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PHOTOS
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| Le départ du marathon de New York, sur le Verrazano Narrows Bridge. |
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| Le parcours du marathon de New York 2006. |
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| 37 000 concurrents prennent le départ chaque année. |
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90 000 demandes de dossards pour seulement 37 000 participants, des tour-opérateurs qui bouclent leurs réservations plusieurs mois à l'avance malgré des séjours à plus de 1 500 euros le week-end,
2 millions de spectateurs, 315 millions de téléspectateurs, le marathon de New York est un phénomène à lui tout seul. Pourtant, courir 42 kilomètres dans les rues de
« Big Apple »
n'a, a
priori, rien de bien exaltant.
Chaque marathon est unique
Mais, du départ sur le pont Verrazano Narrows à l'arrivée dans Central Park (voir parcours), le
« Magic Marathon »
a la prétention d'être plus qu'une simple course. Comme tout marathon qui
se respecte, il a sa part de mythe. Preuve que chaque compétition est unique, il n'a longtemps existé aucun record du monde de la discipline, chaque parcours ayant ses spécificités qui le rend incomparable. Depuis le
1
er
janvier 2004, l'IAAF (International Association of Athletics Federations) reconnaît cependant un record de l'épreuve, mais cette décision est très contestée par les puristes, car c'est prendre le risque de voir les
différents marathons s'uniformiser ou pire, se concurrencer en présentant le parcours le plus facile possible pour bénéficier de la médiatisation d'un record du monde.
Officiellement, le meilleur temps jamais réalisé est de 2 h 04 min 55 s et est l'exploit de Paul Tergat lors du marathon de Berlin en septembre 2003. Le Kényan est également le dernier vainqueur du marathon de New York,
en 2 h 09 min et 29 s. Son principal rival demeure l'Ethiopien Haile Gebreselassie, détenteur des records du monde sur 5 000 et 10 000 m, et deuxième meilleur performeur sur 42 km. Il a tout gagner en terme
d'épreuve d'endurance ; le marathon constitue logiquement l'étape finale d'une carrière de fond quasi parfaite.
Quand les femmes rejoignent les hommes
Plus que 10 minutes à rattraper ! C'est le temps qui sépare désormais le record du monde de Paul Tergat (2 h 04 min 55 s) de celui de Paula Radcliffe (2 h 15 min 25 s). L'égalité des sexes sur
les stades serait-elle pour demain ? C'est ce que promettent certaines projections scientifiques sur l'évolution des records mondiaux d'athlétisme entre hommes et femmes. Susan Ward et Brian Whipp, deux physiologistes de l'école de médecine de
Californie, affirment même que c'est le marathon qui verra les femmes monter sur la même marche du podium que les hommes. Alors que l'écart était de 1 h 13 min 50 s en 1964, il est aujourd'hui réduit à 10 min 30 s. Une
évolution vertigineuse des performances féminines en à peine quarante ans, tandis que les hommes, eux, n'ont gagné que... trois petites minutes !
Un dilemme entre ego et douleur
Malgré les multiples prix - plus de 600 000 dollars de récompense lors de l'édition 2006 du marathon de New York -, les 42 kilomètres attirent un public très particulier et pas franchement vénal. Le
marathon est en effet l'un des rares sports à mêler à la fois professionnels et amateurs, sans doute parce qu'aucun marathonien n'est totalement amateur. Courir pendant plusieurs heures nécessite une préparation d'au moins huit semaines, selon la
plupart des organisateurs de compétitions. Mentalement, c'est un défi au bon sens. La plupart des concurrents aiment à résumer la course en un dilemme entre leur ego et leur douleur. La tentation de l'abandon est permanente, et seule la volonté ou
l'orgueil empêche le marathonien de mettre fin à des souffrances inutiles qui, pour ses détracteurs, relèvent presque du masochisme. De ce point de vue, le marathon est une épreuve aussi dure physiquement que mentalement.
Et physiquement, elle n'est pas sans risque. En 2003, à l'occasion du marathon de Boston, une étude avait porté sur une vingtaine de coureurs. Un examen échographique avait été réalisé avant et immédiatement après l'épreuve, puis
répété un mois plus tard. On observait un trouble de la fonction ventriculaire, à savoir une diminution de la fonction musculaire qui permet au sang de quitter le coeur, probablement lié à une fatigue de ce muscle. Un mois après, les paramètres
étaient revenus à la normale, bien qu'il existait encore des signes de surmenage. Le docteur Gérald Gremion du Swiss Olympic Medical Center de Lausanne préconise ainsi de ne pas répéter ce type d'effort plus de deux fois dans l'année. Il
précise cependant qu'un réel danger n'existerait que pour des sujets ayant déjà une pathologie cardiaque préexistante. La perspective de mourir d'un marathon, conformément à la légende, n'a, il est vrai, rien de particulièrement
réjouissante.
Les origines du marathon
La bataille de Marathon opposait, en 490 avant Jésus-Christ, les Athéniens aux Perses lors de la première guerre médique. Vainqueurs surprises, les Grecs dépêchèrent un messager, Philippidès, pour prévenir Athènes. Selon la légende,
il serait mort juste après avoir délivré son message, à la suite des 34 kilomètres parcourus en courant. Rien ne prouve cette version des faits et, d'après Hérodote, historien grec du même siècle, Philippidès n'aurait été qu'un messager reliant
régulièrement Athènes à Sparte. La légende officielle serait née plus tard, au I
er
siècle après Jésus-Christ, et serait le fait d'un autre historien grec, Plutarque.
A l'origine, la distance du marathon n'était pas fixe, mais variable selon le temps et les époques, l'essentiel étant que tous les participants courent la même épreuve. Le premier marathon moderne avait ainsi une distance de
40 kilomètres. Mais, aux Jeux Olympiques de Londres de 1908, la distance fut rallongée de 2 km 195 m pour que la famille royale puisse assister au départ depuis le château de Windsor et à l'arrivée depuis leur loge officielle dans
l'arène olympique. Ça n'est qu'en 1921, et après d'autres changements, que l'IAAF fixa à 42,195 km la distance officielle du marathon.
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