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L'information, qui devrait être accessible à tous, est désormais réservée à certains privilégiés. L'attitude de Raymond Domenech en a été la parfaite illustration, le 14 mai dernier, lorsque le sélectionneur national a
refusé de se soumettre aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse organisée par la Fédération française de football, au château de Clairefontaine.
TF1 grince des dents
Le but du jeu ? Dévoiler la liste des 23 joueurs appelés à représenter la France au prochain mondial, qui va se dérouler du 9 juin au 9 juillet en Allemagne. A l'heure dInternet, des webcasts et des blogs, tenir une
info secrète et la réserver aux médias relève de l'exploit. Domenech l'a fait. Contraint et plus ou moins forcé par les tout-puissants sponsors de la Fédération. TF1 - diffuseur des Bleus jusqu'en 2010 pour
45,33 millions d'euros annuels - a ainsi exigé que la liste soit communiquée en direct dans l'émission dominicale
Téléfoot.
Ce dimanche matin, ils étaient ainsi 3 756 920 téléspectateurs à coller leur nez sur le petit écran. Mais Raymond Domenech, qui n'en est pas à une pirouette médiatique près, se contenta d'inviter les
quarante journalistes présents à lire eux-mêmes la composition du groupe. Quant aux téléspectateurs, ils durent attendre une bonne dizaine de secondes avant de savoir qui avait été retenu. Un flop total pour TF1 qui fera par la suite grincer
quelques dents au sommet de la tour de Boulogne, siège de la chaîne privée.
Dans les secondes suivant sa laconique intervention, le sélectionneur se leva, devant un parterre de journalistes médusés, et quitta les lieux, sans faire de commentaires sur ses choix. Le lendemain, Raymond Domenech les
« offrait », en exclusivité, à l'opérateur mobile SFR, autre partenaire des Bleus. Seuls les possesseurs d'appareils de troisième génération 3G en ont profité. Soit sans doute moins d'un Français sur
soixante.
Il est vrai que la grosse machinerie de la « com » semble bien huilée à la Fédération, même si son président, Jean-Pierre Escalettes a reconnu
« une maladresse de
communication »
et dénoncé
« une tempête dans un verre d'eau ».
Le principal dirigeant du sport numéro 1 en France oublie cependant de préciser que SFR verse
6 M€ tous les ans à la Fédération pour « monter » ses exclusivités.
Devant le tollé général provoqué par ce marchandage d'infos, la FFF a fait annuler un
chat
qui devait avoir lieu quatre jours après le non-événement de Clairefontaine. Le président Escalettes a même cru bon
de préciser que, contrairement à l'accord passé, il n'y aurait pas d'intervention de Domenech sur SFR pendant le mondial.
Zidane en ligne
Même si elle a choqué les conservateurs de l'info, cette façon de procéder n'est pas nouvelle pour les gens du football. En août 2005, Zinédine Zidane avait également réservé l'exclusivité de l'annonce de son
retour en équipe de France à l'un de ses sponsors personnels.
Le fan de Zidane a pu ainsi aller voir la vidéo de l'événement sur Orange World, lire du contenu sur Orange.fr ou Zidane.fr ou encore appeler le numéro 3282 (à 0,34 euro la minute) pour tout savoir sur le
come
back
du retraité des Bleus.
Résultat des courses : le nombre de visiteurs sur le site du sportif est passé en quelques heures de 4 000 connexions à 80 000. Une rentabilité multipliée par 20. Le web, le business mobile et
« l'exclu » pour une chaîne, Canal +, c'est aussi cela le choix... sportif de Zidane.
Aujourd'hui, pratiquement tous les internationaux possèdent leur propre site Internet afin de pouvoir y diffuser LEURS vérités sans être importunés par les questions, « forcément tendancieuses », des
plumitifs. Les Français parlent encore aux Français, mais pratiquement plus aux journalistes étrangers qui doivent désormais rémunérer les joueurs pour enregistrer ou retranscrire un ramassis de platitudes. Zidane, Henry, Barthez, Cissé ou Anelka,
les valeurs en hausse à la bourse du sponsoring, sont devenus inaccessibles. La parole est devenue d'or. Le silence est rageant...
Le top 5 des milliardaires du foot
Aujourd'hui, même exorbitants, les salaires des stars sont multipliés par trois grâce aux revenus publicitaires. Dans une récente étude,
France Football
affirmait que Ronaldinho, le joueur le mieux payé
au monde, touchait 23 millions d'euros par an : 8,5 M€ de salaire et un peu plus de 14 M€ de contrats publicitaires. Voici le Top 5 des artistes du ballon rond qui surfent sur la vague des millions :
1. Ronaldinho (Barcelone)

Salaire annuel : 8,5 M€ (sans les primes, évaluées à 500 000 €) ; contrats publicitaires : 14,3 M€ (Nike, Pepsi-Cola, Danone, Gatorade, Chevron/Texaco, Cadbury/Trident, Electronic Arts, Lays,
Konica Minolta, Siemens, Hyundai, Unilever, Telemar, Santander Banespa, Saison et autres opérations diverses (BD, DVD).
2. Beckham (Real Madrid)

Salaire annuel : 6,4 M€ ; contrats publicitaires : 11,6 M€ (Adidas, Pepsi, Gillette, parfums Coly, plus biographies, DVD et exclusivités presse), notamment en Asie.
3. Ronaldo (Real Madrid)

Salaire annuel : 6,4 M€ ; contrats publicitaires : 11 M€ (Nike, Ambev, Audi, Tim, Siemens plus (DVD et biographie)
4. Rooney (Manchester United)

Salaire annuel : 5,2 M€ (sans les primes, évaluées à 100 000 €) ; contrats publicitaires : 10,8 M€ (Nike, Coca Cola, Lucozade, Pringles, Electronic Arts)
5. Vieiri (Monaco)

Salaire annuel : 4 M€ (sans les primes, évaluées à 9 M€ ; contrats publicitaires : 3 M€ (Telecom Italia, Peugeot, prêt-à-porter, restauration, immobilier, secteur du loisir)
Le premier français est Zinédine Zidane (Real Madrid), sixième au classement, dont les revenus sont estimés à 15 M€ par an.

Quant à Djibril Cissé (Liverpool), l'homme en forme au niveau des contrats, il vient de signer récemment un accord exclusif avec Jet Multimédia pour l'exploitation mondiale de son image sur la téléphonie mobile. Il
s'agit d'ailleurs du Français possédant le plus grand nombre de contrats nationaux et internationaux. Il ne lui reste plus qu'à devenir titulaire en équipe de France !
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