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Le Retour
Le 13/02/2007, par evene.fr
Bernhard Schlink
‘Le Retour’ s’ouvre sur les souvenirs de vacances du narrateur, Peter Debauer. Elevé dans l’Allemagne de l’après-guerre par sa mère, Peter passe tous ses étés chez ses grands-parents suisses. Ces derniers travaillent comme correcteurs d’épreuves pour une collection de romans populaires. Un jour, Peter commence à lire un bloc d’épreuves et découvre, fasciné, l’histoire d’un prisonnier de guerre allemand en Russie qui parvient à s’évader et à rentrer chez lui, mais seulement pour découvrir que sa femme ne l’a pas attendu. Certains détails du récit donnent à Peter l’impression qu’il s’agit non pas d’un roman mais d’une histoire vraie, et cette idée ne le quittera plus. Beaucoup plus tard, devenu juriste, il mène l’enquête et, petit à petit, découvre que l’homme en question est peut-être son père. Mais à chaque fois qu’il croit comprendre son histoire, un élément inattendu brouille les pistes. Sa quête de vérité le conduit jusqu’aux Etats-Unis, où il est persuadé d’avoir identifié ce père insaisissable sous les traits d’un célèbre professeur de droit, déconstructionniste et négationniste.
LES EXTRAITS de "Le Retour"
Mais la situation des prisonniers de guerre allemands en Sibérie a fait l’objet d’études et la littérature sur le sujet est accessible. J’appris que la plupart des prisonniers allemands étaient loin d’avoir eu cette énergie et cette volonté de résistance d’où peut venir le courage de s’évader. Ils ne furent qu’un petit nombre à tenter de s’enfuir de Sibérie, et aucun n’y réussit. Le roman ‘Aussi loin que mes pas me portent’, lui aussi, a fait mieux connaître un fait historique considérable en inventant que la captivité n’était pas sans espoir, qu’on pouvait s’en échapper et, d’une longue errance, retrouver sa patrie.
J’en restais donc à l’auteur qui devait écrire une histoire et choisissait la facilité. Comment quelqu’un qui connaît aussi à fond l’’Odyssée’ en vient-il à devoir écrire un roman “pour le plaisir et le divertissement de qualité” ?
Chapitre : Première partie - 12 - Page : 105 - Editeur : Gallimard - 2007
Je dormis mal aussi les nuits suivantes. A l’irritation de la première nuit venait bel et bien s’ajouter le sentiment d’une blessure et d’une déception, et je ressentais une agressivité avec laquelle on ne pouvait argumenter, qui ne se laissait ni apaiser ni anesthésier. Je ne croyais pas que j’aurais été un enfant plus heureux si j’avais su que mon père était en vie mais ne voulait pas entendre parler de moi. Ou que je serais devenu plus heureux plus tard si j’avais pu choisir de lui demander ou non des comptes. Ou que j’aurais mené ma vie autrement si j’avais su qu’il vivait - sauf que je n’aurais pas cherché l’auteur de l’histoire de Karl. Ou que je lui aurais écrit, lui aurais rendu visite ou lui aurais même demandé la fin de l’histoire de Karl. Mais cela ne changeait rien à mon agressivité.
Chapitre : Quatrième partie - 17 - Page : 279 - Editeur : Gallimard

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