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Vitesse par équipes : la fusée française

En décrochant la médaille d'or aux championnats du monde, l'équipe tricolore de vitesse par équipes confirme son hégémonie dans la discipline. Et prend au passage une sérieuse option pour les JO de Pékin.

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Florian Rousseau, Laurent Gané et Arnaud Tournant : l'équipe championne olympique en 2000.
Aux championnats du monde de cyclisme sur piste, à Palma de Majorque, en Espagne, l'équipe de France de vitesse par équipes est parvenue jeudi 29 mars 2007 à conserver son titre mondial. Grégory Baugé, Mickaël Bourgain et Arnaud Tournant, qui composent le trio gagnant, se connaissent bien : cela fait déjà trois années consécutives qu'ils défendent les couleurs françaises dans cette spécialité reine.
Mais en 2005, pour leur baptême, ils étaient passés complètement à côté du sujet, ne terminant même pas sur le podium. Cette contre-performance leur avait d'ailleurs valu d'essuyer de sévères critiques. Car l'excellence des pistards français depuis l'inscription de l'épreuve par équipes au programme des championnats du monde en 1995 avait fini par créer des attentes, voire des habitudes, auprès du public.

Prouesse de régularité et de longévité

C'est pourquoi l'an passé, sur leurs terres, à Bordeaux, ils avaient donc répondu en décrochant l'or et en allant carrément chercher le record mondial de la discipline. Avec une victoire acquise pour deux millièmes de seconde seulement, et même en l'absence de record mondial, ce nouveau succès reste historique, car désormais la France compte huit médailles d'or, décrochées en une décennie ! Prouesse de régularité et de longévité des pistards tricolores, vraisemblablement sans équivalent à ce niveau de la compétition dans les autres sports.
Dès lors, sans orgueil ni esprit revanchard, en rééditant l'exploit, les trois Français confirment leur domination et prennent une sérieuse option pour les Jeux olympiques de 2008.
Comment notre trio magique est-il organisé ? Grégory Baugé (22 ans) occupe le poste stratégique de démarreur. Lors de ces mondiaux, il a bouclé les 250 premiers mètres, soit un tour de piste, en 17,3 secondes (contre 17,4 l'année dernière). Et il a décroché une brillante médaille d'argent en vitesse individuelle, juste derrière le tenant du titre néerlandais Théo Bos, déjà vainqueur en 2004.
Mickaël Bourgain (27 ans) occupe le poste de relayeur. En 2004, il était champion du monde de vitesse par équipes et troisième à Athènes, aux côtés de Laurent Gané et d'Arnaud Tournant. Cette année, il a décroché la médaille de bronze en vitesse individuelle, derrière son compatriote et ami Grégory Baugé. Preuve que le sprint français se porte très bien.
Arnaud Tournant (29 ans) est le finisseur de l'équipe, mais il est surtout le pistard le plus titré du circuit. Déjà champion olympique en 2000, aux côtés de Laurent Gané et de Florian Rousseau, il compte, à lui tout seul, pas moins de treize titres mondiaux (quatre en kilomètre, huit en vitesse par équipe et un en vitesse individuelle). En prime, il est également, depuis 2001 à La Paz, le recordman du monde du kilomètre en 58,875 secondes !

Vers un nouveau titre olympique en 2008 ?

En toute logique, on devrait donc retrouver le trio gagnant à Pékin, où la concurrence sera très rude. Les tricolores devront compter sur l'Allemagne, championne olympique en titre en 2004 et déjà double championne du monde de vitesse par équipes (en 1995 et en 2003). Mais la menace directe pourrait bien venir de Grande-Bretagne. Car les Anglais auront à c?"ur de redorer leur blason après une médaille d'argent en 2000 aux JO, derrière la France, et deux années consécutives sur la deuxième marche du podium en championnat du monde (en 2006 et en 2007).
La France, à nouveau championne olympique de vitesse ? Les raisons d'y croire sont nombreuses. D'une part, Florian Rousseau, ancien chef de file de la piste française des années 1990 et triple champion olympique, est aujourd'hui l'entraîneur national. C'est un avantage indéniable.
D'autre part, il est certain que la relève est déjà assurée en la personne de Grégory Baugé qui, à 22 ans seulement, possède encore une marge de progression. Même chose pour François Pervis (23 ans), une étoile montante lui aussi, sur qui l'on pourra compter le moment venu en vitesse par équipes. Cette année, dans l'épreuve phare du kilomètre, il a terminé deuxième, juste derrière Chris Hoy, l'Ecossais champion olympique en titre qui a remporté en Espagne son quatrième succès mondial.
Enfin, citons Kevin Sireau (20 ans), sans doute le Français le plus malchanceux de ces championnats puisqu'il s'est fait ' serrer ' dans les balustrades par l'Australien Mark French (disqualifié), l'empêchant d'accéder à la finale du keirin (six à huit coureurs s'affrontant sur une distance de 2 000 mètres). Rappelons qu'il fut sacré en 2006 double champion de France de vitesse et de keirin et qu'il a terminé à la cinquième place des championnats du monde du kilomètre, la même année.

Une longue tradition d'exigence

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Chez les pistards français, le succès de ces dernières années, tant chez les hommes que chez les femmes, s'enracine dans une longue tradition héritée des années 1960 et 1970, avec Pierre Trentin et Daniel Morelon.

Pas de podium malheureusement, cette année, pour les féminines, mais de beaux espoirs en perspective. Sandie Clair et Virginie Cueff terminent quatrièmes de la vitesse derrière les Australiennes. Précisons qu'elles n'ont respectivement que 19 et 18 ans !

Pierre Trentin fut champion olympique du kilomètre en 1968. Mais il fut également champion du monde de cette discipline en 1966 et de vitesse en 1964. Quant à Daniel Morelon, il fut double champion olympique de vitesse en 1968 et en 1972, et sept fois champion du monde de vitesse individuel entre 1966 et 1975 !

La piste hexagonale, que ce soit sur le plan de l'encadrement ou bien en interne chez les coureurs, bénéficie d'une inter-émulation incomparable. Ainsi, de génération en génération, se perpétue le goût des performances et l'exigence des résultats au plus haut niveau. C'est peut-être là qu'il faut chercher le secret des pistards français, un cercle vertueux engendrant toujours de nouvelles vagues de puncheurs capables de rouler à plus de 70 km/h.

L'entraîneur de l'équipe de France, Daniel Morelon, encourage Laurent Gané à la finale de vitesse aux JO d'Athènes, en 2004.

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