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Interdiction aux moins de 18 ans : le retour à l'ordre moral ? Amélie Charnay

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Interdiction aux moins de 18 ans : le retour à l'ordre moral ?

Amélie Charnay , 01men., le 06/02/2007 à 14h35
L'interdiction de « Saw 3 » aux moins de 18 ans a relancé le débat sur la classification des films et sur la censure. Avec pour enjeu de trouver l'équilibre entre protection des mineurs et liberté d'expression.
SOMMAIRE
  • Interdiction aux moins de 18 ans : le retour à l'ordre moral ?
  • Protéger les mineurs
  • Petite histoire du contrôle des films
  • PHOTOS
    Le film a finalement profité de son interdiction en réalisant 740 000 entrées. C'est plus que le premier (427 000 entrées) et le deuxième (620 000) volets de la saga.
    « Saw 3 », le premier film d'horreur interdit aux moins de 18 ans en France.
    Le long métrage a été totalement interdit en Nouvelle-Zélande, en Autriche et en Malaisie.
    La commission avait initialement interdit « Ken Park », de Larry Clark, aux moins de 16 ans. C'est le Conseil d'Etat qui est intervenu pour une interdiction à tous les mineurs.

    « Saw 3 est une sorte d'apologie de la barbarie. » C'est en ces termes que le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres a justifié dans la presse sa décision d'interdire le film de Darren Lynn Bousman aux moins de 18 ans le 20 novembre dernier.

    Levée de boucliers chez certains professionnels du cinéma qui agitent aussitôt le spectre de la censure. Avec en première ligne le distributeur du long métrage, la Metropolitan Film Export, qui déclare alors dans un communiqué : « Saw 3 sera donc l'unique film de l'histoire du cinéma à être interdit aux mineurs (exceptés les films X et ceux comportant des scènes pornographiques). Le film de genre appartient au cinéma mondial, il risque d'être condamné en France. » De quoi relancer la polémique sur l'interdiction aux moins de 18 ans.


    L'affaire « Baise-moi »

    Jusqu'en 2001, seuls les films X étaient interdits aux moins de 18 ans. Tout change avec Baise-moi. A sa sortie le 28 juin 2000, le long métrage de Virginie Despentes et de Coralie Trin Thi est interdit aux moins de 16 ans en raison de scènes de grande violence et de sexe non simulées. L'association ultratraditionaliste Promouvoir saisit le Conseil d'Etat pour le faire classer X et l'exclure de fait du circuit commercial. Un compromis est finalement trouvé grâce au décret du 12 juillet 2001 permettant d'interdire un film non pornographique aux moins de 18 ans. Ce qui vaut à Baise-moi de sortir à nouveau en salles le 20 août de la même année. La bronca des intellectuels prêts à manifester est évitée de justesse.

    Depuis, une réforme a renforcé le poids des associations familiales au sein de la Commission de classification des films et facilité l'interdiction d'un long métrage aux moins de 18 ans. Serait-ce le retour à un certain ordre moral ? « Ce serait inexact de dire cela. D'ailleurs, le Conseil d'Etat peut très bien être saisi pour faire baisser, à l'inverse, le degré d'interdiction d'un film. Mais une fois qu'il a rendu sa décision de justice, il n'y a plus de recours. A moins de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme », explique Nicolas Guillet, directeur du département de droit de l'université du Havre.


    Cinq films interdits depuis 2001

    Outre Baise-moi et Saw 3, trois autres longs métrages ont subi le même sort en raison de scènes de sexe très explicites : Polissons et galipettes, de Michel Reilhac (2002), Ken Park, de Larry Clark (2003) et 9 Songs, de Michael Winterbottom (2005). Difficile de parler du retour à un ordre moral avec seulement cinq films interdits aux moins de 18 ans depuis 2001 !

    D'autant que Baise-moi et Saw 3 semblent avoir profité de leur stigmatisation comme d'un coup de publicité avec des scores respectifs au box-office de 50 000 et 740 000 spectateurs. A l'inverse, d'autres productions ont peut-être souffert économiquement de leur interdiction en perdant des écrans de projection. C'est probablement le cas de 9 Songs qui n'a fait que 34 000 entrées sur toute la France.

    « Les conséquences économiques, ce n'est pas notre problème. Nous sommes là pour protéger les mineurs ! », rétorque Jean-Pierre Quigniaux, représentant de l'Union des associations familiales (Unaf) à la Commission de classification des films. « Dans ce cas-là, pourquoi ne pas remplacer les interdictions par des recommandations ? Notre système est complètement obsolète à l'heure où un enfant peut télécharger un film pornographique sur Internet ! », s'insurge Michel Gomez, délégué général de l'ARP (Société civile des auteurs réalisateurs et producteurs).

    Et Jean-Pierre Quigniaux de répliquer : « Bien sûr que nos interdictions peuvent être transgressées mais l'important c'est qu'elles servent de balises aux jeunes. Le pire serait que tous les films soient considérés de manière égale. Certains diront que le cinéma subit un système injuste parce que c'est un lieu physique, l'accès de la salle qui est interdit. Moi, je pense au contraire que c'est tout à son honneur. » Deux visions diamétralement opposées qui promettent à coup sûr de nouveaux débats à venir.

    Car la vraie question ne porte pas sur l'interdiction aux mineurs mais bien sur la nature même de la classification et le fait qu'un film ne puisse sortir en salles sans passer par la commission. « Il ne reste que deux domaines culturels soumis au régime d'autorisation préalable : le cinéma et les publications pour la jeunesse », explique Nicolas Guillet.

    On peut donc se demander s'il est légitime que le cinéma continue d'être soumis à un régime d'autorisation préalable quand la télévision n'est l'objet que d'un contrôle a posteriori de ses programmes.

    Toute une législation

    Décret du 10 octobre 1959 : possibilité d'interdire un film aux moins de 18 ans.

    Article 12 de la loi du 30 décembre 1975 : les films pornographiques et de violence extrême sont interdits aux moins de 18 ans et classés X. Ils ne peuvent bénéficier des aides de l'Etat, comme les salles qui les projettent. Cette mesure va faire disparaître les films pornographiques du réseau commercial de salles de cinéma et encourager leur diffusion en vidéo.

    Décret 90-174 du 23 février 1990 : réduction des interdictions de 13 à 12 ans et de 18 à 16 ans, excepté les films classés X.

    Décret 2001-78 du 12 juillet 2001 : création d'une interdiction aux moins de 18 ans sans classement X. Le vote de la commission se fait à la majorité des 2/3.

    Rapport de Blandine Kriegel en 2002 sur la violence à la télévision il pointe du doigt la Commission de classification des films jugée trop laxiste. Tollé chez les professionnels du cinéma.

    Décret 2003-1163 du 4 décembre 2003 : renforcement du poids des associations familiales au sein de la commission et vote à la majorité simple pour obtenir l'interdiction aux moins de 18 ans.


    Suite du dossier
    >>> Protéger les mineurs

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