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par Julien Prétot
PEKIN (Reuters) - Nouveau porte-drapeau de l'haltérophilie tricolore, qui n'a plus décroché de médaille olympique
depuis 1976, Vencelas Dabaya aborde les Jeux de Pékin sûr de sa force et des méthodes d'entraînement françaises.
Le champion du monde 2006, originaire du Cameroun, entrera en lice mardi dans la catégorie des 69 kg avec deux
Chinois sur son plateau.
"Le premier, je le connais, je l'ai déjà battu deux fois", a dit Dabaya jeudi, au retour d'un stage de préparation de neuf
jours à 125 km de Pékin.
"L'autre, je ne le connais pas du tout. Alors je vais me servir de mon expérience internationale pour voir ce qu'il a dans
le ventre."
En haltérophilie, chaque athlète dispose de six essais, trois pour l'arraché, trois pour l'épaulé-jeté.
Dabaya, qui a commencé sa carrière à l'âge de 12 ans chez les Lions populaires de Yaoundé, compte sur le choix des
barres pour mettre ses adversaires sous pression.
"Quand on ne connaît pas l'adversaire, on ne sait pas où on va attaquer, où mettre de la réserve", explique-t-il. "Les
Chinois, eux, ce sont des bourrins. Ils mettent le paquet d'entrée."
"POUSSER L'ADVERSAIRE À CRAQUER"
Dans un sport ravagé par le dopage, Dabaya estime que depuis que les instances dirigeantes traquent les tricheurs sans
merci, les Français peuvent tirer leur épingle du jeu.
"Avant, les autres se foutaient de notre gueule. Aujourd'hui, ils essaient d'avoir des entraîneurs français", dit-il,
précisant que les méthodes d'entraînement, plus que les produits, sont décisives.
"Nous, on ne vit pas dans un environnement où on prend des produits. On a toujours été obligé de bien planifier les
entraînements, c'est à dire savoir quand on peut travailler au maximum, quand on doit être à 70%", détaille-t-il.
"Avant, c'était un inconvénient pour nous. Aujourd'hui, c'est une arme."
Avant les championnats du monde de 1995, 64 cas de dopage avaient été signalés. Le CIO avait menacé l'IBW de
supprimer l'haltérophilie du programme des Jeux, conduisant la Fédération internationale à multiplier les contrôles.
Cette année, environ 1.400 contrôles ont été effectués, pour une quarantaine de cas positifs, a dit jeudi le président de
la Fédération française Jean-Paul Bulgaridhes, qui siège également à l'IBW.
Pour Dabaya, c'est avant tout l'aspect psychologique qui sera crucial.
"Aux JO, ce n'est pas trop une question de performance. Le but est de pousser son adversaire à craquer", dit-il dans un
sourire.
Edité par Clément Dossin
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