"Moonlight" : entretien avec le vampire Alex O'Loughlin !
Le 07/09/2008 à 00h49, par Allociné
Il incarne le vampire amoureux Mick St. John... AlloCiné Séries a rencontré Alex O'Loughlin, le héros de "Moonlight" !
AlloCiné Séries : Dans l'épisode 8, il y a une phrase qui me semble essentielle pour la compréhension du personnage et de la série. Josef dit à Mick qu'il doit arrêter de détester ce qu'il est, un vampire. Qu'en pensez-vous ? Alex O'Loughlin : En effet, c'est une phrase capitale. Et cela fait écho à sa motivation primaire pour devenir détective privé. En tant que vampire, il doit se nourrir de sang afin de survivre. Devenir détective privé et traquer des criminels lui donne une raison de vivre et de s'éloigner du prédateur qu'il est au fond de lui. Combattre le Mal au dehors c'est aussi combattre le Mal en lui, tenir à distance le vampire et se rapprocher de l'Homme qu'il a été et qu'il aimerait tant être encore. Mick est un humaniste. Il déteste le vampire qui est en lui. Il n'a jamais voulu en devenir un. Il nie ce qu'il est et il est en contrôle constant de sa vraie nature. Il s'est construit une ligne de conduite stricte, avec des principes moraux très forts. Josef est le seul qui peut percer cette volonté car lui assume pleinement sa nature.
Josef est son ami et son mentor... Il y a une confiance entre eux, une amitié sincère et une forme d'allégeance. Ce que dit Josef à Mick est au coeur du combat de ce dernier pour son identité.
Travaillez-vous avec les scénaristes ? afin de cerner au mieux votre personnage, ses réactions, son histoire... Oui, j'entretiens des relations de travail très étroites avec eux. Et je dois leur reconnaître qu'ils ont vraiment été à mon écoute, lors de toutes les étapes. Très souvent ils ont soutenu mes idées et en ont même intégré quelques-unes aux intrigues. C'est fantastique. Je suis le plus ancien de l'équipe, notamment depuis le départ de Ron Koslow (ndlr : le créateur de la série) et je suis celui qui connaît le mieux Mick. Cela me donne, non pas le droit, mais la possibilité de faire des suggestions, de donner mon point de vue. Nous sommes tous très occupés donc je ne parle pas à tort et à travers et je n'interviens que lorsque j'estime que c'est nécessaire. Mais vous savez, je regarde sur le long terme, j'essaie de voir où et à quoi Mick pourrait ressembler dans 2 ou 3 saisons (ndlr : l'interview a été réalisée avant l'annulation du show). Alors oui, pour vous répondre simplement, les scénaristes sont géniaux, ils ont été fantastiques avec moi.
Quelle est l'origine du nom de votre personnage, Mick St. John ? Je ne sais pas exactement où ils sont allés chercher ce nom, ni quelles sont ses origines. Je devrais le savoir mais je n'ai pas encore fait mes recherches ! Quoi qu'il en soit je trouve que c'est un nom vraiment cool !
Le personnage avait-il ce nom dès le départ ? Oui, dès le début. Ma mère m'a dit qu'il avait des sonorités chrétiennes. Tout cela est vraiment intéressant.
L'équipe de production a connu pas mal de bouleversements. Chip Johannssen est le shworunner actuel... Il est le 3ème showrunner en un peu moins d'une saison et je pense qu'il sera toujours en poste à la fin de la grève (rires) ! Avant nous avons eu la chance de travailler avec David Greenwalt, un ancien de Buffy contre les vampires et Angel et qui a dû passer la main pour des raisons de santé je crois. Puis nous avons collaboré avec Ron Koslow et Rod Holcomb, qui avait réalisé le pilote original avant le changement de casting. C'est franchement dingue tout ça ! Mais le simple fait que la série soit encore là, que nous ayons réussi à tourner 12 épisodes malgré la grève, les changements et que nous ayons en plus gagné un People's Choice Award, c'est une vraie preuve de son potentiel.
