>

01Men 1er portail masculin : Informations et articles
 

BIEN-ÊTRE

  |  

VOYAGE

  |  

TENDANCE

  |  

GASTRONOMIE

  |  

SHOPPING

  |  

ARCHIVES 2006-2008

STYLE DE VIE
RETOUR RUBRIQUE
envoyer par mail écrire à l'auteur imprimer
Les boissons énergisantes sont-elles nocives ? Caroline Lebrun

TENDANCE

Les boissons énergisantes sont-elles nocives ?

Caroline Lebrun , 01men., le 16/10/2006 à 12h00
Dopées au marketing, les boissons énergisantes font fureur dans le monde entier, en particulier chez les noctambules en quête de tonus. Mais leur composition ne séduit pas autant les nutritionnistes.
PHOTOS
 Red Bull, la boisson « qui donne des ailes » est interdite en France, mais leader sur le marché mondial des « energy drinks ».
Red Bull, la boisson « qui donne des ailes » est interdite en France, mais leader sur le marché mondial des « energy drinks ».
 Lancée en France en 2005, au moment du festival de Cannes, Burn s'arroge 31 % des parts du marché français des boissons énergétiques.
Lancée en France en 2005, au moment du festival de Cannes, Burn s'arroge 31 % des parts du marché français des boissons énergétiques.
 Pepsi X Energy Cola, proposée dans l'Hexagone par Pepsi à « ceux qui savent quoi faire de leur nuit ».
Pepsi X Energy Cola, proposée dans l'Hexagone par Pepsi à « ceux qui savent quoi faire de leur nuit ».
 Lancé en 2001 en France par le brasseur Karlsbrau, Dark Dog représente 29 % des parts du marché français des breuvages énergétiques.
Lancé en 2001 en France par le brasseur Karlsbrau, Dark Dog représente 29 % des parts du marché français des breuvages énergétiques.
 Shark, une nouvelle boisson énergétique introduite en février dans le pays.
Shark, une nouvelle boisson énergétique introduite en février dans le pays.
 Tous les moyens sont bons pour vendre Monster Energy, une boisson californienne interdite en France mais très appréciée outre-Atlantique.
Tous les moyens sont bons pour vendre Monster Energy, une boisson californienne interdite en France mais très appréciée outre-Atlantique.
 Full Throttle, la réplique de Coca-Cola à Red Bull, n'est pas commercialisée en France.
Full Throttle, la réplique de Coca-Cola à Red Bull, n'est pas commercialisée en France.

Danser ou potasser ses examens jusqu'au petit matin, éviter les coups de pompe sur la route ou se requinquer pendant l'effort... Les boissons énergisantes arrivent en force dans les rayons « sodas » des supermarchés, les salles de sport, les night-clubs, les bars et même les stations-service avec des promesses de potions magiques. Pourtant, leur introduction sur le marché français suscite une polémique depuis l'interdiction de commercialisation de Red Bull - le pionnier du genre -, à la suite d'un avis défavorable rendu par le Conseil supérieur d'hygiène publique en France en 1996.

Le débat porte principalement sur l'adjonction de vitamines et de deux composants : la taurine (un dérivé d'acide aminé qui participerait à la régulation du stress dans le corps) et le glucuronolactone (une sorte de sucre concentré qui possèderait un effet désintoxiquant et augmenterait l'endurance). Etant donné les fortes doses contenues dans certaines boissons énergisantes, ces substances pourraient avoir des effets négatifs sur la santé. Pour pallier aux doutes, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en tant qu'organisme chargé de la gestion des risques sanitaires, a opté pour le principe de précaution. La vente de boissons intégrant ce type d'ingrédients est donc interdite dans le pays.


Une définition floue

Les industriels ont évidemment réussi à trouver la parade. Profitant de l'absence de Red Bull sur le marché français, ils ont conquis l'Hexagone avec d'autres mixtures aux appellations choc, comme Darkdog, Burn, Pepsi X Energy Cola, Hype Energy, Shark ou encore Coca-Cola Black, qui ne contiennent pas les substances interdites. Ces produits - rattachés à la catégorie des « Energy drinks » ou « Smart drinks » en anglais - sont répertoriés en France sous plusieurs termes génériques : boissons « énergisantes », « énergétiques » ou encore « tonifiantes ».

Sur le plan marketing, ils véhiculent le même type de messages valorisants : éveil, gain de tonus et aide à la concentration. Mais ils ne sont pas définis par une réglementation spécifique, à la différence des boissons de l'effort avec lesquelles ils sont souvent confondus dans l'imaginaire des consommateurs. « Les boissons diététiques de l'effort sont règlementées pour répondre aux besoins nutritionnels des sportifs. En revanche, les boissons dites énergisantes se rattachent aux boissons courantes non alcoolisées et s'adressent à la population dans sa globalité », explique Guillaume Cousyn, chargé de mission Nutrition au sein de la DGCCRF. Par conséquent, ce sont les règles générales du Code de la consommation qui s'appliquent.


