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PHOTOS
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| De gauche à droite, Jean-Pierre Jarier, Jacques Laffite, Philippe Alliot, Alain Prost, Patrick Tambay, René Arnoux, François Hesnault et Jean-Pierre Jabouille. |
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| Sébastien Bourdais et ses trois titres de ChampCar ; au premier plan, le propriétaire de son écurie, l'acteur Paul Newman. |
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| Franck Montagny (à droite), troisième pilote chez Toyota pour la saison 2007 : il tentera de prendre la place de Jarno Trulli (au centre) ou de Ralf Schumacher. |
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| Pour Alexandre Premat, la F1, c'est fini. Son avenir est en Super Tourisme (DTM), chez Audi. |
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| Nicolas Lapierre entame cette année sa troisième saison en GP2, l'antichambre de la F1. |
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| Nicolas Prost disputera Les 24 Heures du Mans 2007, chez Oreca au mois de juin prochain. |
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En 1983, il y avait six pilotes français en Formule 1. A l'issue de la saison, ils cumulaient 8 victoires et 157 points au championnat du monde en 76 Grands Prix, aucune nation n'a jamais fait aussi bien. Dans
les années 80, les pilotes français avaient la cote, ils remportaient 34 % des courses. Alain Prost, Patrick Tambay, Jacques Laffite, René Arnoux et consorts composaient alors une équipe de France au sommet de son art. 23 ans plus
tard, seul Franck Montagny court, et encore, il n'a fait qu'assurer l'intérim le temps de sept Grands Prix (4 abandons et 3 places au-delà de la quinzième) lors de la saison 2006. Pire en 2005, pour la première fois en
quarante ans, aucun Français n'a participé à la saison de Formule 1. Comment la formule 1 française, autrefois si brillante, est-elle tombée si bas ?
« Le talent existe »
A consulter les grands anciens comme Patrick Tambay, il ne fait aucun doute, pour eux, que du côté français
« le talent existe ».
L'ancien vainqueur d'Hockenheim en 1982 et d'Imola
en 1983 évoque ainsi les parcours des pilotes Franck Montagny, Alexandre Premat et surtout Sébastien Bourdais.
« Si on se souvient de Jacques Villeneuve, lui aussi issu du ChampCar, son arrivée en F1 avait été un
succès : la première année
(1996, NDLR)
, il devait gagner et la seconde
(1997, NDLR)
, il était champion du monde ! ».
Sébastien Bourdais, triple champion du monde de
ChampCar - une performance jamais égalée en trente ans de compétition aux Etats-Unis -, n'a pourtant pas obtenu de place pour la saison 2007. Il a, certes, effectué quelques essais chez
Toro Rosso
, devançant les pilotes titulaires, mais ça n'a pas suffit. Doit-on s'en étonner pour autant ?
Le passage du ChampCar ou de l'Indy à la F1 est une pratique courante depuis au moins trois décennies. Des pilotes comme Emmerson Fittipaldi, Mario Andretti, Nigel Mansell ou Jacques Villeneuve sont parvenus à décrocher le titre dans
les deux catégories. Mais depuis une dizaine d'années, la source semble s'être tarie. Les récentes expériences d'Alex Zanardi, de Juan Pablo Montoya ou de Michael Andretti ont quelque peu refroidi les ardeurs des patrons d'écurie. Une prudence
que Sébastien Bourdais justifiait dans les colonnes de
L'Equipe
au mois de novembre dernier :
« Entre les deux voitures, l'écart se situe à quelque chose comme 5 secondes sur le circuit de
Montréal.
Une ChampCar pèse 750 kilos pour 750 chevaux, alors qu'une F1 ne fait que 600 kilos pour une puissance légèrement supérieure. Et il n'y a même pas de comparaison possible en matière
d'investissement : le rapport est
grosso modo
de 1 à 12. Une F1, c'est 159 millions de francs suisses par saison et par monoplace, 12,7 millions en ChampCar. »
Être plus qu'un pilote
Selon Patrick Tambay, Toro Rosso réserve une place à Bourdais pour la saison 2008. C'est à cette date que l'écurie de la marque
Red Bull
souhaiterait s'attaquer au marché français. Et devrait faire du pilote français un porte-drapeau idéal. Aujourd'hui, il
ne suffit donc plus d'être un bon pilote, il faut aussi avoir une valeur marketing et même, un bon carnet d'adresses. Deux disciplines dans lesquelles les Français ne sont pas les meilleurs, loin de là.
