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| Véritable homme-orchestre de cette stupéfiante sélection argentine, Agustin Pichot croit véritablement que son équipe va ramener la Coupe du monde à Bueno Aires. |
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| Après, la France, l’Irlande et l’Ecosse, le XV argentin va s’attaquer à l’Afrique du sud. Sans complexes. |
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| Nation de football depuis toujours, l’Argentine est désormais aussi un grand pays de rugby avec ses supporters. |
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L'Argentine jouera dimanche prochain contre l'Afrique du Sud la première demi-finale de Coupe du monde de son histoire. Une performance de haut vol que le parcours des Pumas dans ce Mondial ne peut qu'amplifier. La
France, l'Irlande, l'Ecosse... Trois nations habituées aux grandes joutes internationales, et désormais au tableau de chasse du sélectionneur Marcelo Loffreda. Si elle ne séduit pas forcément par la qualité de son jeu,
l'Argentine a conquis le coeur du public par son envie et sa générosité. Deux qualités primordiales pour réussir dans un tournoi d'une telle envergure, mais qui ne sont pas les seules du team sud-américain.
Vous avez dit « France 98 » ?
67 % des joueurs évoluant au sein de l'équipe nationale d'Argentine jouent aux quatre coins de l'Europe. L'Irlande, l'Angleterre, et surtout la France, où évoluent douze des trente sélectionnés,
sont leurs principaux points de chute. Aussi, la sélection choisie par Marcelo Loffreda est un intéressant amalgame d'expérience, de talents et de solidité. Les Pumas ont pu développer un véritable professionnalisme et une science du jeu
grâce à leur parcours au sein des meilleurs clubs de l'hémisphère nord. La situation des Argentins est en tous points similaire, toutes proportions gardées, à celle de l'équipe de France de football, championne du monde sous les ordres
d'Aimé Jacquet.
Cette génération dorée, que l'on rebaptise désormais « France 98 », disposait en son sein des meilleurs joueurs de son pays. Eléments qui évoluaient alors dans des championnats réputés exigeants et
difficiles. La ressemblance se situe là : c'est dans sa diversité que l'Argentine a pu se forger une identité et un mental conquérants. Un héritage que les Pumas cultivent avec beaucoup de respect pour leur terre
d'adoption. Un sentiment parfaitement traduit dans la bouche du talonneur clermontois Mario Ledesma :
« Ici, en France, on est aussi un peu comme chez nous. Et c'est ici qu'on a pu rendre notre rugby
professionnel. On sait ce qu'on doit à la France et on est reconnaissants au rugby français ».
A l'image des champions du monde de 1998, c'est une même âme qui unit les trente joueurs de la sélection
argentine. Un état d'esprit qui se traduit depuis le début du tournoi par une décontraction étonnante, une remise en question permanente d'un match à l'autre et surtout une indéfectible confiance en soi. Comme le groupe
d'Aimé Jacquet il y a sept ans.
Roublards mais terriblement efficaces
Monter des chandelles, botter en touche, voici les principales caractéristiques du jeu argentin. Pas sexy, il est vrai, mais suffisant pour atteindre le dernier carré de la Coupe du monde. Les Argentins ne cherchent pas spécialement à
faire le spectacle. Leur unique objectif est de maintenir une pression constante sur la ligne adverse. Dans cette configuration, le jeu au pied de Juan Martin Hernandez est son atout numéro un. Hormis quelques rares loupés, El Mago (Le Magicien) a
parfaitement rempli son rôle. A l'ouverture notamment, où son coup de patte a souvent soulagé les siens. Avec lui, l'Argentine dispose d'un atout en or car imprévisible. La vista du joueur du Stade Français est impressionnante,
sa capacité à toujours faire le bon choix est bluffante. Hernandez a aujourd'hui l'entière confiance de son coach, d'un groupe et de toute une nation. Une situation qui l'incite de plus en plus à tenter sa chance au
drop,
exercice qui ne lui a pas trop réussi pour le moment. Ce n'est que partie remise.
Magique, grâce au pied d'Hernandez, l'Argentine est également une nation rusée, roublarde et particulièrement habile à faire déjouer l'adversaire. Les Pumas basent essentiellement leur stratégie victorieuse sur les
fautes adverses, sanctionnées ensuite par des points argentins. Pour parvenir à ce résultat, les hommes de Marcelo Loffreda peuvent compter sur le mental d'acier de leur capitaine, l'ancien Parisien Agustin Pichot. Le demi de mêlée
compense sa petite taille (1,75 m) par une expérience hors du commun. Toujours prompt à rallier les siens et à les pousser à se dépasser, c'est souvent lui qui commet des fautes d'antijeu ou met la pression sur l'arbitre en
cours de match. Comme il le dit si bien,
« le système, je le connais »
et il en use habilement.
A quand dans une grande compétition ?
Si l'Argentine gagne la Coupe du monde, il va bien falloir songer à l'inclure dans l'un des tournois majeurs de la saison internationale de rugby (tournoi des VI Nations ou le Tri Nations). Ce que réalisent les partenaires
d'Hernandez est d'autant plus fort si l'on tient compte de toutes les difficultés placées sur leur route. L'IRB (International Rugby Board) les boude depuis si longtemps qu'ils ont même abandonné toute idée de jouer un grand tournoi.
« Cela n'a rien à voir avec les résultats, c'est une histoire d'argent »,
confiait ainsi encore récemment Mario Ledesma. Les dés semblent pipés pour le team argentin. Officiellement
du moins. En coulisses, le discours est plus ambitieux. A l'image d'Agustin Pichot, qui rêve de ramener la Coupe Webb-Ellis chez lui et déclare sans sourciller :
« nous gagnerons cette
coupe ! »,
les Pumas débordent d'ambition et ont soif de reconnaissance.
Si rejoindre un jour les Tri ou les Six Nations n'est pas vraiment à l'ordre du jour, les Argentins ont déjà remporté un de leurs autres paris : remettre de l'ordre dans un pays très déstabilisé depuis quelques
années. Comme l'expliquait le centre Felipe Contepomi lors des phases de poules, c'est une véritable
« pumamania »
qui a envahi le pays. Les gens ne vont plus travailler, ils passent leur
temps à suivre les exploits de leurs héros favoris à la télé. Une performance remarquable dans un pays qui ne jure que par les footballeurs Diego Maradona et Lionel Messi.
Bien que fatigués par les efforts consentis depuis le début de la compétition, les Pumas doivent continuer à écrire leur histoire et à marquer celle du rugby. A eux de prouver que leur 5e place au classement mondial n'est
qu'une erreur d'appréciation supplémentaire de la part de l'IRB.
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