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| La calvitie est avant tout une question d'hérédité. |
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| La longueur totale d'une chevelure est de 3 km chez un homme aux cheveux courts, et jusqu'à 30 à 50 km chez une femme aux cheveux longs… |
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| Aux premiers signes de la calvitie, le « trichogramme », un examen paraclinique, permet de connaître la proportion de cheveux en phase de croissance ou de repos. |
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Pendant que les femmes traquent les rides à grand renfort de crèmes aux vertus mystérieuses, les hommes, eux, se lancent dans une quête de lotions miracles capables de sauver leur chevelure du dégarnissement. Avec 52 % de la gent
masculine française concernés, la chute de cheveux garantit un bel avenir aux fabricants de soins capillaires en tout genre. Mais elle ne fait pas le bonheur de tous.
Les sondages d'opinion révèlent que la plupart des personnes sujettes à la calvitie l'assument mal. Comme le déplore la dermatologue Catherine Laverdet, les répercussions psychologiques peuvent parfois être très violentes :
« Cela peut aller du simple constat à un état d'extrême anxiété. La chute des cheveux est souvent assimilée à une perte de virilité par ceux qui la subissent. »
Pourtant, même si elle est liée au
processus de vieillissement, la perte progressive des cheveux n'est pas uniquement déterminée par l'âge. Elle peut d'ailleurs se manifester très tôt, dès la puberté.
Un phénomène aux causes multiples
Plusieurs facteurs - prise de certains médicaments comme les anticoagulants, suites d'une intervention chirurgicale ou de fortes fièvres, maladie dermatologique du cuir chevelu, pelade d'origine émotionnelle,
etc. - peuvent provoquer ou aggraver une chute de cheveux. Mais, dans la majorité des cas, la calvitie survient naturellement du fait de prédispositions génétiques. On parle alors « d'alopécie androgénétique »,
nom scientifique pour désigner un phénomène dont la cause principale est hormonale.
La constitution de la peau qui recouvre le sommet du crâne n'est pas de même nature que celle de la peau située au-dessus de la nuque. Elle peut comporter une hypersensibilité des follicules pileux aux androgènes - hormones
mâles circulant dans le sang - qui vient perturber et raccourcir le cycle pilaire normal. Les cheveux tombent de façon accélérée puis ont tendance à repousser sous forme de duvet. Le dégarnissement devient visible et progresse par phases
des golfes temporaux vers le front
(voir la classification d'Hamilton)
à un rythme plus au moins rapide selon les individus. Au bout d'un certain nombre d'années, le capital capillaire est épuisé : les cheveux perdus ne
peuvent plus être renouvelés.
Les cycles pilaires
Normalement, s'il n'y a pas de problèmes d'hérédité ou de choc émotionnel particulier, les individus sont programmés pour 25 cycles de quatre à sept ans chacun.
« Idéalement, nous sommes programmés pour
avoir 150 ans de cheveux »,
indique Christian Airahi, responsable du développement de la Clinique du cheveu en France. Mais, dans le cadre d'une alopécie androgénétique, ces cycles s'emballent en raison d'une
hypersensibilité des follicules pileux aux androgènes et, plus précisément, au dihydrotestostérone (DHT). Le sang rempli de DHT détruit les cellules capillaires.
Le cycle de vie du cheveu est raccourci de moitié. Or, il n'existe pas de vingt-sixième cycle. Une fois le dernier stade atteint, le pore se referme et il n'y a plus rien à faire. C'est pourquoi, il faut intervenir avant ou pendant
la chute.
Les femmes, qui sécrètent également des androgènes, en plus petite quantité, sont protégées par les oestrogènes - hormones femelles - jusqu'à la ménopause. Elles peuvent ensuite connaître des problèmes de
calvitie avec une progression plus diffuse et moins localisée.
Prévention difficile, mais des solutions
Il est important de souligner qu'il ne s'agit pas d'une maladie que l'on pourrait enrayer mais d'une hérédité impossible à « déprogrammer » en tant que telle. L'hypersensibilité observée au niveau du cuir
chevelu se transmet génétiquement de père et/ou de mère en fils. Elle peut (rarement) sauter une génération. Il n'existe pas de moyens de l'empêcher avant qu'elle ne soit déclarée. De ce fait, aucune prévention ne permettra, hélas, d'échapper à son
sort... On peut essayer d'en ralentir l'apparition ou le développement.
Toutefois, les idées reçues vont bon train et on a longtemps préconisé de se laver les cheveux le moins souvent possible.
« La fréquence des shampoings ne joue en rien sur l'alopécie. Il faut même éviter de garder
les cheveux sales en les lavant aussi souvent que nécessaire »,
explique le dermatologue Pascal Reygagne, directeur du centre de santé Sabouraud de l'hôpital Saint-Louis, à Paris. Seules recommandations de la part de ce
spécialiste du cuir chevelu :
« Il faut juste éviter les chaleurs excessives ainsi que les tractions fortes et répétées. »
Même conclusion pour Catherine Laverdet :
« On
ne peut rien faire contre l'hérédité. En revanche, on peut retarder la calvitie. »
Des traitements à vie !
