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La NBA peut-elle encore séduire l'Europe ?

La tournée de quatre équipes américaines en Europe relance les perspectives d'une implantation de la NBA en Europe. Véritable serpent de mer, ce projet se heurte aux progrès du basket européen, désormais de plus en plus compétitif.

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La NBA a profité de loccasion pour vendre ' quelques ' maillots.
Viendra, viendra pas ? Les aficionados du basket made in America l'espèrent depuis cinq ans. Nourris aux matchs exhibitions pendant l'intersaison et aux rencontres officielles retransmises sur le câble et le satellite, les fans européens souhaiteraient avoir enfin un vrai morceau du championnat de basket américain, avec de véritables rencontres sur le Vieux Continent. Cet espoir est notamment entretenu par David Stern, le président de la NBA, qui évoquait déjà la probable expansion de sa ligue de ce côté-ci de l'Atlantique... en 2002. Hélas, depuis, la situation n'a guère évolué.
En septembre, le président du Real Madrid, section basket, ravivait toutefois l'espoir en laissant entendre que son club pourrait jouer dans quelques années en NBA. Une bravade, ou un scoop trop vite lâché ? Dans cette dernière hypothèse, la tournée européenne de quatre équipes NBA (San Antonio Spurs, Phoenix Suns, Philadelphia 76ers, Los Angeles Clippers) prend des allures de ballon d'essai. Début octobre, Lyon, Paris, Barcelone, Rome, Trévise, Cologne et Moscou accueillent le NBA Europe Live Tour, une série de matchs amicaux avec des équipes européennes (l'Asvel, le Maccabi Tel Aviv, la Virtus Roma, le FC Barcelone et le CSKA Moscou). Cette campagne promotionnelle sans précédent est le résultat d'une collaboration accrue entre la NBA et l'Euroligue. Reste à savoir s'il ne s'agit que d'une opération marketing ponctuelle ou d'un aperçu de ce que concocte la NBA.

La NBA veut accroître ses parts de marché

Pour la ligue américaine, s'étendre au-delà de ses frontières nord-américaines est devenu une obligation stratégique. David Stern n'a ainsi jamais caché son ambition de faire de la NBA un ' global game ', un marché mondial du basket. Moribond dans les années 70, le basket professionnel américain est devenu en deux décennies une entreprise très rentable. Droits de retransmission télévisuelle, marketing des maillots, licences diverses de l'image des joueurs, fréquentation des salles et autres, génèrent un chiffre d'affaires de 3 milliards de dollars par an. En 1981, il ne fallait débourser que 1,5 million de dollars pour acquérir les droits de retransmission des matchs pour trois ans. Vingt ans plus tard, la chaîne TNT a dû se délester de 2,2 milliards de dollars pour s'approprier ces mêmes droits pour une durée de six ans.
Différents indicateurs montrent cependant que le plafond de saturation a été atteint. Les taux d'audience des finales du championnat se tassent depuis quelques années. La fréquentation des salles ne peut guère être meilleure, avec un taux de remplissage supérieur à 90 % la saison passée. La NBA ne peut pas vendre plus sur son territoire. Il lui faut donc conquérir de nouvelles parts de marché.

Le basket européen a fait des progrès

Fort heureusement pour David Stern, avec la Dream Team de Jordan, Magic et Bird aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, le monde entier a découvert qui étaient ces athlètes dont les adolescents tapissaient de posters les murs de leurs chambres. Après les retraites successives de ces joueurs, d'autres stars ont repris le flambeau : Shaquille O'Neal, Kobe Bryant, Lebron James ou bien Dwayne Wade. Avec bien moins de succès à mesure que le niveau des championnats en Europe progressait. D'autant qu'à la différence de ses aînés, cette jeune génération peine à dominer les compétitions internationales. Lors des derniers Championnats du monde au Japon, l'équipe américaine s'est ainsi fait battre par la Grèce en demi-finale.
Sportivement, le monde du basket n'a désormais plus grand-chose à envier à la NBA. C'est pour cette ligue un atout et un désavantage. Un atout, depuis que des joueurs étrangers ont réussi à devenir des stars dans les équipes américaines : l'Allemand Dirk Nowitzki, l'Espagnol Paul Gasol, l'Argentin Manu Ginobili, le Chinois Yao Ming, les Français Tony Parker et Boris Diaw ?" pour ne citer que deux des sept joueurs hexagonaux évoluant aux Etats-Unis. La NBA s'en réjouit, voyant en ses étrangers autant d'ambassadeurs en mission d'' évangélisation ' auprès des publics nationaux.
Mais la progression du reste du monde est aussi un désavantage pour la NBA qui n'est plus attendue comme le Messie par les foules d'amateurs de ballon orange. Ainsi, lors de cette tournée, deux équipes NBA ont mordu la poussière, une grande première dans l'histoire des confrontations entre les équipes NBA et leurs homologues européennes. Et, à la vue des résultats du dernier championnat du monde, les victoires de Barcelone et de Moscou sur Philadelphie et Los Angeles n'ont rien de surprenantes.

L'exigence du spectateur européen

Sous l'impulsion de l'Uleb (Union of European Leagues of Basketball), réunion de 16 ligues nationales d'Europe, les championnats européens et nationaux ont gagné en qualité et en professionnalisme. En France, la dernière finale du championnat de Pro A a rempli Bercy avec plus de 14 500 spectateurs. Le public n'est plus prêt à céder facilement aux sirènes du marketing américain.
Ainsi, pour le match des Spurs à Bercy le 8 octobre, les places restantes ont été brièvement vendues à moitié prix. En affichant des tarifs compris entre 98 et 144 euros, les Américains ont sans doute présumé de leur pouvoir d'attraction. Car finalement, seuls les joueurs semblent vraiment attendre la NBA de pied ferme... ' Pour les dollars des contrats qu'ils pourraient signer ! ', ironise un cadre du basket professionnel français. Mais, pour signer des contrats, il faut des spectateurs, et là, tout reste encore à faire !
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