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“Mon premier roman, ‘Remords d'un comique voyageur’, a un peu cassé la baraque. Après la galère des petits boulots, les années de crise et de mépris, j'allais enfin profiter. Mais voilà qu'une putain de mauvaise affaire est venue tout gâcher. C'est arrivé sans prévenir. Quelqu'un a sonné à ma porte un matin. J'ai enfilé une chemise à la va-vite pour aller ouvrir. C'était ma voisine du dessous, à poil avec un Colt .45 à la main. Comme tous les gagnants je n'ai pas réfléchi et j'ai essayé bêtement de lui arracher son arme. Si j'aurais su j'aurais pas dû comme disent les mômes, parce que soudain le coup est parti et je me suis ramassé une balle dans la cuisse. Ensuite elle m'a commandé de l'emmener en voiture à la campagne. Elle voulait me faire payer. Mais quoi ? Je n'y comprenais rien. En prime elle avait perdu la mémoire. On l'avait méchamment amochée. J'étais embarqué dans une sale affaire. C'était pas pensable, j'avais connu la taule, mais depuis des années je me tenais à carreaux. J'avais changé de vie, passant du braquage à l'écriture. Mon premier roman marchait bien, et voilà que j'allais me retrouver avec cette fille sur les bras, mon ex, les flics, mon avocat et une équipe de voyous, des vrais pieds-nickelés. Une histoire pas croyable.”
LES EXTRAITS de "Du même auteur"
Je n’aurais jamais pensé qu’elle puisse être aussi vulgaire dans son langage, cela ne lui ressemblait pas, elle parlait maintenant comme un personnage de mon bouquin. Et d’abord qu’est-ce qu’elle foutait à poil à six heures du matin dans ma salle de bains ? C’est ce que je lui ai demandé tout en continuant de me soigner parce que, pour une blessure en séton comme elle disait, la balle m’avait quand même arraché un bon morceau de chair. Elle ne l’avait sans doute pas remarqué parce qu’elle s’était mise à réfléchir. Je commençais à reprendre l’avantage. Quand les gens se mettent à réfléchir vous reprenez l’avantage, c’est une évidence. Les gagnants ne réfléchissent jamais. Une fois que vous avez réfléchi tout est terminé depuis longtemps. J’allais agir mais elle a tourné l’arme vers mes couilles. - Page : 13 - Editeur : Stock - 2007 - Mais chéri, on ne voit pas le type, il est derrière un drap, on ne suce que le sexe, on ne voit pas le reste, tout est très propre, sans poils, très hygiénique. - Vous sucez de vraies bites et vous payez pour ça ?! - Tu n’y comprends rien : le drap est tendu, il y a un trou dedans, le type ne voit rien, c’est très propre, même les testicules sont cachés, les poils sont rasés, on a les tests du sida et des MST. Ce sont des leçons, Joss ! De simples leçons ! Il n’y a rien de mal là-dedans. Est-ce que tu t’es demandé une seule fois comment je fais pour te masser le gland avec les amygdales ?! - T’as appris ça sur de vraies bites ?! Avec un drap troué ?! - Page : 51 - Editeur : Stock - 2007 Après ce qui lui était arrivé elle devait avoir au minimum une dent contre les mecs. Ce qui arrive aux femmes, est-ce qu’un homme peut le connaître, est-ce qu’un homme peut en juger ? Moi aujourd’hui je n’ai plus d’idée précise à ce propos, c’est pire que des hiéroglyphes, pire encore que l’autre côté du cosmos, toute cette souffrance bizarre, cette permanence d’intranquillité qui transpire malgré les masques. Parfois ça m’inquiète énormément et je ne sais plus trop quoi dire, plus trop quoi faire. Je me souviens que je suis un homme et que cela n’a rien à voir, qu’on n’a pas la même sensibilité, je me sens lourd dans ces cas-là, maladroit, un peu bête, comme une grosse bûche en face d’une fleur. - Page : 145 - Editeur : Stock - 2007
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