Meilleure équipe au monde depuis… toujours ! Les Néo-Zélandais sont au rugby ce que les Brésiliens sont au football. Une légende. Les matchs contre la France ont souvent donné lieu à des confrontations épiques.
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L'ancien capitaine des Blacks, Tana Umaga, dirige le haka.
Le 31 octobre 1999, le XV de France est tombé sur la tête des Blacks.
Comment un petit pays de seulement quatre millions d'habitants peut-il à ce point dominer la planète rugby ? Nul ne conteste aujourd'hui la suprématie de l'équipe néo-zélandaise, qui, conformément à la légende, joue en noir
« parce qu'elle porte le deuil de l'adversaire ».
Les All Blacks sont en effet la seule équipe au monde à avoir un bilan favorable. Un nombre de victoires supérieur au nombre de défaites, contre toutes les autres nations du rugby. Depuis leur premier succès sur l'Australie (22-3), le
15 août 1903, ils ont gagné 305 des 414 matchs internationaux qu'ils ont disputés.
Le « Magic Try » de Christian Cullen contre l'Australie à Wellington en 2000.
Mais cette domination néo-zélandaise sur la planète rugby ne se retrouve pas en Coupe du monde, une compétition que les All Blacks n'ont remportée qu'une seule fois, en 1987. Lors des éditions suivantes, les Blacks ont été trois fois
demi-finalistes et une fois finaliste. L'Australie, l'Afrique du Sud et, bien entendu, la France, au cours d'un match mémorable en 1999, sont ainsi parvenus à faire chuter la Nouvelle-Zélande.
La France vainqueur 1 fois sur 4
La France n'est pas la bête noire des Néo-Zélandais, loin de là. S'il devait y en avoir une, ce serait sans doute l'Australie, qui a sorti deux fois les All Blacks en demi-finale de Coupe du monde. Ou peut-être l'Afrique du Sud, qui a
battu la Nouvelle-Zélande à 29 reprises en 70 matchs, meilleure statistique contre les Blacks. Avec 10 victoires en 41 matchs, la France est la troisième nation qui réussit le mieux face aux Néo-Zélandais, devant les Anglais
(6 victoires en 29 matchs), mais derrière les Wallabies.
Pourtant, lors de deux confrontations contre les All Blacks, les Français ont marqué l'histoire du rugby. En 1994, l'équipe de France est en tournée dans l'Archipel et va pour la première fois remporter ses deux tests matchs contre les
Néo-Zélandais. Après une première victoire à Christchurch (8-22), le Quinze tricolore s'impose à Auckland (20-23). Au cours du match, Jean-Luc Sadourny inscrit un essai sur une relance de 80 mètres après que neuf joueurs français ont touché la
balle. Le
Sunday Times,
hebdomadaire anglais pas franchement francophile, qualifiera cet essai de
« Try of the century ».
« L'essai du
siècle » !
« L'essai du siècle » selon le Sunday Times.
Le 31 octobre 1999, quatre mois après avoir encaissé une des plus lourdes défaites de son histoire contre la Nouvelle-Zélande (54-7), le XV de France retrouve les All Blacks en demi-finale de la Coupe du monde, à Twickenham.
Archifavoris, les partenaires de Jonah Lomu prennent rapidement l'avantage et disposent de 14 points d'avance peu après le début de la seconde période. La France fait une fin de match de folie, Dominici, Dourthe et Bernat-Salles inscrivent
trois essais d'anthologie. Et l'équipe remporte l'une des plus belles victoires de son histoire (43-31), dans l'antre du rugby anglais.
Le premier essai de Christophe Lamaison.
Le deuxième essai de Christophe Dominici.
Le troisième essai de Richard Dourthe.
Le quatrième essai de Philippe Bernat-Salles.
Malgré le panache français et la consécration de ce que les Anglo-Saxons appellent le
« French flair »,
les victoires de la France sur la Nouvelle-Zélande demeurent aussi rares
qu'inattendues. Ainsi, le XV tricolore, après sa défaite contre la formation néo-zélandaise en 2004 (45-6) a raison de redouter les deux prochaines rencontres, le 11 novembre à Lyon et le 18 novembre au Stade de France. Le petit archipel,
avec son insatiable appétit de victoires, est bel et bien l'ogre du rugby international. La force de ce pays s'explique de différentes raisons.
Pourquoi les Blacks sont si forts
Bien que sa professionnalisation soit encore récente, le rugby néo-zélandais est depuis longtemps le sport national. Au niveau de la formation comme du nombre de licenciés, 150 000, les All Blacks ont quelques longueurs d'avance
sur le reste du monde. Ainsi, le Super 14, qui regroupe les meilleurs clubs de l'Hémisphère sud, est considéré comme la crème du championnat du monde depuis sa création, il y a maintenant onze ans. Les cinq équipes néo-zélandaises engagées ont
remporté neuf titres sur les onze possibles et cumulé quatorze places de finaliste sur les vingt-deux offertes. En terme de résultat, l'équipe néo-zélandaise bénéficie donc de ce qui se fait de mieux au monde.
A travers leur haka, les All Blacks sont par ailleurs l'icône d'une société de plus en plus métissée. On estime, par exemple, qu'en 2050, 50 % de la population sera d'origine maorie ou polynésienne. Le XV néo-zélandais est donc
bien plus qu'une bonne équipe de rugby, c'est carrément le symbole, voire le ciment de l'identité nationale, la première raison pour laquelle le monde entier connaît ce petit archipel de l'Océan pacifique. Revêtir le maillot noir est considéré
là-bas comme un immense honneur, une fierté nationale qui,
a contrario,
est aujourd'hui de plus en plus banalisé en Europe.
Enfin, la fédération,
The New Zealand Rugby Union,
ne limite pas son recrutement uniquement aux Néo-Zélandais pour composer son équipe, elle n'hésite pas à « chiper » les bons joueurs des
nations voisines. Ainsi Tana Umaga, d'origine samoane, a joué contre son propre frère, Mike, à l'occasion d'un match entre la Nouvelle-Zélande et les Iles Samoa. Idem pour Jonah Lomu, natif du Tonga, ou encore Joe Rokocoko et Stiveni Sivivatu, tous
les deux nés dans les Iles Fidji de parents fidjiens. Ces joueurs auraient parfaitement pu briller dans une autre équipe nationale que celle de la Nouvelle-Zélande... La compétitivité actuelle des All Blacks en aurait sans doute été largement
amoindrie.