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CANNES 2008

L'effet Kung-Fu Panda

Le 15/05/2008 à 15h28, par Allociné
Après le sombre "Blindness", voici que débarque sur la Croisette le pétillant "Kung Fu Panda" – Sélection Officielle Hors Compétition -, le dernier rejeton de l'écurie DreamWorks Animation, associée à Paramount pour l'occasion.
Est-il besoin de rappeler que le studio est à l'origine de la saga Shrek et de Madagascar? A qui l'aurait oublié, l'affiche se charge de rappeler ces titres-phares de la firme (" Par les créateurs de... "). Lesté de ces références, le spectateur s'attend logiquement à du gros délire qui tâche... et découvre un film d'animation fluide et léger dont la bonne humeur contagieuse gagne rapidement le festivalier. Le synopsis laissait pourtant présager le délire le plus outrancier, prétexte à une farandole de personnages plus ou moins drolatiques et pétomanes (plutôt plus que moins) à la vanne facile.

Roi du kung-fu

Po, panda débonnaire et bedonnant, est promis à un avenir radieux fait de nouilles et de soupes. En clair, l'aimable mammifère est censé prendre la succession de son père, sorte de héron-canard (on doute rapidement que ces deux-là aient un quelconque lien de parenté) propriétaire d'une échoppe dans la Chine médiévale ou une ère dans ces eaux-là. Mais Po ne l'entend pas de cette oreille, il se rêve roi du kung-fu. Il sera exaucé au-delà de toutes ses espérances, un maître en arts martiaux l'ayant désigné à la surprise générale comme son successeur. Et le spectateur de suivre, mi-ému (si si) mi-amusé, les étapes de la mutation de ce Panda inoffensif en Guerrier Dragon capable de défaire n'importe quel adversaire. Ce qui tombe assez bien puisque un grand méchant fait des siennes dans la région.

Un studio qui gagne en maturité

Avec Kung Fu Panda, agréable surprise de ce début de festival, DreamWorks met un bémol au délire qui présidait à ses dernières productions. Le studio choisit de lever le pied sur le gag et le côté potache, et c'est tant mieux. Le rythme n'en est que plus soutenu, l'intérêt ne faiblit jamais. Sans le parasitage systématique d'un second degré lourdingue, les séquences ont tout le loisir de se développer, de gagner en force. Ainsi des combats, brillamment chorégraphiées, et surtout des scènes d'émotion entre Po et son père, entre deux vieux maîtres kung-fu, qui permettent également aux comédiens (mention spéciale à Jack Black, Dustin Hoffman et un Ian McShane impeccable en grand méchant) de donner consistance et humanité à leur personnage. N'allez pas croire que les géniteurs de Shrek ont été gagnés par l'esprit de sérieux, ils creusent simplement une nouvelle veine, l'ancienne s'étant révélée une impasse.

Vinz

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