Une teneur élevée en caféine

Au niveau de leur composition, les boissons énergisantes commercialisées en France intègrent un certain nombre d'ingrédients communs. Schématiquement, ce sont des sodas à base d'eau gazéifiée fortement dosés en sucre et en caféine. La plupart contiennent également des extraits de guarana, une plante cultivée en Amérique latine à forte concentration en caféine, qui agit comme un puissant stimulant.

Comme le fait observer Guillaume Cousyn, la caféine est un ingrédient traditionnel parfaitement autorisé. Quand la teneur de 120 mg/l est dépassée, le fabricant est simplement tenu d'indiquer sur l'étiquette la présence d'une « teneur élevée en caféine ». « Pour ces boissons, si la teneur est par exemple de 320 mg/l, elle revient à 80 mg pour une canette, soit l'équivalent de celle d'un café », précise Guillaume Cousyn.


Des effets indésirables

Faisant porter leur communication publicitaire sur le gain de tonicité physique et/ou mentale, les fabricants sont parvenus à tirer profit de l'indétermination qui caractérise ce type de boissons en misant, selon les cas, sur une ou plusieurs cibles.

La plupart des marques touchent les jeunes en priorité, mais aussi les hommes d'affaires fatigués, les femmes - avec de nouvelles déclinaisons « sans sucre » -, les conducteurs devant se tenir éveillés, ou les sportifs cherchant à améliorer leurs performances. Pour cette dernière cible, la confusion avec les boissons diététiques de l'effort est soigneusement entretenue. Un risque d'amalgame que déplore la diététicienne du sport Dominique Poulain, « Il faut se méfier de ces sodas surdosés en sucre qui contiennent des taux de caféine affolants. Ils ne présentent pas de qualité nutritionnelle, ne permettent pas de se réhydrater et ne répondent aucunement aux besoins en apports glucidiques des sportifs ». En outre, ces produits ne sont pas anodins pour la santé. Les problèmes découlent souvent de leur surconsommation et d'une mauvaise interaction avec l'alcool.

Devenus très populaires dans les boîtes de nuit et les bars, les breuvages énergétiques servent fréquemment à la préparation de cocktails détonants, coupés par exemple avec de la vodka, de la tequila ou du champagne. Les gens en consomment pour conserver leur énergie toute la nuit ou pour étancher leur soif après un exercice. Mais, plutôt que de réhydrater le corps, ces boissons peuvent produire le résultat inverse du fait de la caféine qui agit comme un diurétique. En cas de mauvais mélanges ou de consommation excessive, des effets indésirables - nausées, vomissements, tremblements, irrégularité du rythme cardiaque - peuvent également se faire sentir.


Une réglementation européenne en cours

Pour l'instant, la France se montre moins permissive que la plupart de ses voisins européens. « Pour qu'une substance soit ajoutée dans une denrée alimentaire, elle doit au préalable avoir été testée, puis être autorisée par arrêté de la DGCCRF. En fait, tout ce qui n'est pas autorisé est interdit », explique Guillaume Cousyn. Les réticences portent en particulier sur la taurine présente par exemple dans la viande, mais à des doses beaucoup plus faibles, avec une quantité journalière préconisée oscillant en moyenne entre 60 et 400 mg. Avec certaines de ces boissons comme le célèbre Red Bull, on passe à 1 g pour une canette.

Pour juger des conséquences que pourrait avoir la consommation régulière de telles substances, la DGCCRF a saisi l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) à plusieurs reprises. Le premier avis négatif publié en mai 2003 concluait à « l'impossibilité d'assurer avec certitude que les teneurs en taurine et de D-glucuronolactone relevées dans le produit ne présentaient aucun risque pour la santé ». Ce rejet a été renforcé par un second avis négatif remis en janvier 2006.

Mais la motion de censure, qui existe aussi en Norvège et au Danemark, pourrait bien être remise en cause prochainement. L'Afssa, engagée en ce moment sur une étude plus approfondie du dossier, ne souhaite pas s'exprimer avant d'avoir remis officiellement ses conclusions. Toujours est-il qu'une réglementation européenne est en cours concernant l'adjonction de vitamines, minéraux et autres substances dans les boissons.

Quelle que soit sa position antérieure, la France risque bien de devoir s'aligner sur les décisions de la Commission. « Les mises en garde alarmistes ne font pas fuir les consommateurs. Bien au contraire. L'interdiction de commercialisation a fait grimper le mythe autour de Red Bull. Si la France tombe les armes, plus de 150 revendeurs potentiels sont déjà sur les starting-blocks », fait observer Dominique Poulain. Le « Taureau rouge » n'a d'ailleurs pas attendu l'ouverture des frontières françaises pour circuler librement sur le Web et discrètement sur le territoire. Comme le confirme un porte-parole de la Direction générale des douanes : « La commercialisation de ses boissons est interdite, mais leur consommation ne l'est pas ». On peut facilement imaginer que les importations secrètes vont bon train pour cette boisson ultramédiatisée, qui est déjà devenue le troisième soda le plus bu en Europe, après Coca-Cola et Pepsi. Reste à conseiller la modération...


Suite du dossier
>>> Red Bull : l’histoire d’un succès

Infos Circulation 01men
Trafic
Etat du trafic et des bouchons en temps réels

Plus d'infos


AJOUTER AUX FAVORIS  .  MENTIONS LEGALES  .  CONTACTS