le plus fort, comme Jacques Anquetil, qui n'a jamais pu inscrire l'épreuve à son palmarès. En 1958, le vélo du quintuple vainqueur du Tour de France crève à treize kilomètres du but.

    En 2001, sur 190 participants, seuls 55 rallieront l'arrivée, Servais Knaven en tête. Le Paris-Roubaix est, par nature, une course usante et stressante. Rien n'est jamais perdu ni gagné d'avance, jusqu'à l'entrée dans le vélodrome. Mais, là encore, il faut rester vigilant pour remporter le sprint en cas d'arrivée groupée. En 2003, Peter van Petegem a ainsi donné une remarquable leçon de placement à Dario Pieri, son dauphin.

    « Je ne reviendrai jamais ! », a d'abord déclaré Franco Ballerini, battu d'un cheveu sur la ligne en 1993. Puis, double vainqueur en 1995 et en 1998, il s'est expliqué : « On se prend des coups mais il ne faut pas refaire les mêmes erreurs, et quand tu l'aimes comme moi je l'ai aimée, un jour ou l'autre, tu la gagnes. »


    Seul l'acharnement peut permettre de triompher

    Par tous les temps, le Paris-Roubaix est un enfer. Enfer pluvieux, donc glissant et boueux, ou bien enfer aride, donc poussiéreux. Dans les deux cas, la visibilité et la lisibilité tactique ne sont jamais aisées. Par temps sec, les coureurs peuvent rouler sur les bas-côtés mais alors ils n'échappent pas aux crevaisons. Comme en 1996, pour Johan Museeuw, confronté à cet incident pour la seconde fois au plus mauvais moment de la course, à huit kilomètres de l'arrivée. Il remportera néanmoins son premier succès.

    Pour vaincre à Roubaix, il faut en effet savoir surmonter de multiples obstacles, presque toujours inévitables. En effet, les trajectoires imposées par les pavés font que lorsqu'un coureur tombe ou glisse, il est souvent difficile pour celui qui le suit de l'éviter. Autre embuscade courante : lorsqu'il pleut, les nids-de-poule et les ornières sont invisibles, car gorgés d'eau. L'édition de 1970, pour le second des trois sacres d' Eddy Merckx, s'est même déroulée sous la neige ! Un enfer glacé qui en fait voir de toutes les couleurs.

    Redresser le guidon ou resserrer telle partie mécanique n'est pas rare, étant donné l'impact des vibrations et/ou des chutes. D'ailleurs, pour atténuer les secousses, les coureurs superposent plusieurs couches de guidoline (ruban que l'on colle sur le guidon, NDLR). En 1993, pour son second succès consécutif, Gilbert Duclos-Lassalle avait même équipé son vélo d'une fourche télescopique (susceptible de mieux absorber les chocs). Une chose est sûre, seul l'acharnement peut permettre de triompher à Roubaix. Gilbert Duclos-Lassalle en sait quelque chose, qui compte plus de dix-sept participations, dont la fameuse édition de 1980 où il chute et crève deux fois, contraint de laisser la victoire à Francesco Moser.


    Une course exigeante car polyvalente

    « Chaque fois que j'ai gagné le Paris-Roubaix, je n'ai jamais crevé, observe le quadruple vainqueur Roger de Vlaeminck. Il faut être en grande condition et être lucide pour choisir les bonnes trajectoires. » Ainsi, aux nombreux ingrédients du supplice, il faut ajouter la difficulté stratégique. La gestion de l'effort est toujours un véritable casse-tête pour les coureurs. Tout est une question de dosage : s'économiser ou prendre le moins de risques possible, il faut savoir trouver le juste milieu.

    Le bon placement est une épreuve à elle toute seule. Car l'enchaînement des secteurs pavés atomise sans cesse le peloton, il faut donc à tout prix chercher à éviter les cassures. Mais il faut aussi savoir se préserver des chutes et des crevaisons, sans gaspiller trop d'énergie. A tel point que, dès les premiers secteurs pavés, on assiste à de véritables sprints, alors qu'il reste encore plusieurs heures de course avant l'arrivée !

    Le Paris-Roubaix est une course exigeante car polyvalente. Elle requiert une très grande puissance musculaire, des jambes comme des membres supérieurs, pour absorber les chocs des pavés et diminuer l'effet rodéo. Mais pour conserver la maîtrise de ses trajectoires, il faut savoir agir avec une extrême délicatesse et de la souplesse dans ses gestes. Pour Bernard Hinault, les pavés engendrent « le foutoir ». Et, peu après son succès en 1981, il déclara même que cette course était « une cochonnerie ».

    « Hinault ou Raas ont gagné parce qu'ils étaient de grands coureurs, mais ils n'étaient pas doués pour les pavés. Même Eddy Merckx n'était pas fait pour les pavés. Il l'a gagné trois fois parce que c'était Merckx », analyse Roger de Vlaeminck, qui savait dompter les pavés mieux que personne.

     

    L'Enfer du Nord

    Trois Mapei à l'arrivée. Le « gagnant »? Johan Museeuw !


    Suite du dossier
    >>> Roger de Vlaeminck, Monsieur Paris-Roubaix


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