Cannes 2008, c'est parti ! Et ça commence avec enthousiasme puisque dès l'ouverture (et en Compétition), le festival nous offre Blindness, un film sur... la cécité. Avec enthousiasme, alors ? Pas vraiment, non. A la rigueur, avec curiosité. Une curiosité qui est récompensée, du moins dans la première partie du film, tant Fernando Meirelles (La Cité de Dieu, The Constant Gardener) s'y entend pour poser une situation... Dans une ville dont on ne connaîtra jamais le nom (c'est voulu, vous allez comprendre), un automobiliste est frappé par un mal étrange, il devient aveugle. L'ophtalmo consulté ne sait déterminer l'origine de cette soudaine cécité. Rapidement, des cas similaires se multiplient jusqu'à atteindre les dimensions d'une épidémie. Les infectés sont mis en quarantaine et livrés à eux-mêmes, à leur misère et leur dénuement. Internée volontaire dans un enfer terrestre, la femme de l'ophtalmo est la seule à ne pas être aveugle. Elle tâchera de soulager les souffrances de ces êtres, qui retombent bientôt à l'état primitif. Une nouvelle société se crée, avec ses codes, ses rapports de force et ses déviances.
Le festivalier pensif...ou perplexe
Vous l'aurez deviné, nous avons affaire à une parabole en bonne et due forme où la cécité n'est qu'un prétexte pour isoler les personnages. Dommage, le postulat ne manquait pas d'intérêt, qui augurait d'un film sur la paranoïa et la peur de la contamination. Privé de cette intrigue prometteuse, le festivalier convoque les références. Se bousculent alors dans sa tête Sa Majesté des mouches, La Peau de Liliana Cavani et La Parabole des aveugles de Breughel. Une fois ce petit jeu intellectuel épuisé, une fois la parabole bien intégrée (ce lieu clos est notre monde, nous sommes ces aveugles menacés par la chute, etc.), le festivalier cherche à s'attacher à des personnages, à une action. Il cherche, cherche... Il apprécie tout de même la prestation des comédiens, de Julianne Moore (sublime Sainte païenne prête au sacrifice) et Mark Ruffalo. Et goûte la photo délicate jouant habilement des nuances de blanc de Cesar Charlone, déjà responsable de l'image de La Cité de Dieu et de The Constant Gardener.
Vinz
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