L'argentin Pablo Trapero a présenté ce matin son nouveau film, "Leonera", un drame sur l'enfance en prison qui, s'il traite de sujets douloureux, n'en oublie pas d'être plein d'espoir.
Six ans après avoir présenté El Bonaerense en section "Un Certain Regard", l'Argentin Pablo Trapero est de retour sur la Croisette, mais cette fois dans la cour des grands. Avec Leonera, deuxième film de la compétition cannoise, le réalisateur signe un émouvant portrait de femme qui pourrait bien donner des idées au jury emmené par Sean Penn (la prestation de l'actrice Martina Gusman, qui porte le film sur ses frêles épaules, est juste bluffante et un Prix d'interprétation serait loin d'être usurpé). Le pitch de Leonera : Julia, une jeune femme enceinte, est incarcérée après le meurtre de deux hommes, dont le père de son futur enfant. Entre les murs d'un établissement destiné aux jeunes mères, Julia va donner naissance à Thomas et vivre des moments de bonheur en sa compagnie en dépit des difficultés...
Un film optimiste
Tous les éléments étaient réunis pour tomber dans le piège du mélo un peu plombant. Or, Pablo Trapero échappe avec maestria à tous les clichés du genre : même si le contexte est sombre, que l'horizon des protagonistes semble bouché et que leur prestations sont sacrément intenses (outre Martina Gusman, excellente on l'a déjà dit, ajoutons une mention spéciale à Rodrigo Santoro, bien loin de son incarnation de Xerxés dans 300), le cinéaste ne se départit jamais d'une certaine légéreté. C'est ainsi que, aussi difficile soit le quotidien de Julia, un optimisme forcené se dégage du long-métrage. Un tour de force qui rend Leonera particulièrement atypique et qui nous fait nous attacher très fort au destin de cette jeune femme guidée par l'amour de son fils et de la vie malgré les embûches. Le festival débute bien.