Globalement, il existe aujourd'hui deux types de traitements médicamenteux qui sont prescrits sur ordonnance et doivent être suivis à vie. Leurs principes actifs, dont l'efficacité est scientifiquement prouvée permettent, sinon
d'éviter, du moins de combattre la calvitie.
Les plus anciens remèdes sont les lotions à base de Minoxidil, un produit autrefois utilisé pour traiter l'hypertension artérielle dont on a exploité l'un des effets secondaires observés sur la pousse des poils. Commercialisées par
différentes marques - Minoxidil, Alostil, Rogaine, Gerbiol, Alopexy, etc. - ces lotions antichute, dosées à 2 % (pour les alopécies légères à modérées) ou à 5 % (pour les cas plus sévères), nécessitent une application
locale matin et soir sur les zones dégarnies. Elles favorisent la bonne irrigation du cheveu, rallonge son temps de croissance et retarde sa chute.
« Leur efficacité antichute peut être vérifiée au bout de six semaines, la
repousse est visible dans 40 % des cas à partir du troisième mois »,
explique Pascal Reygagne.
Et, pour ceux qui trouvent l'application quotidienne d'une lotion trop contraignante et qui ne présentent pas d'incompatibilité avec le produit
(lire l'encadré « Effets indésirables et
contre-indications »),
il existe une autre solution : le Finastéride ou Propecia®. Prescrite sous forme de comprimé (un par jour), cette substance récente (elle date de 1998) fait preuve d'une efficacité comparable à
celle du Minoxidil.
« Il s'agit là encore d'un traitement à vie qui permet de bloquer la chute des cheveux en deux ou trois mois dans 80 % des cas et de favoriser une repousse entre le troisième et le douzième mois chez
40 à 50 % des patients »,
indique le docteur Reygagne.
Les deux types de traitements (non remboursés par la Sécurité sociale) peuvent aussi être prescrits en même temps. Les résultats sont additifs. Cela signifie que des personnes ne répondant pas à un traitement peuvent répondre à l'autre.
Pour des sujets réceptifs, il est également possible de cumuler les effets bénéfiques des deux principes actifs. Une chance !
Effets indésirables et contre-indications
- Les lotions à base de Minoxidil
peuvent provoquer des démangeaisons, voire des pellicules, chez quelques patients.
« A ce moment-là, il faut associer le traitement à des shampoings
adaptés »,
préconise le docteur Reygagne. Comme tient à le souligner le médecin esthétique Gérard Boutboul,
« il ne faut pas parler uniquement des aspects négatifs qui découragent trop souvent les
patients réticents à l'idée d'un traitement à vie. Le produit permet de booster la durée du cycle pilaire. Ensuite, ce qui est gagné est gagné, même si la calvitie continue de progresser. »
- Le Propecia®,
dont le principe actif est le Finastéride, ne présente aucune interférence avec les aliments ou les autres médicaments. Cependant, il comporte certaines contre-indications. Il ne peut pas être prescrit à
un jeune de moins de 18 ans ni à une femme enceinte en raison de risques de malformations génitales sur le foetus. En cas de don du sang, il est impératif de signaler aux médecins le traitement en cours. Enfin, dans certains cas extrêmement
rares (entre 1 fois sur 100 et 1 fois sur 1000), le produit peut entraîner une diminution de la libido ou des troubles de l'érection qui disparaissent dès l'arrêt du traitement.
Les différents stades d'évolution de la calvitie
Chez l'homme, la peau du cuir chevelu n'est pas la même partout. De ce fait, les follicules pileux situés au niveau de la nuque sont moins concernés par l'alopécie que ceux des golfes temporaux frontaux ou ceux du vertex (sommet de
la tête). Généralement, une couronne de cheveux est préservée à l'arrière du crâne comme c'était le cas pour le médecin grec, Hippocrate. D'où le nom de « couronne hippocratique ». En chirurgie esthétique, elle sert de zone
donneuse où l'on effectue le prélèvement des greffons à transplanter sur les parties dégarnies.
Ces différences dans la constitution du cuir chevelu ont permis d'élaborer une sorte de carte de progression de la calvitie en sept stades, appelée « classification d'Hamilton ».
Cependant, cette classification ne détermine pas le rythme de progression d'une alopécie. Or on peut passer du stade 1 au stade 7 en deux ou trente ans selon les cas. Pour y remédier, Gérard Boutboul travaille sur la mise au point
d'un score d'évolutivité de la calvitie qui permettrait de définir des diagnostics dynamiques.
Suite du dossier
>>> Les soins capillaires naturels
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