|
PHOTOS
 |
| Ronaldinho, 50e lauréat du Ballon d'or et 47e joueur à vocation offensive récompensé. |
 |
|
|
Individualiser la performance d'un sport collectif, telle est l'absurdité du Ballon d'or, un trophée français prisé par les footballeurs du monde entier. Une cinquantaine de journalistes, représentant chacun des pays affiliés à l'UEFA,
composent le fameux jury de l'hebdomadaire
France Football,
la « bible du football ». Mais ces journalistes ont-ils une réelle légitimité pour dire qu'un gardien de but est meilleur qu'un
avant-centre ? Bien sûr que non.
Trois exceptions : Yachine, Beckenbauer, Sammer
Chaque année, ils désignent un Top 5, reflet de la notoriété des joueurs de football et pas uniquement de leur talent, car sinon, il leur serait parfaitement impossible de dire qu'un milieu de terrain est meilleur qu'un arrière
droit, ce qu'ils nous expliquent pourtant chaque année. Ainsi, en 50 éditions, seulement trois joueurs non attaquants ont remporté le précieux trophée. Mathias Sammer, l'un des libéros les plus offensifs de sa génération, Lev Yachine, célèbre
gardien russe des années 60 et Beckenbauer, autre défenseur particulièrement offensif.
Voir deux arrêts de Yachine lors de la Coupe du monde 1966.
Si donc, par malheur, vous êtes un joueur de football de bon niveau mais que vous ne marquez pas régulièrement, vous pouvez passer votre chemin, le Ballon d'or n'est pas pour vous. Vous aurez beau vous appeler Gaetano Scirea, Franck
Rijkaard, Franco Baresi, Paolo Maldini, Lilian Thuram, Fabien Barthez ou Oliver Kahn, rien n'y fera. Pour
France Football,
le meilleur footballeur de l'année est nécessairement un buteur. Curieux, non ? Selon Gérard
Ernault, directeur de la rédaction et président du jury, cela tient au fait qu'il est plus difficile de créer, autrement dit d'attaquer, que de détruire, c'est-à-dire de défendre.
« Le Ballon d'or n'est pas une opération
marketing, je ne donne pas de consignes aux différents membres du jury. Le fait que les joueurs à vocation offensive soient plus récompensés que ceux à vocation défensive, personnellement, ça me paraît mieux. Mais c'est une affaire de point de
vue. »
La rumeur annonce pourtant que Gianluigi Buffon, gardien de l'équipe nationale d'Italie, serait le prochain lauréat...
Ils sont 38 à avoir décroché le petit ballon doré, représentant 18 pays différents. L'Allemagne est la nation la plus souvent récompensée avec 5 lauréats (Müller, Beckenbauer, Rummenigge, Matthäus et Sammer). Elle devance
l'Italie (Sivori, Rivera, Rossi et Baggio), l'Angleterre (Matthews, Charlton, Keegan et Owen) et la France (Kopa, Platini, Papin et Zidane) avec 4 vainqueurs chacune. Derrière, suivent le Brésil (Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho), l'ex-URSS
(Yachine, Blokhine et Belanov) et les Pays-Bas (Cruyff, Gullit et Van Basten) avec 3 lauréats. L'Espagne (Di Stefano et Suarez) et le Portugal (Eusebio et Figo) sont juste derrière. Enfin, la Bulgarie (Stoitchkov), le Danemark (Simonsen),
l'Ecosse (Law), la Hongrie (Albert), l'Irlande du Nord (Best), le Libéria (Weah), la République tchèque (Nedved), l'ex-Tchécoslovaquie (Masopust) et l'Ukraine (Chevtchenko) ferment la marche avec un chacun.
Curieusement, l'Argentine n'a jamais eu de vainqueur alors que, depuis maintenant plus de dix ans, le Ballon d'or
France Football
récompense le meilleur joueur évoluant dans un championnat européen, sans
distinction de nationalité. Ainsi, Gabriel Batistuta, meilleur buteur de l'équipe nationale argentine (56 buts en 78 sélections) et l'un des dix meilleurs buteurs de l'histoire du Calcio (198 buts en 332 matchs) aurait
parfaitement pu prétendre à cette récompense.
Voir le but de Batistuta avec la Fiorentina contre Arsenal.
|