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L'Evanda est la grande berline familiale de Chevrolet. C'est initialement une Daewoo, rebadgée Chevrolet après le rachat du constructeur coréen par GM. Sur le papier, on ne peut qu'être intrigué, voire alléché par le prix plus que contenu, associé à une liste d'équipements de série impressionnante pour cette unique niveau de finition CDX. Outre-rhin, une grande routière équipée de la sorte coûte au bas mot le double de ce tarif.
Chevrolet nous apporterait-il un remède miracle à la baisse du pouvoir d'achat, ou faut-il aller plus loin dans l'analyse avant de se prononcer ? 321 Auto a testé pour vous cette auto à prix cadeau en long, en large, et même en travers.
Un style italo-américano-coréen
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Pour la ligne, un très grand nom du design italien a été sollicité : Giugiaro. Résultat, l'Evanda s'impose à notre regard avec une élégance manifeste.
A l'avant, de grands phares entourant une longue calandre effilée surplombent un bouclier massif qui intègre de petits feux antibrouillard ronds et une lame noire, conférant à l'Evanda une personnalité affirmée.
A l'arrière, les feux triangulaires fumés égayent un peu la poupe massive dont le volume ne laisse aucun doute sur la vocation familiale de l'auto. La garde au sol est assez haute et les roues de 16 pouces paraissent plus petites qu'elles ne le sont en réalité.
Bref, l'Evanda n'en fait pas des tonnes mais paraît accueillante, dans un style à la fois sobre, original et élégant.
Venez accompagnés !
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Lorsqu'on ouvre les portes, une impression agréable d'espace et de clarté se dégage en premier lieu. En effet le tableau de bord bi-ton, les sièges en cuir, les moquettes de couleur beige clair et les inserts couleur bois rehaussent le style de l'habitacle ; l'ambiance à bord est conviviale et plutôt cossue. En revanche lorsque l'on claque les portières, leur poids et le bruit n'augurent pas d'une grande solidité.
Les passagers arrières sont particulièrement bien traités avec un espace remarquable en longueur, largeur et hauteur, et les sièges sont confortables même à trois passagers côte à côte. On ne peut pas en dire autant des places avant car les sièges sont assez durs et leur maintien latéral réellement insuffisant, d'autant que le cuir est assez glissant.
Le design du tableau de bord - sans être novateur car il emprunte quelques bonnes idées à la concurrence - est original est agréable à l'oil. Je n'ai pas relevé de défaut d'ergonomie et les nombreux équipements promis sont tous là. Malheureusement, à l'usage on se rend compte qu'on n'en a que « pour son argent ». Le chauffage des sièges n'est actif que sur une partie de l'assise : en hiver le contraste froid/chaud est assez désagréable.
En roulant, la climatisation automatique s'avère peu efficace pour lutter contre la condensation et il faut combattre la buée fréquemment avec les réglages manuels. De plus, les buses d'aération centrales ne soufflent que de l'air froid et ne sont pas condamnables : une deuxième bonne raison de délaisser le mode automatique pour épargner aux occupants les courants d'air froids désagréables en hiver.
Une demi-Chevrolet ?
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Oublions d'emblée le V8 au gros carbu qui glougloute au ralenti en faisant tressaillir les chromes rutilants. les Chevrolet européennes sont économiques et donc beaucoup moins noblement propulsées.
L'unique motorisation disponible est le 2 litres 16 soupapes d'origine Opel. Au ralenti et à basse vitesse, il est silencieux et très lisse, donc plutôt agréable à utiliser. En revanche il devient bruyant lorsqu'on le sollicite plus rudement, ce qui devient obligatoire dès qu'on rencontre un peu de relief si on ne veut pas perdre trop de vitesse, à cause du couple relativement faible eu égard aux 1422 Kg de l'auto. De plus la consommation augmente proportionnellement. Résultat : sur les longs trajets vous serez en réalité assez loin des 8,8 l/100 annoncés par le constructeur. Notre essai a révélé une consommation moyenne de près de 11 litres sur un trajet principalement autoroutier, avec toutefois une auto bien chargée. Saluons l'initiative bienvenue de Chevrolet qui propose un équipement GPL en option à 3 000 euros. Celui-ci peut non seulement vous faire réaliser des économies, mais aussi augmenter l'autonomie qui est insuffisante pour une routière.
