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PHOTOS
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| La Taverne médiévale organise des soirées costumées tous les jeudis soirs. (© www.latavernemedievale.net) |
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| Une armure de qualité moyenne peut coûter 2 000 euros. (© Thierry/www.medietaz.be) |
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| Rassemblement de Sterkshof en Belgique. (© Thierry/www.medietaz.be) |
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| Atelier des Ecorcheurs du loup et de la rose. (© ecorcheurslr.free.fr) |
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| Le temps d'un week-end, les médiévistes renouent avec les conditions de vie de l'époque. (© ecorcheurslr.free.fr) |
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| Tentes médiévales dans un campement. (© Thierry/www.medietaz.be) |
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| Des participants à un jeu de rôle grandeur nature d'inspiration médiévale. (© FédéGN) |
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Tous les jeudis soirs aux Caves Saint-Sabin à Paris, c'est soirée médiévale avec costume obligatoire. S'y pressent une foule d'habitués et quelques curieux venus là pour le dépaysement. Passé la peur d'être ridicule et l'étrange
impression d'avoir été télétransporté dans la série
Kaameloot,
on finit par se prendre au jeu et siroter avec plaisir sa corne d'hypocras - infusion de cannelle, d'amandes douces, de vanille, de girofle, dans du vin
édulcoré avec du sucre - au son des cornemuses.
« J'aime le médiéval, j'appartiens à la Confrérie des chevaliers de St-Sabin et je ne voulais plus laisser les costumes dans la naphtaline entre deux fêtes. C'est pour ça que j'ai lancé cette Taverne médiévale il
y a trois ans »,
raconte Jean-Marc Junod. Comme lui, des dizaines de milliers de Français se passionnent pour le Moyen Age, avec pour principal point commun : incarner un personnage et revêtir son costume à l'occasion de
soirées et de fêtes.
Des médiévistes dans toute l'Europe
Né en Angleterre et en Allemagne, ce phénomène touche désormais toute l'Europe et semble prendre de l'ampleur avec la multiplication d'associations de reconstitution et d'animation historique.
« J'entends souvent
les anciens raconter que les premiers groupes de reconstitution médiévale ont commencé il y a vingt ans. Mais je dirais que cela a pris de l'ampleur il y a cinq ans. Et encore aujourd'hui, de nouveaux groupes se créent »,
témoigne Sébastien de Wulf, à la tête des Compagnons du Chat noir en Belgique.
Jean-Marc Junod estime à près de 2 800 le nombre d'associations de ce type dans l'Hexagone, chacune comptant dix à vingt membres, environ. Américains et Canadiens témoignent également d'un fort intérêt pour cette pratique, tandis
que des troupes mongoles et de samouraïs du XII
e
siècle pointent le bout de leur nez en Europe.
Naviguant dans ce milieu en électron libre en Belgique, Thierry Parmentier prend des photos de troupes avec un groupe d'amis et les suit dans leurs festivités.
« Les médiévistes se retrouvent entre eux lors de
rassemblements fermés au public ou lors de fêtes ouvertes à tous, organisées par des mairies ou des associations dans toute l'Europe. Azincourt en France, Namur et Sterckshof en Belgique, Saint-Ursanne en Suisse ou encore Hastings en Angleterre font
partie des événements les plus connus »,
précise-t-il.
Sans structure fédératrice centralisée, les compagnies francophones communiquent tout de même entre elles grâce à des sites Internet comme
Citadelle
et des forums comme
La Vie médiévale
ou
Les Guerriers du Moyen Age.
Rêve de gosse et scoutisme
Lors des festivités, professionnels du spectacle côtoient artisans et troupes d'amateurs venus présenter leurs produits ou réaliser une démonstration. Reconstitution de batailles, spectacles de combat, travail du cuir ou des métaux,
danses, chants, musique ou calligraphie font partie des multiples activités exercées par les médiévistes.
Romain Piriou préside l'association des Ecorcheurs du loup et de la rose, basée à Provins :
« Nous, on a choisi de reconstituer un camp de mercenaires du XIIIe siècle. On se réunit
plusieurs fois par mois pour préparer les fêtes et les rassemblements, qui n'ont lieu que d'avril à octobre. En dehors des tâches liées à la vie du camp, on fait des démonstrations de combat à armes réelles, on fabrique des cottes de mailles et on
confectionne des objets en cuir comme des bourses et des aumônières. L'hiver, il ne se passe presque rien, alors on répare le matériel et on s'occupe des costumes.
»
Le déclic qui pousse à devenir médiéviste est simple.
« Au départ, c'est un rêve de gosse qui devient réalité. On échange nos bâtons contre de vraies épées et nos boîtes de carton contre de vrais casques. On
réapprend à vivre sans électricité et sans portable, à dormir dans une tente sur de la paille, à attendre le repas sans vider un paquet de chips »,
explique Sébastien de Wulf.
Le côté retour à la nature et scoutisme façon vie communautaire sous tentes médiévales, feux de camp et corvées de bois donne aussi tout son sel à ces rassemblements. Au point que Romain Piriou concède que
« c'est
une telle passion et un tel plaisir de se retrouver entre nous que lorsqu'il faut retourner au boulot le lundi, c'est dur. Je suis toujours un peu déprimé ».
Une source d'inspiration pour les rôlistes
A la marge de ces groupes, on trouve plusieurs mouvements qui puisent leur inspiration dans l'époque médiévale comme les gothiques et les rôlistes. Olivier Guillo, chargé des relations de presse de la Fédération française des jeux de
rôle grandeur nature (FédéGN), le confirme.
« Nous comptabilisons environ 200 scénarios de jeux. Les trois quarts d'entre eux concernent le Moyen Age. Si la majorité est plutôt axée sur le fantastique, il y a aussi des
scénarios purement historiques, et nous comptons des participants qui sont par ailleurs médiévistes. »
D'où le développement de lieux de sociabilité sur le modèle de la taverne médiévale des Caves Saint-Sabin, qui réunissent à la fois médiévistes, gothiques et rôlistes comme L'Antre-II Mondes à Dijon, Le Grimoire du Graal à
Bordeaux ou Le Troll farceur à Rennes.
Depuis le milieu des années 90, cinéma et télévision puisent fréquemment leur inspiration dans l'histoire médiévale avec des films comme
Braveheart,
Jeanne d'Arc,
Le Seigneur
des anneaux
ou
Les Rois maudits.
Toutes ces productions contribuent à renforcer une certaine fascination pour le Moyen Age et suscitent de nouvelles vocations auprès de jeunes adultes qui cherchent à s'évader de
la réalité contemporaine.
Choisir son personnage
Pas d'illuminés chez les médiévistes. Ils s'adonnent à leur passion avec rigueur et méthode. Parce que choisir un personnage puis confectionner son costume ne s'improvisent pas. Cela demande forcément des recherches historiques et
quelques passages en bibliothèque.

Albalétrier, cirier, seigneur, apothicaire, enlumineur ou calligraphe... le panel est vaste. Mais le premier réflexe des hommes, c'est de vouloir se glisser dans la peau d'un chevalier. Pourtant, le prix d'une bonne épée ne
descend pas en dessous de 150 euros et une armure de qualité moyenne peut coûter jusqu'à 2 000 euros. Sans compter le délai de fabrication. C'est pour cette raison que les spécialistes conseillent d'abord de choisir une époque et
ensuite de s'orienter vers un personnage civil.
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