Le kilomètre lancé en perte de vitesse ?
Spécialité la plus naturelle et l'une des plus anciennes du ski alpin, le ski de vitesse n'est ni une discipline olympique ni un sport professionnel et ne compte qu'un petit millier d'adeptes en France.
Le kilomètre lancé fait partie des plus vieilles disciplines du ski. Pourtant, le kilomètre lancé (KL) ou ski de vitesse n'est jamais devenu un sport olympique. En démonstration lors des Jeux olympiques d'Albertville de 1992, il
n'est depuis jamais réapparu lors des JO d'hiver. Au moins deux obstacles freinent sa prise d'élan.
Premièrement, les règlements de la Fédération internationale de ski (FIS) limitent la vitesse maximale des compétitions à 200 km/h. Or le ski de vitesse a franchi cette barrière depuis bientôt trente ans. Au-delà de 200
km/h, la FIS estime que la vitesse est trop risquée. Deuxièmement, le faible nombre de pistes, seulement 32 dans le monde, restreint considérablement sa pratique. Par ailleurs, rendre ce sport olympique limiterait fortement les
bids (candidatures) olympiques. Seulement une dizaine de villes dans le monde possèdent une piste de KL et seraient en mesure d'accueillir les JO d'hiver.
L'idéal c'est un couloir d'avalanche
La piste de KL est, en effet, très particulière. Outre un important dénivellé sur une pente relativement forte, elle demande surtout un bon dégagement pour des raisons de sécurité. Pour Bernard Lirot, secrétaire de la commission de ski
de vitesse en France, l'idéal c'est un couloir d'avalanche, une particularité géographique dont peu de sites disposent.
Passionné par cette spécialité, Bernard Lirot, dont le record personnel de 156 km/h date de 1984, estime à un petit millier le nombre de pratiquants annuels. Si la Fédération fait beaucoup pour la promotion de cette discipline
en organisant une compétition pour les jeunes, son activité est limitée par le faible nombre de sites français. Outre les Arcs (Bourg-Saint-Maurice, 73) et Vars (05), on compte moins d'une demi-douzaine de domaines skiables possibles. Un
constat d'autant plus regrettable que le KL ne demande aucune qualification particulière.
L'accélération d'une Formule 1
Nul besoin d'être un skieur émérite pour passer de 0 à 200 km/h en moins de 6 secondes. Après le parachutisme, le KL est le sport non motorisé où les vitesses atteintes sont les plus élevées. Pour cela, le niveau
Deuxième étoile suffit ; c'est surtout le matériel qui permet d'aller plus vite. L'équipement idéal se compose d'une combinaison plastifée et étanche à l'air, d'un casque profilé, d'ailerons fixés aux mollets, de bâtons de 1 mètre maximum,
de skis longs d'au moins 220 centimètres et plus larges que les modèles traditionnels. La position du corps est aussi essentielle.
Selon Stéphane Lacoste, président de l'Association de ski de vitesse, il faut adopter la même position qu'un schuss classique en plaçant les genoux carrément sous les coudes pour être le plus compact possible. Depuis avril 2006, le
record du monde est détenu par un Italien, Simone Origone, avec 251,40 km/h, mais l'exploit le plus notable est sans doute celui de Michael Milton. Handicapé d'une jambe, l'Australien est parvenu, au mois d'avril dernier, à dépasser la vitesse
de 213 km/h.
Le record du monde de Simone Origone![]() |
Le record de France de Philippe Billy![]() |
KL ou ski de vitesse ?
D'origine italienne, l'appellation de ' kilomètre lancé ' ou ' kilometro lanciato ' est aujourd'hui impropre. L'épreuve du KL ne se court pas, nécessairement, sur 1 kilomètre. Le chronomètrage s'effectue sur 100 mètres et on ne prend en compte que la vitesse maximale et non pas le temps donné pour parcourir 1 kilomètre. C'est pourquoi la France parle de ski de vitesse. Paradoxalement cependant, les adeptes du ski de vitesse sont des... KListes !
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