La série a évolué depuis le premier épisode... Pas tellement mais c'est vrai qu'elle était plus sombre. En fait je crois que c'était surtout Mick qui était plus sombre, bestial en quelque sorte. Mais il est suffisamment bestial comme ça (rires) ! J'ai été soulagé de pouvoir lui apporter un peu plus de légèreté, d'humour et surtout d'ironie. C'est capital lorsqu'un personnage est entraîné dans de telles aventures qu'il y ait un contrepoids. Sinon les téléspectateurs se suicideraient après avoir regardé 4 épisodes (rires) ! La série serait tellement déprimante. Lorsque nous avons changé une partie du casting et que nous avons réécrit le pilote, nous y avons vu la possibilité d'y explorer plus de choses, et surtout différemment. Au final les changements intitiaux ont été bénéfiques à la série.
La relation entre Beth et Mick est extraordinaire et potentiellement très riche. Mick joue avec le feu. Il sait qu'il ne pourra jamais être uni avec elle mais il ne peut s'empêcher d'être attiré... C'est le vrai Amour, ne pensez-vous pas ? Mick a vu cette fille devenir une femme. Ce qu'il ressent et la force de ses sentiments pour Beth (ndlr : jouée par Sophia Myles) lui est incompréhensible, notamment parce qu'il ne l'a jamais ressenti, pas même pour Coraline, son épouse. Il l'aimait, énormément, d'un amour passionnel, douloureux. Même si je ne me risquerais pas à comparer cela à William Shakespeare, il y a un peu de Roméo et Juliette chez Mick et Beth. Leur amour est impossible, et c'est ce qu'il y a de plus beau... Si Roméo et Juliette avaient eu un petit Roméo et une petite Juliette, leur histoire d'amour n'aurait pas été éternelle et ne serait pas devenue une des 5 plus grandes tragédies jamais écrites (rires) !
Joel Silver, le producteur de "Moonlight", est-il très présent sur le plateau ? Il est là très souvent. Nous avions déjà travaillé ensemble sur un film avec Kate Beckinsale au Canada intitulé Whiteout, qui sortira bientôt au cinéma. Mais il ne m'a pas engagé sur Moonlight pour cela. J'ai dû passer par toutes les étapes habituelles. J'ai auditionné pour les producteurs, puis pour le studio et enfin pour la chaîne ! Joel a toujours été là, et je pense qu'il était plutôt de mon côté ! Il voulait m'engager depuis le début mais ne pouvait rien faire sans l'aval de tout le monde. Dans un système comme celui des networks, tant que ce n'est pas signé, vous n'êtes sûrs de rien de toute façon. Les dirigeants de CBS prennent en compte l'opinion de Joel mais la décision leur appartient. J'ai dû les convaincre. Après avoir auditionné pour la chaîne, j'ai même dû refaire un screentest pour Les Moonves, le patron de CBS, qui n'était pas là le jour de l'audition finale et qui devait approuver personnellement le choix de l'acteur ! On a tourné l'essai sur le plateau d'Urgences ! Jason Dohring, qui joue Josef, y est passé aussi. J'en profite pour dire une nouvelle fois que j'admire beaucoup le travail de Jason.
Vous avez travaillé pour le câble, notamment sur "The Shield" diffusée sur Fx. Il y a une grande différence entre le système des networks et le monde des chaînes câblées... Lorsque vous travaillez pour un network, vous travaillez pour une chaîne, un studio... c'est une grosse machine. Lorsque vous êtes l'acteur principal d'une série, vous pouvez faire entendre votre voix auprès de la chaîne et du studio. Mais vous devez faire attention et choisir vos batailles avec précaution. Lorsque vous travaillez sur une série comme The Shield, vous n'avez pas à attendre le feu vert de 25 personnes différentes avant de changer quelque chose dans le script. Sur The Shield, vous discutez avec Shawn Ryan (ndlr : le créateur de The Shield) et puis voilà ! Sur un network, il y a des concessions à faire, notamment parce que l'on touche un public plus large et parce qu'il y a beaucoup plus d'argent en jeu, tout simplement.
"Moonlight" justement est une série sur les vampires qui n'est pas si gore... Il y a quand même des scènes assez sanglantes (rires) !