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| L'équipe de Lyon en Ligue des champions 2006. |
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Au début de l'année 2006, la France s'est retrouvée contrainte par Bruxelles de laisser ses clubs s'introduire en Bourse, comme toutes les autres équipes européennes en ont le droit depuis des années. Le premier d'entre eux, l'Olympique
Lyonnais, se montre depuis longtemps très intéressé par cette possibilité. Patron du groupe Cegid - éditeur de logiciels de comptabilité -, déjà coté, le président du club Jean-Michel Aulas sait exactement pourquoi il veut
entrer en Bourse. Sur le plateau de l'émission
Téléfoot
au printemps dernier, il expliquait :
« Pour pouvoir avoir des clubs économiquement sains et bien gérés, la Bourse est un des moyens qui leur
permet de se financer mais aussi d'être transparents. »
Voilà pour la théorie. Mais en pratique, la situation est plus complexe.
Suivre l'exemple de Manchester United
La plupart des 37 clubs cotés en Europe ont ainsi connu de fortes désillusions. Le cours actuel de leurs actions est généralement inférieur au prix d'introduction. Ce phénomène s'explique principalement par le fait que les clubs de
football ont des résultats financiers qui dépendent largement de leurs résultats sportifs, forcément aléatoires.
A l'image de ce que fait Manchester United, Lyon a construit sa puissance économique sur ses produits dérivés, et pas uniquement sur ses participations à la lucrative Ligue des champions. C'est pourquoi Jean-Michel Aulas estime l'OL
mieux protégé que les autres clubs européens. Autre atout pour la capitale des Gaules : ses résultats sportifs sont d'une rare régularité sur la dernière décennie. Depuis 1999, outre ses cinq titres de champion, l'OL s'est toujours assuré une
place sur le podium du Championnat, se garantissant ainsi une participation annuelle à la Ligue des champions.
Coter l'ensemble du groupe
Ce n'est pas seulement l'Olympique Lyonnais que Jean-Michel Aulas veut introduire en Bourse, mais tout le groupe OL. Les résultats financiers du club ne sont qu'une partie des bénéfices de la holding qui regroupe toutes les activités de
la marque OL. Ainsi, le club lyonnais multiplie les filiales comme OL Restauration avec Sodexho, OL Voyage, OL Images, OL Organisation ou OL Merchandising. Il développe de nouvelles marques comme OL Phone ou
OL Musique, qui a vendu 40 000 exemplaires de son premier CD.
Chaque année, l'Olympique écoule plus de 70 000 maillots et parvient même à intéresser les femmes au foot puisque, moins de trois mois après son lancement, l'OL a vendu 2 000 strings à ses couleurs ! Car ce qui
intéresse le marché, c'est la lisibilité de la performance de la société cotée : savoir d'où elle vient pour savoir où elle va, avoir ainsi une idée de la rentabilité de l'investissement. Pour cela, il vaut mieux désindexer les résultats
financiers des résultats sportifs.
Trois bonnes raisons d'entrer en Bourse
En rejoignant la Place financière, l'OL ne sera pourtant pas plus souvent champion de Ligue 1 qu'aujourd'hui ! Jean-Michel Aulas en fait pourtant une condition
sine qua non
pour son avenir. Il déclarait
ainsi dans
L'Equipe
du 5 septembre dernier,
« sans introduction en Bourse ni nouveau stade, ce serait même carrément la fin de l'histoire, en tout cas me concernant ».
Mais
pourquoi y aller ?
La cotation sur les marchés financiers peut d'abord être un moyen d'évaluer rapidement l'entreprise, dans le cas où l'actionnaire souhaite la vendre. Pathé, qui détient une large part du groupe depuis qu'il y a injecté 15 millions
d'euros en 2000, ne serait pas insensible à cette possibilité. Il est par ailleurs indéniable que Jean-Michel Aulas a effectué un gros travail avec l'OL depuis sa reprise en 1987.
A l'époque, le budget du club était à peine de 2 millions d'euros, contre plus de 150 aujourd'hui. On peut imaginer qu'il souhaite en tirer profit un jour. Pour cela, la Bourse offre une facilité de sortie pour les dirigeants
propriétaires de leur entreprise qui n'a pas - ou peu - d'équivalent. Autre avantage, ce désengagement peut être progressif.
Officiellement, la valorisation boursière d'une société permet surtout d'attirer les investisseurs autour d'un projet précis ou, même, de simples perspectives favorables. C'est une manière de lever des fonds, et pour l'OL de devenir
l'égal financier des plus grands clubs européens. Si demain l'Olympique souhaite se construire un grand stade ultramoderne sans faire appel aux collectivités locales, il lui faudra sans doute trouver d'autres investisseurs. Il existe certes la
technique du naming,
mais ce type de financement risque d'être insuffisant pour un projet de 200 millions d'euros. La Bourse offre des garanties plus solides pour de nouveaux
investisseurs potentiels.
Enfin, l'ouverture du capital peut aussi être un moyen de fidéliser les joueurs aux clubs en les intéressant aux résultats financiers, voire en indexant leurs salaires sur ces derniers. Ce type de management, pratiqué dans bien des
entreprises sous la forme de
stock options,
aurait l'avantage de réduire le risque financier lié à l'activité du club. En cas de non-qualification à la Ligue des champions, la masse salariale du club se retrouverait ainsi
automatiquement allégée.
Suite du dossier
>>> Trente-sept clubs cotés en Europe
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