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par Alan Baldwin
SPA-FRANCORCHAMPS, Belgique (Reuters) - Sébastien Bourdais pense encore pouvoir forcer
sa chance pour s'imposer en Formule Un malgré une première saison difficile.
Le Français reste sur quatre titres consécutifs en championnat ChampCar aux Etats-Unis mais,
pour sa première année en F1, il a été éclipsé par son équipier allemand Sebastian Vettel au sein de
l'écurie Toro Rosso. Il lui reste six courses pour convaincre son employeur de le conserver en 2009.
A 29 ans, le natif du Mans est confronté au problème de devoir prouver son talent sur une
monoplace qu'il juge peu adaptée à sa conduite.
"En gros, je dois me montrer performant au volant d'une voiture qui est assurément très rapide,
qui a beaucoup de potentiel mais dont l'équilibre est malheureusement quasiment le pire possible
pour moi", a-t-il déclaré à Reuters vendredi, avant de réussir le septième temps de la première
séance d'essais libres au Grand Prix de Belgique.
Vettel, dont le talent et les résultats lui ont déjà assuré un baquet chez Red Bull la saison
prochaine, a réalisé le huitième chrono.
Bourdais se sait menacé une semaine après les propos de Gerhard Berger. Le copropriétaire de
Toro Rosso a prévenu que le Français devait "prouver son talent" pour conserver son volant en
2009.
Toro Rosso a prévu des essais en septembre avec l'expérimenté japonais Takuma Sato et le
jeune Suisse Sébastien Buemi, 19 ans.
BESOIN DE TEMPS
"Juste ou injuste, cela importe peu. C'est son opinion", a réagi Bourdais aux déclarations de son
patron. "C'est comme ça. Est-ce que la Formule Un est juste? Certainement pas. Qui s'en soucie?"
Bourdais a pourtant réussi ses débuts en F1 avec une septième place lors du Grand Prix inaugural
en Australie. Il divise son année en trois phases: l'avant-saison, les premières courses avec la
monoplace version 2007 puis l'arrivée du châssis 2008.
"Il y a eu la période hivernale durant laquelle mon équipier m'a dominé dans une voiture que je ne
pouvais pas piloter car elle n'était absolument pas à mon goût", a dit Bourdais.
"Puis nous avons commencé à travailler les réglages et lorsque la saison a débuté, tout à coup, de
manière très surprenante, je suis devenu bon, je me suis amélioré, j'ai suivi son rythme, je l'ai battu
en qualifications autant qu'il m'a battu et c'était une partie très équilibrée.
"Mais c'était avec une voiture dont l'équilibre me satisfaisait plutôt", a-t-il poursuivi.
"Puis nous avons changé de voiture et, à l'évidence, la partie a choisi son camp. J'ai un équipier qui
se débrouille très bien avec la voiture, ce dont je ne suis pas capable."
Bourdais se définit comme un pilote réclamant du temps pour s'adapter à sa monoplace.
"Ma force a toujours été d'identifier un problème, de le régler puis d'aller vite. Pas l'inverse",
souligne-t-il.
"(L'écurie) nous traite exactement de la même manière. Je ne suis pas en train de dire qu'ils
privilégient Sebastian. C'est simplement qu'il s'adapte plus vite que moi", a poursuivi Bourdais.
Le Français ne se sent pas condamné pour autant.
"Je fais toujours partie de la liste et les choses peuvent évoluer dans un sens ou dans l'autre",
juge-t-il.
"Mais pour le moment, je ne pense pas trop à la prochaine saison, je cherche simplement à donner
le meilleur de moi-même et à forcer ma chance."
Version française Bertrand Boucey
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