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Le fantasme des 1000 buts de Romario

Comme Pelé et Puskas avant lui, Romario serait, selon lui, sur le point de franchir la barre mythique des mille buts. Un total hallucinant qui relève au mieux de la mythomanie...

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Pelé sous le maillot du New York Cosmos en 1977.
Le 2 février dernier, la Fifa a autorisé Romario à jouer avec le Vasco de Gama, un club brésilien de Rio de Janeiro. Normalement, l'ancien avant-centre de la Seleçao n'aurait pas dû pouvoir changer de club pour la troisième fois dans l'année, les règlements internationaux l'interdisent. Si la Fédération a fait une exception, c'est parce que Romario souhaite ardemment, à 41 ans, atteindre le dernier objectif de sa carrière, marquer au moins 1000 buts.
Dans son autobiographie parue en 2001 et intitulée en toute simplicité Moi, Diego, Diego Maradona expliquait que Romario était le meilleur avant-centre de sa génération, et de loin. Les footballeurs argentins ne sont pourtant généralement pas tendres avec leurs homologues brésiliens et à l'époque de Maradona, jouaient des attaquants du calibre de Marco Van Basten, Jürgen Klinsmann, Rudi Völler, Gary Lineker, Roberto Baggio ou Gabriel Batistuta. Le compliment a donc une réelle valeur.
Et il est vrai qu'avec 55 buts en 70 sélections, Romario est le 3e meilleur buteur de l'histoire du Brésil, derrière Pelé (77 buts en 92 matchs) et Ronaldo (62/97). Il devance des joueurs de la trempe de Bebeto (55/112), Zico (48/71), Rivelino (43/122), Tostao (36/65) ou Rivaldo (34/74). Dire qu'il s'agit d'un des meilleurs joueurs de l'histoire du foot n'est donc pas du tout exagéré. Sa technique, notamment du pointu, et son timing parfait en ont fait un des attaquants les plus craints des défenses européennes.

Cinquante buts par an pendant vingt ans ?

A l'inverse de son talent, son prétendu record de 1000 buts est, lui, beaucoup plus contestable. A raison d'un but par match et de cinquante matchs par saison pendant vingt ans, on y arriverait tout juste. Or, personne ne peut tenir une telle moyenne. Même au meilleur de leur forme, les avants-centres ayant inscrit 50 buts en une seule année sont rarissimes et n'évoluent généralement pas dans les meilleurs championnats.
Romario n'a jamais marqué 50 buts dans une saison. Sa meilleure période remonte à la saison 1993-1994, où il a inscrit 45 buts en 60 matchs. Entre 1985 et 2007, l'addition de tous ses buts en matchs officiels permet d'atteindre approximativement le chiffre impressionnant de 500 buts. Comment Romario peut-il alors prétendre avoir marqué 990 buts ?

Le mythe du record de Pelé

De son propre aveu, le Brésilien inclut dans ce total ses buts inscrits dans les compétitions jeunes, ceux marqués en matchs amicaux et ceux réalisés... à l'entraînement. Il ne manque guère que les buts mis à sa petite s?"ur pour que ce total fantaisiste soit vraiment exhaustif. Dès lors, annoncer qu'il va bientôt atteindre la marque des 1000 buts relève de l'imposture ou du coup marketing, sachant que les deux n'ont rien d'incompatible. Comment pourrait-il atteindre ce total alors qu'aucun des avants-centres de son époque et de son calibre n'a franchi la barrière des 400 buts ?
Romario était un superbe joueur, ça ne fait aucun doute, mais il ne parviendra jamais à inscrire 1000 buts comme l'auraient fait avant lui le Brésilien Pelé ou le Hongrois Ferenc Puskas. A l'époque de ces derniers, le football était un sport beaucoup moins défensif et voir une demi-douzaine de buts par match était assez courant. Mais si le décompte de Pelé est plus crédible que celui de Romario, il n'est pas nécessairement exact pour autant. Ainsi Pelé prétend avoir marqué 58 buts en 38 rencontres du championnat brésilien de 1958, une donnée absolument invérifiable ! Pelé marquait beaucoup de buts, c'est entendu, plus que Romario, c'est certain, mais plus de 1000 ? Il est impossible de l'affirmer...