Les performances sont donc modestes mais pas insuffisantes pour cette berline dont la vocation est loin d'être sportive. En revanche celui qui recherche le plaisir de conduite en priorité sera déçu par ce moteur qui manque de caractère et de brio. De plus le feeling de la commande de boite et de l'embrayage ne sont pas particulièrement agréables et les variations de pression sur l'accélérateur ont vite fait de provoquer des à-coups désagréables.
Droit devant
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Sur le plan du comportement routier, on peut tout d'abord dire que le confort de suspension est d'un bon niveau. Les inégalités de la chaussée sont bien filtrées, et en silence, ce qui permet de compenser la relative dureté des sièges. La tenue de route, si elle n'a rien d'exceptionnelle, a le mérite d'être correcte et surtout le comportement est sain et sans surprise pour le conducteur, malgré l'absence de contrôle de trajectoire.
L'antipatinage est présent mais rarement sollicité étant donné le couple modeste du moteur, et l'ABS remplit bien son office, associé à un freinage également correct.
En revanche la direction est trop assistée, et malgré la présence du SPSS (assistance variable), la tenue de cap à vitesse élevée sur autoroute est perturbante car il devient difficile de rouler droit sans faire d'incessantes petites corrections autour du point milieu. Avec une sensibilité nette au vent latéral, lorsque les mauvaises conditions météo s'en mêlent, le conducteur est fortement incité à réduire sa vitesse car le ressenti est celui d'une fausse impression d'insécurité. En dehors de cela, pas de bonne ni de mauvaise surprise pour l'Evanda qui permet de se déplacer d'un point à un autre en toute simplicité, ce qui après tout est bien la première raison d'être d'une automobile !
Notre avis
| Style intérieur et extérieur | 4/5 | Sécurité active et passive | 3/5 | | Qualité et finition | 3/5 | Plaisir de conduite | 1/5 | | Ergonomie et simplicité | 3/5 | Performances pures | 2/5 | | Equipement et options | 4/5 | Agrément Moteur | 2/5 | | Confort et suspension | 4/5 | Budget achat et essence | 3/5 | | Moyenne | 2,9 | | |
| On regrette | On aime | | Plaisir de conduite relégué au second plan | Bon marché | | Qualité/fonctionnalité de certains équipements discutable | Présentation intérieure | | Faible autonomie | Habitabilité |
Fiche technique (Chevrolet Evanda 2.0 CDX)
| Vitesse max | 200 km/h | | 0 à 100 km/h | 9.8 .sec | | Conso autoroute | 6.8 l/100 | | Conso mixte | 8.8 l/100 | | Conso ville | 12.3 l/100 | | Poids | 1422 kg | | Moteur | 4 cylindres DOHC 16 s - 1998 cc - Essence | | Puissance | 131 ch à 5400 tr/minute | | Couple | 181 Nm dès 4200 tr/minute | | Transmission | Traction - BVM à 5 rapports | | Dimensions (L/l/h) | 4.77/1.81/1.44 | | Réservoir / Coffre | 65 litres / 435 dm3 | | Puissance fiscale | 9 cv | | Prix | 21 350 euros |
Conclusion
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Ce n'est pas l'Evanda qui a permis a Chevrolet d'établir une progression record de 26% en Europe l'année dernière. Son principal attrait est d'être, en marge de la concurrence, abordable pour toutes les bourses ou presque. L'auto en elle-même n'a rien d'exceptionnel et ne laissera pas une trace extraordinaire dans le paysage automobile, mais il pourrait bien en être autrement de sa remplaçante : l'Epica, qui sera dotée de moteurs 6 cylindres en ligne essence en phase de lancement puis recevra ensuite une motorisation diesel performante. Avec de bons moteurs, quelques défauts de jeunesse corrigés et un prix toujours aussi attractif, l'Epica pourrait bien nous épater !
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