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439 millions d'euros de déficit en 2005, telle est l'ardoise que traîne le football italien. Révolu le temps où l'Italie se payait les meilleurs joueurs. Les clubs italiens connaissent de graves difficultés et sont,
aujourd'hui, dépassés par leurs homologues allemands, anglais, espagnols et, même, français. Comment en sont-ils arrivés là ?
Une loi au secours du Calcio
En Italie, le début des problèmes date de la fin de la saison 1999-2000. Le marché des transferts est alors à son apogée et les valeurs comptables enregistrées ont perdu toute signification. La bulle explose et met en péril
ceux qui ont été les plus actifs du marché, les clubs italiens.
Selon Nicolas Fernandez-Gabaldon, manager chez Ineum Consulting et auteur d'une étude sur
les finances du football européen,
« entre 2000 et 2002, le Calcio vivait clairement au-dessus de ses moyens ».
Ayant acheté des
joueurs à des prix qui se sont effondrés du jour au lendemain, les clubs sont contraints d'amortir de fortes moins-values. Seul problème, ils n'ont pas la surface financière pour le faire et, comptablement, se retrouvent au bord de la faillite.
Car parallèlement, les droits télé cessent d'augmenter et se stabilisent, alors que les salaires, eux, continuent de croître pendant deux ans, ce qui accentue encore un peu plus les difficultés financières des clubs. Le gouvernement
italien choisit alors de faire passer une loi, « Salva Calcio », « Sauver le Calcio » qui leur permet d'étaler les pertes sur plusieurs exercices. Tout un programme !
Relégué derrière l'Angleterre et l'Espagne
Contraints d'apurer leurs dettes, les clubs italiens reviennent à la raison et les vedettes du ballon rond migrent vers d'autres championnats plus lucratifs, l'Espagne et l'Angleterre. A l'issue de cette saison, les clubs italiens
devraient avoir effacé l'ensemble de leurs dettes mais ne redeviendront pas pour autant aussi compétitifs que par le passé.
En effet, les autres championnats ont encore une longueur d'avance sur les Italiens, avec leurs stades. Grâce à un savoir-faire directement importée du sport américain, les Anglais ont rapidement investi dans de nouveaux stades,
plus sûrs et plus lucratifs. Sur la période 2000-2005, l'Allemagne a ainsi modernisé de manière significative 18 stades ; l'Angleterre, 9 ; la France et l'Espagne, 7. L'Italie ? un seul, et pas le plus grand puisqu'il s'agit de
celui de Messine en Sicile.
Les équipes transalpines disposent donc de stades vétustes et inadaptés, qui attirent peu de spectateurs à fort pouvoir d'achat et qui dégagent de faibles revenus. Là où Allemands et les Anglais parviennent à des taux de remplissage
moyens supérieurs à 80 %, les Italiens stagnent autour de 50 %. Un manque à gagner manifeste lié à un déficit d'investissement.
Qui va investir dans les stades italiens ?
La situation actuelle est cependant difficile à régler. Les clubs italiens ne souhaitent pas investir dans leurs stades parce qu'ils n'en sont pas propriétaires. Ils n'en ont de toute façon pas les moyens. Les villes, actuelles
propriétaires des stades, ne souhaitent pas dépenser de fonds publics supplémentaires pour deux raisons. Ce n'est pas une priorité dans leur budget et certains stades datant des années 1930 sont classés monuments historiques.
Pour sortir de cette situation, le football italien mise sur l'intervention de l'Etat. Si l'Italie obtient l'organisation de l'Euro 2012, les pouvoirs publics pourront alors financer leur modernisation. Pour le pays des
champions du monde, le salut passe donc par l'attribution de cette compétition. C'est dans cette optique que la
fédération italienne a choisi de voter Platini
lors du dernier congrès de l'UEFA.
L'enfant chéri du football français a de fortes attaches du côté de l'Italie et de... la Juve. Nul doute qu'il saura écouter les doléances transalpines d'une oreille attentive. Accueillir l'Euro en 2012 est une solution qui
permettra à l'Italie de régler partiellement le problème pour dix ans, mais largement suffisant aux yeux de la fédération !
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