Une carrière au goût d'inachevé

Le comportement de Romario s'explique, sans doute, par le fait qu'il aurait pu et dû faire une plus belle carrière. Meilleur joueur du monde en 1994, il a ensuite rapidement décliné alors qu'il avait seulement 28 ans. Son goût de la fête, son absence de discipline, ses relations tendues avec ses entraîneurs, sa capacité à sécher les entraînements, ses amitiés avec des joueurs comme lui talentueux mais pas très professionnels, Edmundo notamment, ont fait qu'il a finalement eu une carrière longue mais un peu chaotique.
La preuve ? Son départ de Barcelone en 1995. Transféré du PSV Eindhoven, Romario arrive au Barça en 1992. Devant lui, les défenses explosent, il marque des buts à la chaîne pour arriver au total de 30 à la fin de la saison 1993-94. Meilleur buteur de la Liga, il évolue alors au sein d'une équipe de rêve où on retrouve notamment Michael Laudrup, Hristo Stoïchkov, Ronald Koeman et Pep Guardiola. Il est alors le meilleur joueur de la meilleure équipe du monde.
Malheureusement, le Barça, alors entraîné par Johan Cruyff, termine mal sa saison cette année-là. Se voyant sans doute trop beau, Barcelone s'est en effet lourdement incliné en finale de la Ligue des champions 1994, à Athènes, contre le Milan AC (0-4). Il faut dire que la presse avait largement fait du Barça et de Romario ses favoris. Supposée pratiquer un football ultra offensif et quasi parfait, l'équipe catalane ne devait faire qu'une bouchée du jeu ennuyeux et stéréotypé des Italiens. C'est exactement le contraire qui se produisit, Milan inscrivant en particulier 2 buts d'anthologie et pratiquant un football d'une qualité rarement égalée depuis.
Trois mois plus tard, Romario remporte pourtant la Coupe du monde avec le Brésil aux Etats-Unis et termine meilleur buteur de la compétition avec 6 buts. Mais quelque chose s'est cassé avec Barcelone. Orgueilleux, il ne digère pas l'humiliation d'Athènes et retourne au Brésil jouer à Rio pour Flamengo, un club moins structuré que Barcelone et qui tolère plus facilement ses frasques. Il continuera à marquer, mais moins qu'à Barcelone. Revenu en Espagne en 1996, il jouera peu pour le club de Valence, seulement 11 matchs en deux saisons. De plus, médiatiquement, son retour sera totalement éclipsé par l'arrivée d'un autre Brésilien à Barcelone, Ronaldo.
Depuis, il ère de championnat en championnat en espérant atteindre un objectif chimérique relevant d'une appréciation plus que douteuse des lois mathématiques les plus élémentaires.

Ils ont marqué plus de 1000 buts

Officieusement, ils sont trois à prétendre avoir marqué plus de 1000 buts.

Pelé, le ' Roi ', aurait marqué 1281 buts en 1363 matchs. Fort d'une carrière longue de vingt-et-un ans, marquée par quatre Coupes du monde, le meilleur footballeur brésilien aurait dépassé la barre des mille buts en jouant successivement sous les maillots du FC Santos, du New York Cosmos et de la sélection brésilienne. Agé de 66 ans, il occupe la fonction officieuse ' d'ambassadeur du football ' depuis sa retraite en 1977.

Ferenc Puskas, le ' major galopant ', bien qu'il ne compte que 511 buts en 533 matchs pro, aurait lui aussi franchi la barre des 1000 buts. Comme Pelé, et à l'inverse de Romario, il a connu peu de maillots différents : le Honved Budapest, le Real Madrid, les sélections espagnole et hongroise. Il est mort le 17 novembre 2006, à l'âge de 79 ans.

Arthur Friedenreich, le ' Tigre ', est né à la fin du XIXe siècle. Il fut l'un des premiers joueurs noirs du Brésil. Evoluant essentiellement dans le championnat de Sao Paulo, il aurait inscrit plus de 1200 buts en 1200 matchs. International brésilien à 22 reprises, il a pris sa retraite en 1934, à l'âge de 42 ans, avant de décéder à 77 ans en 1969.

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