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SOMMAIRE
La sieste en somme
Dormir pour mieux travailler
PHOTOS
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| Pur moment de farniente, la sieste est souvent le privilège des vacances. |
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| En Asie, la micro sieste peut se pratiquer n'importe où, à tout moment de la journée. Avec de l'entraînement, il serait même possible de la faire debout dans le métro ! |
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Après une petite collation ou un copieux déjeuner, l'être humain ressent, généralement aux alentours de 14 heures, le long et vibrant appel de la sieste. Pratiquement personne n'y échappe, mais seuls quelques chanceux
peuvent laisser libre cours à leurs exercices d'assoupissement (25 % des Français n'auraient pas fait la sieste depuis leur enfance). Les origines de cette baisse de vigilance du début d'après-midi ne sont pas dues à la
digestion, à la chaleur ou à un déficit de sommeil, même si tous ces facteurs accentuent sensiblement le phénomène. La sieste serait, comme le sommeil nocturne, un de nos besoins vitaux les plus innés. Cette programmation biologique nous permettrait
ainsi d'aborder la deuxième partie de journée plus efficacement ; le mot sieste vient du latin
sexta
(
hora
), « sixième heure, midi ».
Dormir ou conduire ?
Aujourd'hui, on sait que l'activité intellectuelle s'élève progressivement durant la matinée jusqu'à 13 heures, puis baisse avant d'être de nouveau à la pointe entre 17 et 21 heures. Même constat
pour la sécurité routière. Les statistiques nationales indiquent que la plupart des accidents se produisent au cours de périodes chronobiologiques de somnolence maximale (entre 2 et 5 heures du matin et entre 13 et 15 heures).
L'important est donc de « débrayer »
» au bon moment.
Les bienfaits d'une sieste... bien faite
Ce fameux « coup de pompe » est toujours bien accueilli par votre corps car le taux de cortisol (hormone du stress) chute pendant le sommeil. Mais ce n'est pas tout. Ce léger repos entraîne également une
récupération musculaire et une réorganisation de l'activité cérébrale et cellulaire.
« Comme l'ont prouvé les tests menés en laboratoire, la sieste permet d'accroître la vigilance, la capacité de mémoire et la
concentration »,
explique Isabelle Arnulf, responsable des pathologies du sommeil à l'hôpital Pitié-Salpêtrière.
Du temps pour se ressourcer
Autres atouts soulignés par Bruno Comby, expert du sommeil et auteur de
L'Éloge de la sieste
:
« Elle améliore considérablement les problèmes d'insomnie, ravive les réflexes et la qualité
d'attention »
. Selon ce fervent militant « siesteur », ce moment de détente serait particulièrement créatif.
« Newton sommeillait sous un pommier lorsqu'il a découvert le
principe de la gravitation universelle. C'est aussi au cours d'une sieste que Reynolds aurait inventé le stylo à bille, Fleming découvert la pénicilline et Edison l'ampoule à filament puis le tourne-disque ! »
. De même,
le chimiste August Kekulé aurait eu, à l'occasion d'un bref assoupissement, la révélation de la formule du benzène après avoir rêvé d'un serpent se mordant la queue. Enfin, Albert Einstein considérait les siestes comme le meilleur moyen pour
élaborer de nouvelles théories mathématiques. Alors, pourquoi hésiter plus longtemps à piquer du nez ? Il ne vous reste plus qu'à dénicher un matelas confortable, un divin divan ou encore une moelleuse pile de dossiers sur un coin de
bureau pour faire une méridienne.
Chacun la sienne
Dormir n'est pas indispensable.
« Quand quelqu'un n'arrive pas à s'endormir, cela signifie souvent que ce n'est pas fait pour lui »,
précise Isabelle Arnulf. Cependant, l'art de la
sieste ne s'improvise pas.
« Il faut s'entraîner, apprendre à se relaxer et à s'assoupir pendant un temps donné avec, par exemple, un téléphone portable en guise de réveil ! »
. Pour s'adapter à
tous les dormeurs, plusieurs typologies de siestes cohabitent.
Il y a tout d'abord la « royale », qui vous autorise un repos allant de vingt minutes à deux heures, voire plus si affinités. Cette sieste demeure réservée aux habitués des longs repos car
elle favoriserait grandement les insomnies nocturnes des non-initiés.
Ensuite, vient la « relax ». C'est la plus répandue et permet une détente s'échelonnant entre cinq et trente minutes (20 minutes serait la moyenne nationale).
Enfin, la sieste dite « flash » ne dépasse pas les cinq minutes de récupération. On raconte que Salvador Dali était un champion du genre. Il avait l'habitude de s'assoupir dans un fauteuil en tenant à la
main une petite cuillère en argent. Celle-ci faisait office de réveil en tombant bruyamment dans une casserole dès que l'artiste s'était profondément endormi. Sous ses multiples formes, la sieste revêt donc une importance capitale pour nos rythmes
chronobiologiques. Comme l'explique Bruno Comby :
« Les bienfaits de la sieste se font sentir pendant un temps estimé à environ vingt fois sa durée. En dormant 5 minutes, on pourrait ainsi gagner l'équivalent d'une
tranche de sommeil nocturne de 90 minutes »
. Cette source intarissable de plaisir doit se consommer doucement, tout doucement...
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