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Tour de France: "le fautif, c'est l'oreillette", dit Voeckler

Le 06/07/2012 à 16h53 GMT

© Reuters
par Gilles Le Roc'h
METZ, Moselle (Reuters) - Retardé par la très grave chute survenue à 25 kilomètres de l'arrivée de la sixième étape du Tour de France, Thomas Voeckler a pointé du doigt la responsable de cet accident: l'oreillette.
Si le leader d'Europcar, qui a franchi la ligne, à Metz, à six minutes du vainqueur Peter Sagan, n'a pas été touché dans cette chute, contrairement à d'autres, il s'est emporté contre l'abondance de consignes qui rendent les coureurs nerveux.
"J'ai relevé Pierre Rolland, j'ai cru qu'il avait la clavicule cassée. Et peut-être qu'il l'a. C'est des moments fous, la vitesse à laquelle c'est tombé. Et je vais vous dire qui est le fautif: c'est l'oreillette", a-t-il lancé.
"Derrière nous, les 22 directeurs sportifs n'arrêtent pas de nous mettre la pression. Il n'y en pas un qui y échappe. Ils ne cessent de répéter qu'il faut y être mais à un moment, ça ne passe pas. Et ça fait mal. Les coureurs ne sont jamais tranquilles, ils sont comme ça (il fait mine de trembler)."
"Mes propos vont faire polémique et je ne suis pas à une polémique près. Je ne vais pas l'alimenter parce que mon métier est de pédaler mais il faut se poser la bonne question!"
Le fait est que la course se déroule comme la décrit Voeckler: les équipiers des sprinteurs sont sans cesse harcelés par leur encadrement afin qu'ils veillent à leur placement.
Les équipiers des leaders sont quant à eux rappelés à leur devoir de mettre les favoris à l'avant pour leur éviter les chutes.
L'oreillette n'est pas seulement un outil de prévention pour indiquer aux coureurs les dangers à venir ou permettre à leur mécanicien de les dépanner. Elle est aussi un moyen de pression pour les directeurs sportifs.
La colère de Thomas Voeckler n'était cependant pas partagée par tous. Ainsi Fränk Schleck, leader de RadioShack-Nissan, qui a perdu plus de deux minutes et souffert de nombreuses blessures mineures dans la chute, a-t-il évacué la question.
"Là, c'était une route très très large. Sans ou avec les oreillettes, tous les coureurs savent qu'ils doivent être devant dans les 30 derniers kilomètres. Ca n'a rien à voir avec les oreillettes", a dit le Luxembourgeois.
L'année dernière, en début de saison, l'Union cycliste Internationale (UCI) avait planifié le retrait progressif de l'oreillette, consciente de ces défauts.
Elle devait donc disparaître en 2011 de toutes les courses, hormis celles du World Tour, puis définitivement en 2012.
Les managers d'équipes avaient mené la fronde et trouvé l'argument massue pour faire plier l'UCI, en menaçant de boycotter le Tour de Pékin, introduit en fanfare dans le calendrier du World Tour en octobre 2011.
La question de la suppression de l'oreillette, sur laquelle l'UCI était donc revenue, pourrait se poser à nouveau après le carambolage de vendredi.
"C'est la pire chute que j'ai vu de ma carrière", a dit après l'arrivée le Britannique David Millar.
De quoi donner des arguments aux opposants de l'oreillette parmi lesquels figure Christian Prudhomme, le patron du Tour.
Edité par Gregory Blachier

(c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp


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