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| Au début de sa carrière, Hergé est encore plein de préjugés sur de nombreux pays colonisés. Mais les enquêtes menées pour ses albums vont l'inciter à voyager et à changer progressivement d'idées. |
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Quand Hergé commence à dessiner les
Aventures de Tintin
dans les années 1920, il est pétri de préjugés propres à son époque et à son milieu bourgeois catholique traditionnel. Sa foi en la supériorité de la
civilisation blanche européenne transpire, par exemple, dans
Tintin au Congo
(1930). Un album dont les connotations les plus racistes sont expurgées lors de la réédition de 1946. Et puis, très vite, l'auteur évolue vers une
position anticolonialiste et humaniste, qui lui fait notamment prendre parti en faveur de la Chine occupée par les Japonais, dans
Le Lotus bleu
(1936).
Des soupçons d'antisémitisme
Plus problématique est l'interprétation à tirer de l'attitude d'Hergé durant l'Occupation. Avant-guerre, il est lié à des catholiques extrémistes et fascisants comme Léon Degrelle (mouvement rexiste). A partir de 1940, il
travaille activement pour le journal
Le Soir,
qui est contrôlé par les Allemands. Il avouera plus tard s'être fourvoyé en ayant cru d'abord à un ordre nouveau.
Mais il semble qu'Hergé ait également versé à cette époque dans l'antisémitisme. Auteur d'une caricature antisémite en 1942, il présente dans l'album
L'Étoile mystérieuse
plusieurs personnages correspondant aux
stéréotypes véhiculés par les nazis sur les juifs. A la Libération, il est arrêté à plusieurs reprises et interdit de publication pendant deux ans.
Des héritiers « casse-pieds »
Créés en 1986 par la seconde épouse d'Hergé, Fanny Rodwell, les Studios Hergé (ex-Fondation Hergé) veillent scrupuleusement sur la mémoire de l'auteur. Ils n'hésitent pas à refuser des autorisations d'utilisation de dessins et
menacent facilement d'attaquer en justice ceux qui passent outre leur aval, même lorsqu'il s'agit d'amateurs entretenant des sites personnels.
« J'ai compris que les héritiers allaient me casser les pieds. »
On se souvient des déclarations fracassantes de Jean-Pierre Jeunet dans
Libération,
abandonnant
en 2002 son projet de film sur Tintin. Critiqués, les Studios Hergé n'en poursuivent pas moins leur but initial : promouvoir la connaissance de l'oeuvre d'Hergé avec, par exemple, le projet de musée.
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