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' Ben-Hur ' au Stade de France

En montant ' Ben-Hur ', Robert Hossein réalise un rêve de gosse et rend hommage à son père compositeur dont il utilise la musique dans son spectacle.

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Mario Luraschi en répétition. Le célèbre dresseur de chevaux sest chargé de régler la scène de course de chars.
Pourquoi s'attaquer à Ben-Hur ?
Robert Hossein : On ne peut pas se débarrasser de son enfance. Mes parents étaient des êtres merveilleux mais nous avons vécu dans la misère lorsque j'étais gamin. J'allais souvent au cinéma avec mes copains, en resquillant. Je ne possédais rien d'autre que les films et les héros que j'y voyais. J'étais fasciné par Ivanhoé et par le film muet Ben-Hur avec Ramon Novarro. Je disais à mes copains en déconnant : ' un jour, je ferai Ben-Hur '. Les années ont passé et c'est devenu une plaisanterie. Chaque fois qu'on me demandait ce que j'allais monter, je répondais pour me débarrasser de mon interlocuteur : ' Ben-Hur ! ' Je n'y croyais pas moi-même.
Et puis une fois, au cours d'un repas, j'ai rencontré des hommes d'affaires qui m'ont demandé quels étaient mes projets. J'ai répondu en riant : ' Je voudrais monter Ben-Hur au Stade de France '. Je ne savais pas que j'avais en face de moi des responsables du groupe Vinci, et notamment Antoine Zacharias. Ils m'ont pris au mot : ' puisque vous en avez envie, faites-le ! '. Et j'ai commencé à travailler dessus en janvier 2005.
Comment met-on en scène un spectacle dans un lieu comme le Stade de France ?
J'ai construit mon spectacle à partir d'un événement personnel. Il se trouve qu'un jeune homme est venu me voir pour me dire que son père avait été l'éditeur de mon père compositeur. Il m'a apporté une ?"uvre de lui jamais enregistrée : La Symphonie des sables. J'étais ému et j'ai trouvé ça fantastique. Les onze thèmes m'ont donné l'idée des onze tableaux du spectacle. Cela été le point de départ de ma mise en scène qui est un peu un hommage à mon père. On a réalisé un story-board des onze tableaux, dessiné dans le détail tous les palais, les caravanes, les galères et les jeux de cirque.
Mais le gigantisme du stade n'aura rien à voir avec la réussite du spectacle : il y a un tableau où un homme pleurera seul en scène. J'ai beaucoup d'humilité ; j'ai beau savoir que les réservations sont remplies au point de devoir rajouter une séance, lorsque je m'assois dans le stade, je me sens tout petit et j'ai le trac. Il va y avoir 60 000 spectateurs. Ce stade, il est étrange et fascinant. Ça n'est pas gagné, il va falloir donner du souffle et ça sera une immense émotion.
Qui vous entoure ?
J'ai une équipe de 400 collaborateurs. Deux d'entre eux sont particulièrement talentueux : Alain Decaux à l'écriture, et Mario Luraschi qui règle la fameuse course de chars. Les comédiens n'auront pas beaucoup de texte à dire mais j'ai mis des mois et des mois à les choisir. Je les ai sélectionnés physiquement, en adéquation avec leur personnage ; pas un de leurs cheveux ne m'a échappé. J'ai fait les castings avec l'objectivité la plus totale. Je n'ai même pas voulu connaître leur nom. Et c'est moi qui serai le narrateur du spectacle.
Vous êtes-vous inspiré du film de Willam Wyler avec Charlton Heston ?
J'adore les deux films sur Ben-Hur, celui de William Wyler et celui de Fred Niblo. Mais ils n'ont eu aucune influence sur mon spectacle. Je suis parti du livre de Lew Wallace. Il y a des scènes communes avec le film de Wyler mais uniquement parce que certaines scènes sont écrites telles quelles dans le roman. Ce qui va être joué, c'est du spectacle vivant. Il y aura des écrans dans le stade, mais ils seront là uniquement pour faire des gros plans sur les visages, pas pour faire du théâtre filmé.
Quel est le sens de votre spectacle ?
Il y a un message. Ben-Hur, c'est la confrontation entre chrétiens, arabes et juifs. On ne peut pas ne pas faire un parallèle avec ce qui se passe au Liban. C'est un message de paix et d'humanité, mais il invite aussi à l'action, à l'engagement, à la conciliation entre croyants et non-croyants, au respect entre les religions et les cultures. Ben-Hur, c'est un cri d'espoir.

Ben Hur

Lieu : Stade de France (Seine-Saint-Denis)
Date : jusqu'au 30 septembre
Site Internet  : www.benhur.fr

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