La Formule 1 est un sport qui coûte très cher. Les pilotes choisis sont ceux qui savent attirer les investisseurs sur leur nom tout en alliant un niveau certain. Si les Français n'ont rien à envier à leurs homologues étrangers pour
ce qui est de la conduite, il n'en va pas autant pour ce qui est du soutien financier. Alexandre Premat, autre espoir tricolore l'explique clairement sur son site Internet :
« Les budgets des petites écuries tournent
autour de 100 millions d'euros. Mais la Formule 1 est un formidable laboratoire pour les jeunes ingénieurs. Ils travaillent en grandeur nature sur des points techniques précis : la motorisation, les suspensions, les
systèmes de freinage, les pneumatiques qui intéressent les grands constructeurs. Ces développements coûtent beaucoup d'argent. Le problème des pilotes tricolores, c'est que souvent nous n'arrivons pas à répondre à toutes les
conditions financières posées par les écuries car les entreprises ne nous suivent pas assez en France. Le sport automobile n'est pas à la mode. Conséquence, les investisseurs se font de plus en plus rares. »
Aucun pilote ne fait aujourd'hui carrière sans le soutien d'une grande marque. Même Ayrton Senna, via la banque brésilienne Nacional, et Alain Prost, par l'intermédiaire de Marlboro, ont été « portés » en leur
temps. Si les Français souffrent tant aujourd'hui, c'est en partie à cause de la loi Evin de 1991. En interdisant la publicité pour l'alcool et le tabac, elle a limité les possibilités de soutien pour les pilotes français, qui doivent
courir... plus que les autres après les sponsors. La France dispose pourtant d'autres atouts en F1, notamment la présence d'un grand constructeur performant comme Renault. Pilote au cours de 123 Grands Prix entre 1977 et 1986, Patrick
Tambay se souvient :
« A l'époque Elf et François Guiter voulaient trouver et former un remplaçant au regretté François Cevert, d'où cette sponsorisation et ce soutien important à toute une génération de
pilotes. »
Mais aujourd'hui, cette politique a changé. C'est Flavio Briatore qui a la main sur le recrutement des pilotes de l'écurie française, et ce dernier n'a pas souhaité prendre de Français, notamment Bourdais avec
lequel il ne s'entend pas, quitte à maintenir en place des pilotes aux résultats discutables comme
Giancarlo Fisichella
.
Autre dimension à prendre en compte, le nom du pilote. Il est évident que s'appeler Villeneuve (Jacques), Hill (Damon),
Rosberg (Nico)
, Prost (Nicolas), Piquet (Nelson Jr) ou Rahal (Graham), ça aide si on a le
talent... mais ça ne suffit pas.
« Aujourd'hui les pilotes français doivent se mettre en situation de valorisation et de reconnaissance de leur talent par d'autres moyens : courir à l'étranger en
est un, représenter des valeurs physique, intellectuelle, technique, médiatique, relationnelle, de marketing en plus de leur valeur et de leur talent de pilote »,
justifie Patrick Tambay. De ce point de vue, celui qui a le
mieux appliqué ces recettes et qui semble le plus proche d'une place de titulaire en F1, c'est encore Sébastien Bourdais car pour Red Bull, par exemple, sa valeur marketing importante vaut aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. En plus de son
talent de pilote, c'est sans doute cet aspect qui lui garantit le meilleur avenir à moyens termes parmi tous les coureurs automobiles français.
Montagny, dernier espoir français avant 2008 ?
Pour 2007, seul Franck Montagny semble pouvoir espérer quelque chose. Actuellement troisième pilote chez
Toyota
, il n'est pas loin de pouvoir prendre la place d'un
Jarno Trulli
qui n'est pas au top depuis plusieurs mois. 12e du championnat du monde 2006, l'Italien
devra réaliser un bon début de saison pour repousser le Français. Le cas de Sébastien Bourdais devrait, quant à lui, se décanter à partir de la saison prochaine où il ne sera plus sous contrat avec l'écurie Newman-Haas. 2007 devrait être pour
lui l'occasion de remporter un quatrième titre consécutif en ChampCar, sa saison reprenant à Las Végas le 8 avril prochain. En 2008, alors libre de tout engagement, il devrait trouver preneur dans l'une des 11 écuries de l'épreuve
reine de la course automobile.
La page F1 semble, en revanche, tournée pour Alexandre Premat qui n'a pas réussi à trouver un baquet cette année. A 25 ans, le Francilien s'est engagé au début du mois en Supertoursime allemand (DTM) chez Audi. Celui qui
rivalisait en GP2 avec Nico Rosberg,
Lewis Hamilton
, Neslon Piquet Jr ou
Heikki Kovalainen
, a préféré courir dans une autre catégorie plutôt que d'attendre une hypothétique
opportunité en F1. Nicolas Lapierre continue, lui, de courir en GP2 chez Dams. Après deux saisons décevantes - 1er en 2005 et 9e en 2006 - il semble bien remis de son accident survenu à Monaco et pourrait surprendre dans cette
catégorie qui demeure l'antichambre de la F1. Mais à 22 ans, le temps lui semble compté et avant de prétendre à une place en F1, la route semble longue.
Nicolas Prost
se trouve dans une situation plus précaire. A 25 ans, il est jugé, par beaucoup, trop vieux pour la F1 et disputera en
juin 2007 Les 24 Heures du Mans sous les couleurs de l'équipe Oreca. Sa venue en F1 semble peu probable par la suite.

A voir sur le Web :
Le site officiel de la Formule 1
Damon Hill juge les pilotes britanniques
Sur les ondes de la BBC, l'ancien champion du monde, en 1996, a jugé les chances de ses quatre compatriotes à quelques jours du premier Grand Prix de la saison 2007.
A propos de
Jenson Button
:
« J'adorerais voir Jenson à un niveau compétitif, mais je
ne crois pas que ça puisse arriver cette année ! De tous les pilotes britanniques, c'est celui dans lequel je me retrouve le plus. Il a gagné sa première course en 2006 et vise officiellement le titre de champion du monde, mais je doute de la
capacité d'Honda à lui fournir une voiture assez compétitive pour cela. »
A propos de
David Coulthard
:
« Ce que je vais dire va peut-être paraître dur, mais David
n'a absolument aucune chance d'être champion du monde en 2007. Red Bull a les moyens financiers et les ingénieurs pour le faire, mais si l'écurie parvenait à remporter une course cette année, ça serait pour moi la plus grosse surprise de la
saison. Son association avec
Mark Webber me semble, par ailleurs, peu opportune car ils ont le même style de conduite et seront donc en
concurrence directe toute la saison avec de faibles écarts. »
A propos de
Lewis Hamilton
:
« Lewis ne devrait pas être trop loin de son
coéquipier, Fernando Alonso, et devrait régulièrement finir dans les points. On ne pourra évaluer Lewis que par rapport à son coéquipier et j'espère sincèrement qu'il parviendra à lui mettre la pression. S'il accepte trop facilement de jouer les
numéros deux, on pourra alors, légitimement, douter de sa réelle volonté à être champion du monde. »
A propos d'
Anthony Davidson
:
« Partout où Anthony est allé, ses
qualités ont été reconnues. C'est la première fois qu'il a une véritable opportunité en F1. Certes Super Aguri ne fait pas partie des
top team,
mais chaque année, un opportuniste profite de l'effet de surprise pour briller.
Anthony pourrait être celui-là ! Il est rapide et il est du genre à saisir sa chance quand elle se présente. Je pense qu'il pourrait prendre 1 ou 2 points au cours de la saison. »
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